Les médecins spécialistes ne sont pas «raisonnables», selon François Legault

QUÉBEC — La hausse de rémunération réclamée par les médecins spécialistes n’est «vraiment pas raisonnable», a déploré mercredi le premier ministre sortant François Legault.

La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a également affirmé que la question de la rémunération «est le gros du sujet» dans la négociation avec les spécialistes.

«Ils mettent de la pression sur le gouvernement, mais nous, on a des contraintes d’ordre budgétaire», a-t-elle affirmé en mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

«On continue de se parler. L’idée, ce n’est pas d’être en guerre, mais il faut qu’on réussisse à se rejoindre», a-t-elle ajouté.

Selon nos informations, Québec offre aux médecins spécialistes d’augmenter de 11 % leur rémunération, alors que leur fédération réclame une hausse de 14,5 %.

Rappelons que le gouvernement a récemment accordé une augmentation de 14,5 % aux médecins de famille, en plus d’une prime de 2,5 % s’ils atteignent des objectifs de prise en charge.

Or, il compte maintenir un «écart» entre les deux professions pour rendre la médecine familiale plus attrayante, a souligné Mme Duranceau.

«Ce n’est pas raisonnable, ce qu’ils demandent les médecins spécialistes comme augmentation de salaire, vraiment pas raisonnable», a dénoncé M. Legault en se rendant à la période des questions, mercredi.

En matinée, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) avait déclaré que, face au «blocage», ses membres n’avaient d’autre choix que de se mobiliser.

«Après des mois de discussions, l’attitude gouvernementale empêche toujours la conclusion d’une entente de principe pourtant essentielle pour l’amélioration de l’accès aux soins des patients», a déploré la fédération dans un communiqué.

Les membres de la FMSQ doivent se réunir en assemblée spéciale jeudi pour adopter un «plan d’action» et mettre en œuvre des moyens de pression «qui n’affecteront pas les soins directs aux patients».

Ils pourraient, par exemple, décider de suspendre leur participation dans le projet Dossier santé numérique.

«Je vous rappelle que ce dossier-là est extrêmement stratégique. Je comprends qu’ils en font un moyen de pression, maintenant, on doit garder le cap», a réagi mercredi la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.

L’entente-cadre avec les médecins spécialistes est échue depuis le 31 mars 2023.