Historien et restaurateur de crèches

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Par Stéphanie Paradis
Historien et restaurateur de crèches
René Beaudoin, devenu malgré lui restaurateur de crèches anciennes, devant la crèche centenaire de l'Église de Champlain. (Photo : Stéphanie Paradis)

CHAMPLAIN. René Beaudoin, historien, est devenu malgré lui un restaurateur de crèches. C’est en procédant à l’inventaire des biens et du mobilier de l’Église Notre-Dame-de-la-Visitation de Champlain qu’il a mis la main sur une crèche centenaire qui se révéla être la plus ancienne crèche d’église du Québec.

Plusieurs indices ont permis à l’historien de dater la crèche ancienne, tout particulièrement une photo datant de 1911 de cette même crèche. C’est cette photo qui a servi de point de départ pour la restauration de la structure. Grâce à cette dernière, il a pu comparer et reconstituer la construction.

René Beaudoin a reproduit en intégralité le porche de la crèche qui était manquant, et a reconstitué le toit de chaume. On peut d’ailleurs y observer encore des coutures probablement faites à l’aide de machine à coudre les poches de grains de l’époque, coutures que l’historien a tenté de conserver dès que c’était possible.

À travers les usures anciennes, notamment sur le plancher qui est d’origine, René Beaudoin a repeint et fabriqué de petites pièces pour compléter les parties manquantes, et a également consolidé la crèche par l’intérieur.

L’ancienne crèche

M. Beaudoin avance que la grande particularité de cette crèche est le lit à baldaquin du petit Jésus. Restauré par Daniel Laganière, le lit du nouveau-né est une représentation d’un lit royal arborant de nombreuses dorures. M. Beaudoin explique que dans l’Évangile, on mentionne que Jésus a été déposé dans une mangeoire, alors qu’à l’époque de la construction de la crèche, on a plutôt réinterprété ce passage dans une approche illustrant Jésus comme le Christ-Roi, image importante au moment de l’inauguration de l’Église de Champlain en 1879.

Malheureusement, les personnages de la crèche centenaire n’ont pas été retrouvés. Ceux qui sont utilisés datent plutôt des années 60. Toutefois, au moment où la trouvaille au grenier de la sacristie a été rendue publique, un ancien citoyen de Champlain s’est manifesté: il avait entre les mains un petit Jésus de cire qui lui avait été offert jadis par un curé de la paroisse.

Toujours grâce à la photographie de 1911, il n’en fallut pas plus pour arriver à la conclusion qu’il s’agissait du Jésus d’origine de la crèche. C’est un rendez-vous à la messe du réveillon de Noël le 24 décembre prochain pour être témoin de l’arrivée de l’Enfant-Roi.

Pour René Beaudoin, l’aventure ne se termine pas là. En effet, il a cette année procédé à la restauration d’une seconde crèche, cette fois-ci à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. « On a trouvé dans le grenier du presbytère une crèche ancienne en mauvais état. Il s’agit d’une belle crèche faite complètement de plâtre, avec imitation de chaume également en plâtre. Ses dimensions sont environ les mêmes que celle de Champlain », illustre l’historien.

« J’aurais tendance à croire qu’elle est centenaire également, poursuit M. Beaudoin. Elle pourrait dater du début du 20e siècle, mais pas avant ça, car elle est fabriquée à l’aide de petits clous ronds qui sont apparus aux alentours de 1900. Avant cette période, on utilisait des clous carrés, comme dans le cas de la crèche de l’Église de Champlain. Je suis en train de devenir un restaurateur de crèches», s’exclame-t-il en riant.

L’Église de Champlain, véritable musée

Il n’y a pas que la crèche centenaire qui vaut le détour à l’Église Notre-Dame-de-la-Visitation de Champlain. Aux côtés de la crèche, ils ont également retrouvé un vieux support à pains bénis, tradition qui s’est pourtant éteinte bien avant la construction de l’église actuelle. Cependant, aucun indice de permet de dater le support.

René Beaudoin, historien, explique que la tradition du pain béni voulait que les familles apportent du pain à la messe à tour de rôle. Dans cette église, on peut également y observer la plus vieille gravure du Québec ainsi que la plus ancienne sculpture du Québec. La gravure, datant de la fin du 17e siècle, représente le baptême du Christ dans le Jourdain, alors que la sculpture de bois représente Notre-Dame-du-Bon-Secours.

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