Le coroner de la C.-B. ordonne une enquête sur la tuerie survenue à Tumbler Ridge
VICTORIA — Une enquête sur la mort de neuf personnes à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, examinera les liens entre la santé mentale et les systèmes de sécurité publique, a indiqué le coroner en chef de la province.
Le Dr Jatinder Baidwan a annoncé mardi l’ouverture de l’enquête afin de prévenir de nouveaux décès.
Bien que la date de l’enquête n’ait pas encore été fixée, le Dr Baidwan a précisé qu’elle porterait également sur la manière dont la tueuse s’était procuré ses armes.
Jesse Van Rootselaar a abattu sa mère et son demi-frère de 11 ans à leur domicile, avant de tuer 5 élèves, une aide-enseignante, puis de se suicider, à l’école secondaire Tumbler Ridge le 10 février.
M. Baidwan a affirmé que cette tragédie a suscité de nombreuses discussions sur la santé mentale et la sécurité publique, et qu’un élément clé de l’enquête consistera à examiner comment les personnes en crise sont identifiées et soutenues.
«Cela inclura l’examen de la manière dont les services de santé mentale et les systèmes de sécurité publique travaillent ensemble pour soutenir les personnes en situation de crise mentale complexe, y compris les questions plus larges de sensibilisation, d’éducation et de soutien de la communauté, ainsi que les questions liées à la diversité de genres, lorsque cela est pertinent pour les preuves», a-t-il mentionné.
M. Baidwan a ensuite refusé de dire comment la diversité de genres pourrait être abordée dans l’enquête.
«Nous mettrons donc en œuvre toutes les compétences dont nous disposons pour enquêter sur les circonstances de ce qui s’est passé, et si la diversité de genres était un problème et qu’elle est soulevée comme tel dans ces circonstances, alors elle sera examinée», a-t-il ajouté.
Van Rootselaar était transgenre.
L’enquête examinera tous les facteurs systémiques, «y compris la manière dont la santé mentale et les systèmes de sécurité publique interagissent avec la surveillance des armes à feu et la manière dont les informations sont partagées entre les plateformes en ligne, les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle et les forces de l’ordre», a-t-il précisé.
Après la tuerie, OpenAI a indiqué que Van Rootselaar avait été signalée pour son utilisation de sa plateforme d’intelligence artificielle ChatGPT et que son compte avait été fermé en juin dernier. La société a cependant déclaré la semaine dernière qu’elle avait contourné l’interdiction en créant un deuxième compte.
M. Baidwan a souligné qu’il n’avait pas le pouvoir de contraindre OpenAI, une entreprise américaine, à participer à l’enquête, mais que la plupart des entreprises coopéreraient, car cela était dans leur intérêt.
L’enquête examinera également la manière dont les communautés rurales et du nord de la Colombie-Britannique ont accès aux services de santé mentale.
«En tant que coroner en chef, mon mandat est de promouvoir la sécurité publique. Les conclusions et les recommandations de cette enquête serviront à éclairer les pratiques et à soutenir la sécurité et le bien-être des communautés de la Colombie-Britannique et du Canada», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Assemblée législative provinciale.
Le service des coroners a un rôle unique à jouer en examinant les décès de manière ouverte et de façon à maintenir la confiance du public, a rappelé M. Baidwan.
«Nous ne sommes pas un processus visant à trouver des fautes, ce qui nous distingue du système judiciaire, a-t-il expliqué. Nous sommes une enquête, dans le cadre de laquelle nous essayons en quelque sorte de découvrir la vérité sur les choses et de voir si nous pouvons améliorer et changer ce qui se passe, afin que cela ne se reproduise plus jamais.»
Une étape jugée «cruciale»
Le maire de Tumbler Ridge, Darryl Krakowka, a déclaré mardi dans un communiqué que l’enquête permettra à la communauté de mieux comprendre les circonstances du drame, alors qu’elle est toujours en deuil.
«Bien que rien ne puisse effacer la profonde douleur ressentie par les familles et par toute notre communauté, ce processus est essentiel pour garantir un examen approfondi, indépendant et transparent», a-t-il affirmé.
M. Krakowka a indiqué que la municipalité collaborera pleinement avec le bureau de M. Baidwan et a promis de communiquer tout détail supplémentaire concernant l’enquête dès qu’il sera disponible.
«Notre priorité demeure d’apporter des améliorations concrètes à la communauté et de prévenir de futures tragédies», a-t-il ajouté.
La ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Nina Krieger, a avancé que l’enquête était une «étape vraiment cruciale» pour obtenir des réponses.
«Nous espérons vivement que l’examen indépendant sera très complet», a-t-elle souligné.
Elle a ajouté qu’il était également possible que le gouvernement ouvre une enquête publique pour examiner les questions restées sans réponse, mais a également appelé à la prudence.
«Nous devons toujours garder à l’esprit qu’il faut veiller à ce que les familles qui viennent de vivre un traumatisme inimaginable ne soient pas à nouveau traumatisées par des procédures parallèles», a-t-elle précisé.
Claire Rattee, députée conservatrice de la Colombie-Britannique et porte-parole en matière de santé mentale, s’est félicitée de l’annonce de l’enquête.
«Mais je pense que nous avons clairement indiqué que nous souhaitons toujours une enquête publique», a-t-elle affirmé.
M. Baidwan a fait savoir qu’il n’existait aucune norme concernant la tenue d’une enquête dans un lieu particulier.
«Mais je pense qu’il nous incombe de tenir l’enquête là où elle sera la plus utile. Je suis en pourparlers avec diverses personnes, notamment le bureau du premier ministre et le maire de Tumbler Ridge, afin de déterminer exactement où elle se tiendra», a-t-il mentionné.
La déclaration de Tumbler Ridge n’exprime aucune préférence quant au lieu.
Le moment de l’enquête dépendra de la conclusion de l’enquête policière et de celle menée par les coroners, selon M. Baidwan.
Il a également reconnu qu’il y avait «un certain retard» dans d’autres enquêtes.
«Mais celle-ci ne fera pas partie de ce retard, a-t-il soutenu. Elle aura lieu dès que toutes les informations nécessaires à la tenue d’une enquête seront disponibles.»
M. Baidwan a souligné que son bureau attendait traditionnellement d’avoir reçu autant d’informations que possible provenant de toutes les «enquêtes auxiliaires», en particulier de la police, avant de tenir une enquête.
«Dans ce cas précis, il n’est peut-être pas si important d’attendre, mais cela dépend», a-t-il ajouté.
