Des ruines devenues pavillon moderne

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Par Audrey Leblanc
Des ruines devenues pavillon moderne
L’intérieur du nouveau pavillon permanent au Domaine seigneurial Sainte-Anne. (Photo : Audrey Leblanc)

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE. Le nouveau pavillon du Domaine seigneurial Sainte-Anne est maintenant accessible au public. Le projet, qui a été dans les cartons pendant une cinquantaine d’années, a finalement été complété en juin.

Construite sur les anciennes ruines d’une partie du manoir, la nouvelle structure respecte l’architecture et le cachet d’époque. «On s’est inspiré de vieilles photos pour le choix des matériaux, mentionne Kim Gladu, coordonnatrice aux communications pour le Domaine seigneurial Sainte-Anne. On voulait respecter l’âme du lieu pour ne pas dénaturer notre site. Bien que ce soit une construction moderne, on voulait que ça s’agence bien au reste du site et à son histoire.»

L’idée du projet a émergé il y a plusieurs années. Rien ne s’était toutefois concrétisé auparavant pour différentes raisons, notamment en raison du financement difficile à obtenir. «Les premières démarches de notre côté ont commencé en 2017», précise Mme Gladu.

Après la recherche de financement et les soumissions, les travaux ont finalement débuté l’an dernier. «Au début, il fallait faire la maçonnerie pour préparer les ruines à accueillir la nouvelle bâtisse, explique Mme Gladu. Il fallait, entre autres, nettoyer les pierres. Pratiquement l’entièreté du travail a été faite ce printemps. Maintenant, le bâtiment est utilisable. À l’intérieur, il reste quelques petites choses à faire comme installer des supports pour accueillir des expositions.»

Trois objectifs ont guidé ce projet : agrandir l’espace d’exposition, tenir des activités intérieures et offrir un service de location aux groupes pour l’organisation de leurs événements.

Kim Gladu devant le nouveau pavillon permanent au Domaine seigneurial Sainte-Anne.

«Ça nous tenait à cœur principalement pour deux raisons, soutient Mme Gladu. D’abord, pour compléter l’histoire du site pour les visiteurs qui viennent découvrir le Domaine seigneurial. On voulait avoir une représentation plus fidèle de ce qu’on explique aux gens qui font la visite. On voulait aussi mieux accueillir les visiteurs, entre autres, les groupes scolaires et les familles. On n’avait pas d’endroit adéquat pour offrir des ateliers en lien avec l’exposition.»

Citoyens mobilisés

Le projet évalué à plus de 300 000 $ a pu compter sur l’appui de la communauté. Plusieurs familles de Sainte-Anne-de-la-Pérade se sont mobilisées en prenant part aux diverses campagnes de financement.

Les citoyens ont pu «acheter» un arbre présent sur le site. «En contrepartie, on met une plaque un pied de l’arbre pour souligner l’implication de la famille, indique Mme Gladu. On a aussi vendu des lumières qui ont été installées dans un arbre face au Domaine. Les gens pouvaient acheter une lumière au coût de 20 $. Ce sont diverses actions comme celles-là qui nous ont permis d’amasser des sous et qui ont fait en sorte que les gens se sont approprié le projet et le lieu. On pense que ça va inciter les visiteurs de la région à venir plus.»

De projet en projet, l’équipe du Domaine seigneurial souhaite maintenant s’attaquer aux ruines de l’ancienne cheminée. À la jonction de l’ancienne structure et de la nouvelle, celles-ci ont été conservées.

«On aimerait bien faire installer un foyer en conservant les vestiges de la cheminée. Ça demande de la reconstruire. Ce sont des travaux d’envergure, mais si le projet du pavillon s’est réalisé après toutes ces années, on peut se permettre d’espérer», conclut Kim Gladu.

Un peu d’histoire

Le projet d’aménagement d’un pavillon permanent au Domaine seigneurial Sainte-Anne ne date pas d’hier. Des archives indiquent que, déjà au début des années 70, la Chambre de commerce de Sainte-Anne-de-la-Pérade projetait la reconstruction du bâtiment incendié une cinquantaine d’années plus tôt. À l’origine, le manoir a été construit par le fils de Madeleine de Verchères, entre 1763 et 1772.

Par la suite, dans les années 1820, John Hale, alors propriétaire du domaine, a fait agrandir le manoir en ajoutant l’annexe centrale et l’appentis. À la fin du 19e siècle – alors qu’Honoré Mercier en était le propriétaire – la portion centrale a été travaillée, donnant au bâtiment l’apparence d’une tour.

En 1927, un incendie a détruit la partie d’origine du manoir. La section restante a été habitée par quelques familles jusqu’à son abandon dans les années 1960. C’est finalement la Municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade qui en a pris possession du bâtiment en 1985 et l’a fait restaurer.

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