Un officier des FAC libéré après son arrestation pour ingérence étrangère présumée

OTTAWA — Un membre du Commandement du renseignement des Forces armées canadiennes, accusé d’ingérence étrangère, a été libéré à la suite d’une audience à Gatineau, en Outaouais.

L’adjudant-maître Matthew Robar a été arrêté la semaine dernière et fait face à plusieurs accusations graves, notamment d’infraction à la Loi sur l’ingérence étrangère et la protection de l’information.

L’affaire est entourée de secret. Peu de détails ont été rendus publics et l’avocat de M. Robar, Rory Fowler, a avancé que son client n’avait pas été informé des faits précis qui ont mené à son arrestation.

«Je trouve remarquable que la police militaire (…) ne voie aucun inconvénient à identifier mon client par son nom, dans un communiqué de presse, sur un sujet extrêmement sensible, puis à déclarer : “Nous n’avons rien d’autre à vous fournir”», a mentionné Me Fowler.

Il s’agit de la deuxième arrestation de M. Robar cette année. Me Fowler a précisé que M. Robar avait été arrêté le 24 octobre et libéré sous conditions le lendemain.

Il a été arrêté de nouveau le 10 décembre, jour où la Police militaire des Forces canadiennes a annoncé les accusations, et détenu pendant plusieurs jours dans une cellule non chauffée, selon l’avocat.

M. Robar a déposé un grief après avoir fait l’objet d’une enquête disciplinaire amorcée l’an dernier et qui a mené à un blâme. On ignore encore si, et dans quelle mesure, cette enquête disciplinaire est liée à la présente affaire.

L’arrestation est le résultat d’une enquête commune menée depuis 2024 par la Police militaire des Forces Canadiennes et la Gendarmerie royale du Canada sur la «divulgation non autorisée de renseignements protégés à une entité étrangère», a précisé le gouvernement par communiqué.

Me Fowler a agi comme avocat dans le cadre d’un grief contre la mesure corrective imposée à M. Robar, mais il n’est pas l’avocat principal de la défense dans cette affaire d’ingérence étrangère présumée.

Aucune des allégations dans cette affaire n’a été prouvée devant les tribunaux.

Si les accusations sont portées devant les tribunaux, elles seront jugées par une cour martiale, mais aucune cour de ce type n’a encore été convoquée. Il pourrait alors s’écouler des semaines, voire des mois, avant que le dossier ne soit traité par le système.