50 ans des Jeux olympiques de Montréal: “J’ai l’impression que c’était hier”

C’était le 23 juillet 1976. Même si 50 années ont passé depuis, Marcel Jobin se souvient encore de sa compétition aux Jeux olympiques de Montréal

“Je suis rentré dans le stade le 23 juillet à 17h. J’aurais dû être aux Jeux de Munich en 1972, mais ils ont retiré dix athlètes quelques semaines avant de partir. J’aurais dû être aux Jeux de Moscou, mais ils ont été boycottés. Je voulais absolument être là à Montréal!”, confie-t-il.

“On ne sait pas pourquoi, mais Montréal a seulement offert le 20 kilomètres. On s’entraînait sur le terrain voisin où se trouve maintenant le Stade Saputo. Ils m’ont appelé le 20e et lorsque je suis entré dans le stade devant 80 000 personnes, j’ai presque pleuré. Je vais toujours me souvenir de mon arrivée aussi. La foule m’a acclamé lorsque je suis revenu. J’étais le premier Canadien à rentrer et même si j’étais 23e, j’avais le sentiment que je venais de gagner.”

Sa présence aux Jeux olympiques aura été un point marquant dans la vie de Marcel. Du jour au lendemain, il était devenu une vedette en Mauricie, après avoir essuyé quelques insultes par le passé.

“Pour les gens, j’ai toujours été un illuminé. On m’appelait le fou en pyjama, raconte-t-il. J’ai commencé à courir en 1958 et personne ne courait dans les rues à cette époque-là. Il y avait juste du baseball et du hockey comme sport. On m’appelait le fou en pyjama et ce surnom va rester, même après ma mort.”

Tiré de nos archives: l’article qui a paru dans L’Hebdo du St-Maurice annonçant la qualification de Marcel Jobin pour les Jeux Olympiques de 1976 à Montréal. (Photo L’Hebdo du St-Maurice / 19 mai 1976)

“Un jour, la police m’a arrêté tôt le matin pour me demander si j’avais volé et si c’était ma raison de courir. Je m’entraînais tôt le matin et mon père me disait que ça allait m’épuiser avant l’école ou avant le travail. Il y a des gens qui me disaient d’arrêter de courir parce que je pouvais me retrouver en chaise roulante à 30 ans. L’athlétisme et les épreuves d’athlétisme n’étaient pas connus en 1960.”

C’est en 1968 que le natif de Parent optait pour la marche olympique. Sa domination fut instantanée, tellement qu’il fut champion canadien pendant 15 ans, en abattant chaque fois quelques records canadiens.

Toujours actif

À ce jour, Marcel participe encore à plusieurs compétitions, du côté des Masters. Il y sera tant et aussi longtemps que la santé lui permettra.

“J’avais arrêté la marche en 1984, après les Jeux olympiques de Los Angeles. Ensuite, j’ai fait quelques marathons. Il y a quelques années, j’ai pris la décision de revenir dans les catégories Maîtres (Masters). En janvier, je vais rejoindre la catégorie 85 à 89 ans.”

“En mars, je vais être en compétition à Gainesville, en Floride. Puis au mois de mai, je vais participer à un championnat du monde au japon. J’ai encore la passion et ça me garde en santé. C’est ma vie!”, conclut-il.