Un antibiotique adapté spécialement pour mon problème !

Stéphane Lamanna
Un antibiotique adapté spécialement pour mon problème !
(Photo : Stéphane Lamanna)

CHRONIQUE. C’est connu: depuis le début des années 2000, certains antibiotiques s’avèrent moins efficaces. Combien de gens ont dû reprendre une seconde ou une troisième ronde d’antibiotiques pour réussir à vaincre leur infection bactérienne…

Voici une solution vraiment puissante. Dans les chroniques précédentes, je vous parlais du système immunitaire des mycéliums et de leurs grandes habiletés à décoder les faiblesses de leurs agresseurs, et de se servir du décodage génomique de façon avantageusement intelligente.

Dans le cas de mes abeilles, elles volent à gauche et à droite pendant 6 mois, en faisant une vingtaine de kilomètres par jour. Impossible de savoir où elles vagabondent.

Les autres apiculteurs vous parleront des maladies de la ruche. Nosémose, loque, virus, et varroa, ce petit parasite qui infecte l’abeille et la fait mourir. Chez moi, j’ai fait venir les vétérinaires du MAPAQ afin de faire un relevé officiel et j’ai eu la confirmation en lisant le rapport sur la santé de mes colonies « en parfaite santé et sans maladie ni varroa».

Zut, c’est une chronique sur les champignons et on parle d’abeilles!

Bien oui, voici le lien qui les réunit : l’abeille cherche du nectar pour nourrir la colonie. Il arrive qu’en forêt, certaines périodes où il y a moins de fleurs, les abeilles retournent les feuilles mortes au sol afin d’y trouver des mycéliums à butiner.

En effet, les fibres souterraines des mycéliums puisent l’eau et les minéraux du sol et font des échanges avec les racines des arbres. Les arbres leur concèdent des sucres en échange de minéraux. L’abeille vient soutirer ces précieux nutriments aux extrémités des fibres du mycélium.

Lorsque l’abeille est malade, virus ou bactéries, elle contamine le mycélium et fait mourir une toute petite partie de celui-ci. En mourant, celui-ci décode le génome de l’agresseur et l’achemine aux autres nœuds du mycélium. Les fibres du mycélium sont souvent comparées aux neurones cérébraux. L’intelligence répartie trouve la faille dans le code et va produire un antidote contre l’agresseur. L’abeille est retournée vers la ruche pour y rapporter son butin. Mais elle reviendra bientôt car elle connait la qualité de cette nourriture.

Il se passe deux phénomènes synergiques. L’abeille revient butiner les métabolites (remède) produits par le système immunitaire du mycélium et elle se traite, se soigne, et guérie. Elle va faire plusieurs voyages et sera assistée par ses sœurs. D’un autre côté, le miel apporté à la ruche contient lui aussi le remède, l’antibiotique adapté et fabriqué sur mesure pour son problème.

Les autres abeilles et les larves vont se nourrir à partir de ce nectar guérisseur et vont demeurer en bonne santé. Ça, c’est prouvé, alors ne vous surprenez pas de voir les abeilles remuer les tas de compost pour y butiner les mycéliums.

Recherche et développement en cours

Ce qui sera mis en place dans les mois à venir est plus fantastique encore. Disons que vous avez attrapé une maladie, dont vous ne savez pas l’origine, ou pire encore, vous avez un E.Coli très virulent que nul antibiotique ne peut vous débarrasser. Vous irez chez un spécialiste pour donner votre maladie à un sac de mycélium, qui sera lentement éduqué à réagir contre votre bactérie antibiorésistante. Il produira des métabolites qui seront recueillis et vous y retournerez pour qu’on vous les administre.

Il s’agit ici d’un antibiotique naturel adapté spécialement pour vaincre une condition de maladie particulière chez une personne souffrante. Nous n’avons même plus besoin de savoir ce qui nous affecte. L’intelligence du système immunitaire du mycélium est bien plus connaissant, puisque les champignons habitaient la terre se défendaient bien avant notre apparition.

Voilà un bref aperçu de l’avenir. Cela ne vous surprendra plus lorsque votre spécialiste vous proposera des traitements à base de champignons.

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Stéphane Lamanna est un mycologue amateur de Grandes-Piles et membre du Cercle des mycologues de Lanaudière et la Mauricie.  Au fil de ses chroniques, il souhaite partager sa passion de l’étude des champignons et de leurs propriétés insoupçonnées.

 

 

 

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