St-Adelphe protège la petite Mély-Anne

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Par Patrick Vaillancourt
St-Adelphe protège la petite Mély-Anne
À la demande de la famille, la municipalité a fait installer des dos d’âne et des affiches indiquant le problème de surdité de la petite Mély-Anne Denis. On l’aperçoit en compagnie de sa mère Andréanne Angel. (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

ST-ADELPHE. Afin de maximiser la protection de leur fille atteinte de surdité, un jeune couple résidant à St-Adelphe a sollicité le conseil municipal afin de demander l’installation d’affiches et de dos d’âne près de leur maison pour sensibiliser les automobilistes d’être prudents aux abords de la résidence. En moins d’un mois, la demande a été acceptée par les élus et les outils ont déjà été mis en place au grand bonheur de la petite famille.

La petite Mély-Anne Denis est énergique et enjouée avec ses deux ans et demi. Il y a un an, ses parents Andréanne Angel et Marc-Antoine Denis ont commencé à se poser des questions, leur fille ne réagissait pas au timbre de leur voix et ne prononçait très peu de mots sinon aucun.

«On s’est rendu compte du problème quand elle avait un an et demi, raconte la mère Andréanne Angel. On ne le savait pas dès le départ parce que Shawinigan ne s’est pas encore conformé aux tests d’audition à la naissance. Elle n’a pas eu de test d’audition à sa naissance. J’ai une amie orthophoniste qui commençait à trouver ça bizarre parce qu’elle ne réagissait pas quand on lui parlait. Mon conjoint et moi on ne s’en était pas rendu compte réellement, c’était notre premier enfant. Alors, on est allé lui faire passer le test au privé parce qu’au public c’était un an d’attente. C’est là qu’on a appris qu’elle n’entendait presque rien.»

Les premiers résultats des tests indiquent que d’une oreille, la problématique est de moyenne à sévère, et de l’autre oreille, c’est sévère à profond. «Elle a eu des appareils l’été dernier, mais ça fait seulement un mois qu’elle les porte. Avant ça elle ne voulait rien savoir, elle a été suivie par une psychothérapeute. Alors, on a commencé à apprendre le langage des signes. Ses appareils ne sont pas tout à fait ajustés, alors elle entend des bruits sourds. C’est pourquoi c’était important pour nous de faire la démarche à la municipalité», explique la mère.

Le couple ne sait pas si Mély-Anne avait le problème dès la naissance, ou suite à une otite lorsqu’elle avait trois mois, mais chose certaine, aucun membre de leur famille respective n’avait développé une surdité, donc ce n’est pas un problème héréditaire.

«Comme tous les parents, on aurait mieux aimé qu’elle n’ait rien, mais elle est quand même en bonne santé et elle pourra bien vivre sa vie. Ce n’est pas comme si elle avait une maladie grave», exprime Andréanne avec philosophie.

Mély-Anne peut profiter des ressources de l’organisme Interval à Trois-Rivières deux fois par semaine.

C’est la sœur du papa Marc-Antoine qui a écrit la lettre pour demander une protection supplémentaire au conseil municipal pour sa nièce. «Le maire Paul Labranche demeure près de chez nous, alors il connaissait un peu la condition de Mély-Anne. Il est même venu nous rencontrer pour savoir où on voulait avoir les affiches et les dos d’âne. Il était ouvert et je ne m’attendais pas que ce soit si rapide.»

«2500$, c’est un prix minime si on peut éviter l’irréparable.» -Le maire Paul Labranche

Il y a deux semaines, la mère a réalisé une publication sur Facebook pour remercier la municipalité et qui a fait boule de neige. La publication a même été partagée sur la page de la MRC de Mékinac. «Ç’a été fou les répercussions. Il y a même des gens qui me disaient merci parce qu’ils ne savaient pas ce que cette pancarte voulait dire. Si ça peut conscientiser les gens encore plus et ça peut aider d’autres familles comme nous, tant mieux!»

Un prix minime pour la sécurité d’un enfant

Le maire de St-Adelphe Paul Labranche affirme que les discussions n’ont pas été longues au conseil municipal pour accepter la demande de la famille. «C’était une demande adéquate compte tenu des circonstances. On est une municipalité amie des enfants, mais outre ça, c’était le gros bon sens. Quand on a reçu la lettre, j’ai demandé à notre directeur général de commander toutes les choses, et on était prêt quand la demande a passé au conseil. C’est un cas spécial et il faut mettre les mesures en place pour protéger nos enfants.»

Pour les deux affiches, les deux dos d’âne, et une lumière de rue qui sera installée prochainement, la municipalité a déboursé une somme de 2500$. «C’est un prix minime si on peut éviter l’irréparable. On aura fait la bonne action», ajoute le maire.

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