Retour sur le Congrès international d’AgroForesterie

Stéphane Lamanna
Retour sur le Congrès international d’AgroForesterie
(Photo : Stéphane Lamanna)

CHRONIQUE. C’est avec les effets du décalage horaire que je me remets de mon voyage en Europe. Et ce fut tout une expérience, remplie de contacts avec des scientifiques et agriculteurs d’une centaine de pays, ainsi que des visites de fermes, vignobles et centres d’études en agroforesterie.

J’ai pu échanger avec des gens en recherche des composés médicinaux des plantes, d’autres spécialisés en scanner de racines, des bactéries du sol, d’autres en fertilité et compétitivité végétale, des spécialistes de la photosynthèse jusqu’aux changements climatiques et aux méthodes de cultiver malgré ces aléas.

Rafraichir les vignes

J’ai visité des fermes et des vignobles qui doivent protéger leurs cultures contre les augmentations de températures. Par exemple, au Domaine Beaulieu, vignoble, on a produit du vin avec un contenu alcoolique de 11 % pendant 7 générations. Maintenant, depuis quelques années avec l’augmentation des températures du climat occitan (sud de la France), le pourcentage d’alcool du vin augmente vers les 13,5%. Ce n’est pas bon pour leur commerce car les vente chutent pour les vins trop alcoolisés. Il leur faut rafraichir leur cultures, rafraichir leur vignes.

Au Domaine Beaulieu comme ailleurs, on se tourne vers le compagnonnage avec les arbres. On plante des rangs d’arbres fixateurs d’azote (le premier chiffre des engrais) à certains espacements, pour former des clos. Le principe ressemble à un parasol. L’arbre grandira, tout en enrichissant le sol, en procurant un endroit pour nicher les chauves-souris, les oiseaux, et fera de l’ombre aux cultures. Celles-ci auront moins tendance à monter en température, et la présence des oiseaux et chauves-souris réduira la présence des moustiques. Moins de pesticides seront alors nécessaires. Les vignes produiront un raisin moins sucré, un vin moins alcoolisé.

Retour aux méthodes ancestrales

Le fait d’ajouter les arbres en bout de rangs ne permet plus aux tracteurs de procéder au rechaussement des pieds de vignes de ces  rangs. Ce viticulteur a fait un retour en arrière en achetant 3 chevaux de race comtois et une herse. Tout est calculé, le poids du tracteur et la surface de ses pneus sont comparés au poids du cheval de trait et de la surface de ses sabots. Il faut éviter de compacter le sol rocailleux et fortement calcaire où poussent les vignes.

J’étais intéressé aux champignons et plus particulièrement aux mycéliums qui sont utilisés dans ce type de culture. Surprise, le sol dans cette région ne contient que 2% de matières organiques. Que des cailloux, du sable, du calcaire. Rien à décomposer. En combinant la sécheresse du sol (cela faisait 4 mois qu’il n’avait pas plu), cela réduit considérablement les conditions de survie du mycélium.

Du Chaga et des forestibles plus au Nord

Il y avait peu de scandinaves mais j’en ai rencontré qui sont venus de Finlande, Norvège, Suède. Ceux-ci avaient accès à des forêts comme on les connait ici au Québec. J’ai goûté à un café de chaga. Ils présentaient des circulaires où les randonnées en forêts et la cueillette de champignons attiraient les mycotouristes.

Du café et du cacao pour sauver les femmes monoparentales

Dans bien des pays africains, les sociétés comportent beaucoup de femmes n’ayant pas les moyens d’acheter des terres et on favorise la petite échelle. Des organismes soutiennent ces femmes en les aidants à cultiver sur de petites surfaces les caféiers et cacaoyers. Toutes les stratégies commerciales sont mises de l’avant afin de leur procurer un revenu satisfaisant.

Bio contre Chimique

Bien que la majorité des endroits que j’ai visités en France fût en cultures biologiques, ce n’est pas le cas partout. J’ai eu droit à un commentaire très pro-pesticide d’une agronome Israélienne. « Ces personnes luttent pour leurs survies et celles de leurs enfants, elles n’ont pas le choix d’utiliser les pesticides si elles veulent survivre.» Hé oui, la survie passe avant la santé.

Weekend forestier et causerie à Grandes Piles

Les 8 et 9 juin, j’organise chez moi, un weekend d’activités variant de l’aménagement de sentiers pour pratiquer la mycosylviculture expérimentale (culture de la forêt pour produire plus de champignons), la cueillette de bourgeons pour en faire des teintures mères, la collectes de jeunes feuilles d’arbres pour les confire et les utiliser à l’automne. Nous sèmerons des fleurs mellifères ou comestibles, et d’autres ornementales. Samedi en soirée, je vais présenter une causerie sur les changements climatiques et la position favorable que nous aurons au Québec.

À chaque printemps, chacun repasse dans ses plates-bandes afin de sarcler et de réduire les talles de vivaces. Si vous avez des vivaces en trop, et pas de preneurs, je serais bien heureux de les ajouter sur mon terrain. C’est donc une invitation, contactez-moi sur Facebook ou par courriel à lamanneamenoum@gmail.com si vous aimeriez y participer.

Groupes ou activités spéciale

Vous avez un groupe horticole, une association forestière, je serais bien heureux de vous présenter cette causerie, car je crois vraiment –comme les 1280 participants à ce Congrès- que l’agroforesterie fait partie de la solution pour contrer le réchauffement planétaire et les bouleversements climatiques.

À la prochaine !

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Stéphane Lamanna est un mycologue amateur de Grandes-Piles et membre du Cercle des mycologues de Lanaudière et la Mauricie.  Au fil de ses chroniques, il souhaite partager sa passion de l’étude des champignons et de leurs propriétés insoupçonnées.

 

 

 

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