Maréchal-ferrant à domicile

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Par Audrey Leblanc
Maréchal-ferrant à domicile

SAINT-NARCISSE. C’est au volant de sa forge mobile que Jean-Louis Gervais fait la tournée des propriétaires de chevaux de la région. Maréchal-ferrant depuis 30 ans, il exerce ce métier avec une telle passion qu’il ne songe même pas à prendre sa retraite.

Il avait 32 ans quand il a appris les rudiments de cet art qui demande habileté et précision. «À l’époque, j’avais un cheval depuis 18 ans et je le ferrais moi-même. J’apportais des corrections aux fers en me fiant à mon instinct et ça fonctionnait, mais je n’avais aucune notion. Un jour, j’ai vu qu’une formation se donnait à La Pocatière et j’ai décidé de m’inscrire. C’est là que je me suis rendu compte que je ne connaissais rien», raconte-t-il en riant.

Petit à petit, il a pris de l’expérience pour devenir un artisan capable de ferrer les pieds de n’importe quel cheval. «On ferre un cheval pour prévenir l’usure prématurée de ses pieds, explique M. Gervais. Ça prévient aussi les maladies du pied. Il faut des fers différents en fonction de ce que le cheval fait. Les chevaux qui font de la compétition ont souvent des fers en aluminium parce qu’ils sont plus légers, ce qui leur permet d’être plus rapides et de se fatiguer moins rapidement.»

«Par contre, un cheval qui fait de la randonnée va avoir besoin d’un bon fer solide parce qu’il va marcher dans des roches et toutes sortes de terrains, ajoute ce dernier. Parfois, on va même ajouter des crampons sur les fers pour augmenter la traction. Ça peut être le cas en hiver, par exemple.»

Plusieurs étapes

À la base, les fers ont tous la même forme. C’est au maréchal-ferrant de leur donner la forme adéquate aux pieds du cheval. «On ferre un cheval toutes les six à huit semaines, indique Jean-Louis Gervais. On commence par enlever le fer déjà en place. Ensuite, on taille le pied parce que c’est comme un ongle qui pousse. Après, on installe le nouveau fer si l’ancien n’est plus bon. Ça prend environ une heure ferrer un cheval.»

Il faut de trois à quatre minutes pour chauffer les fers traditionnels et environ vingt secondes pour ceux en aluminium. Quand le fer est chaud, il utilise une enclume et un petit marteau pour lui donner la forme désirée. Et pour le faire refroidir, il le plonge dans un seau d’eau froide. Finalement, il cloue le fer sur le sabot du cheval. «Il est cloué à l’extrémité complètement, ça ne fait pas mal au cheval, c’est comme percer le bout d’un ongle très long», précise M. Gervais.

Une forge mobile

Quand il a commencé à pratiquer le métier de maréchal-ferrant, il a fait le choix d’aller à la rencontre de ses clients plutôt que de les accueillir chez lui. «Mes clients sont surtout dans la région de la Mauricie, dit-il. J’en ai de Louiseville jusqu’à Saint-Casimir en passant par Sainte-Anne-de-la-Pérade. Je ferre des chevaux de loisir et de compétition.»

Jean-Louis Gervais a transformé sa remorque en une véritable petite boutique de forge. Tout y est bien classé et rangé. Dans un coin, on retrouve un petit four alimenté au propane dans lequel il fait chauffer les fers. À l’opposé, il y a une enclume et un grand choix de fers.

«J’aime les chevaux et j’aime ce que je fais. On me demande souvent quand je vais prendre ma retraite. Je réponds toujours que ce sera le jour où je n’aimerai plus ce que je fais. Et ce jour-là, je ne l’ai encore jamais vu», conclut-il.

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