Gants Laurentide: la fin d’une époque

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Par Bernard Lepage
Gants Laurentide: la fin d’une époque
Propriétaire du bâtiment de la rue du Moulin, Paris Glove le mettra en vente même si Guy Darveau admet qu'il a «manqué d'amour énormément dans les 20 dernières années.» (Photo : L'Hebdo)

PATRIMOINE. Avec la fermeture de Gants Laurentide le mois dernier, il ne reste plus que Bottes Boulet pour rappeler pourquoi Saint-Tite fut longtemps désignée comme la Ville du gant ou Ville du cuir au Québec.

Tannerie, vêtements en cuir, pantoufles, mocassins, gants de toilette, gants de sport, gants de travail, bottes de draveurs, bottes d’armée, bottes western… Entre 1912 et 1984, Saint-Tite comptera vingt-trois manufactures employant plus de 700 personnes dans ce secteur de l’économie.

La ville ne démérite pas ses surnoms à l’époque.

Le 28 mai dernier, lorsque Paris Glove annonce la fermeture de l’usine de la rue du Moulin, 24 ouvriers y travaillent encore. L’entreprise avait été fondée en 1935 sous le nom de Gants et Mitaines Laurentide par Ivanhoe et Oscar Tourigny. Installée dans l’ancien hôtel de ville, on y fabriquait au début des gants de toilette puis par la suite des gants de travail. Lorsque le gantier de Montréal fait son acquisition en 1973, Gants Laurentide appartient alors à la famille Boulet.

«Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons fait ça. Nous avons montré nos chiffres et avons été transparents avec le syndicat et les employés», admet Guy Darveau, PDG de Paris Glove.

Arrivé en poste en novembre 2016, le patron souligne que tout a été mis en œuvre pour relancer la manufacture de Saint-Tite. «Il y avait 9 employés à mon arrivée et on est monté à 32 en allant chercher des commandes chez des clients que nous avions perdus.»

Personnel vieillissant, problème de recrutement et coûts de la main-d’œuvre, les facteurs pour expliquer la fermeture sont essentiellement économiques explique Guy Darveau. «Ce n’est pas que nos employés étaient surpayés mais nous compétitionnons contre des gens qui font fabriquer leurs produits en Asie. À la fin de la journée, ce sont nos clients qui décident. Les consommateurs veulent que ça soit fait au Québec mais payer le prix de la Chine. Il est là le problème.»

Le patron de Paris Glove tenait tout de même à rendre hommage à son personnel de Saint-Tite. «Ces gens-là étaient extrêmement talentueux. Faire des gants, ce n’est pas comme faire des t-shirts ou des rebords de pantalons. C’est un art qui demande beaucoup de dextérité.»

Bien que l’usine ait cessé ses opérations, la marque Gants Laurentide demeure vivante au Québec mais au lieu d’être fabriquée par des Saint-Titiens, elle le sera désormais par des Pakistanais et des Chinois…

Quelques entreprises importantes au fil des ans

  • Acme Gloves Works
  • Acme Shoe Pack
  • Gants et Mitaines Laurentide
  • Habitant Slippers
  • Ganterie Olympique
  • Bottes Boulet
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