Pénurie d’arbitres : peu de solutions à court terme

Patrick Vaillancourt pvaillancourt@icimedias.ca

Pénurie d’arbitres : peu de solutions à court terme
La pénurie d'arbitres a récemment atteint la région de la Mauricie. (Photo : (Photo archives))

HOCKEY.  Pas moins de 10 rencontres de différentes catégories ont été annulées au cours du week-end du 5 novembre en Mauricie en raison d’un manque d’arbitres. Les localités de Louiseville de Shawinigan sont les plus impactées par cette pénurie de personnes avec des chandails rayés. Quelles sont les solutions pour contrer ce phénomène du manque d’arbitres au hockey mineur dans la région?

En toute honnêteté, le président d’Hockey Mauricie, René Leclair, affirme qu’il n’existe pas vraiment de solutions à court terme.

« Des pistes de solutions, je n’en ai pas. Si j’en avais, il n’aurait pas manqué d’arbitres lors de la dernière fin de semaine. Comme ça faisait 2 ou 3 ans qu’on n’avait pas de hockey, il n’y a pas vraiment eu de formations pour de nouveaux arbitres. En ayant un vide, les arbitres avec plus d’expérience se sont trouvés d’autres activités. Il n’y a pas de solutions miracles à court terme. »

Depuis le début de la saison, une trentaine de nouveaux arbitres ont joint les rangs de Hockey Mauricie, mais il est illogique pour ces nouveaux arbitres de 13-14-15 ans d’officier des matchs des catégories bantam et midget pour des joueurs ayant 16-17-18 ans. « Ce qui nous manque ce sont des arbitres adultes. Dans notre recrutement, sur 10 arbitres, nous en avons peut-être deux adultes », ajoute le président.

Un autre phénomène qui vient jouer sur le moral des arbitres est le comportement de certains parents. « De 95 à 98% des parents sont corrects. Ça en prend juste un qui chiale tout le temps. La personne qui est sur la glace n’a pas nécessairement le goût de se faire chialer après. Malheureusement, ce 3 à 5% compense pour la masse. « Déjà avant la pandémie, je trouvais que le comportement de certains parents n’avait pas de sens. C’est le reflet de la société qu’on voit dans les arénas. Les gens sont plus agressifs, plus impatients et moins tolérants », exprime M. Leclair.

Un autre impact négatif, selon le président, c’est que les officiels doivent déclarer leurs revenus. « J’ai fait des démarches auprès d’un député sur ce point il y a 2 ou 3 ans. Si une mesure politique pouvait être mise en place afin que les arbitres aient le droit de gagner un certain montant sans être imposés, ça pourrait nous aider. Au lieu de mettre l’imposition après 500$ gagnés, ça faciliterait les choses si on pouvait mettre ça à 3000$ ou 5000$. On aurait des arbitres adultes de retour. »

Certains officiels adultes se tournent également vers les ligues d’adultes où ils ne reçoivent pas d’insultes provenant de spectateurs dans les estrades. Il existe aussi le phénomène des ligues scolaires où les arbitres sont beaucoup mieux payés qu’au hockey mineur. 

Les entraîneurs et les parents, traînez vos patins!

« Dans les règlements de Hockey Canada, il est possible de jouer une partie sans arbitre et que les entraîneurs soient sur la glace pour arbitrer, ou même qu’une personne dans les estrades qui a une certaine compétence puisse le faire. On pourrait jouer la partie quand même, c’est toujours mieux ça que de ne pas jouer du tout et de faire déplacer des gens pour rien. Ça pourrait être une possibilité », avance M. Leclair.

Actuellement, il existe environ 150 agents du sifflet dans la région. « Pour notre bon fonctionnement, on aurait besoin de 250 arbitres en Mauricie », précise le président.

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