La famille d’une Montréalaise détenue par ICE dit qu’elle vit «un cauchemar»
WASHINGTON, D. C. — Paula Callejas rêvait d’étendre son commerce de maillots de bain en Floride, mais elle pourrait y renoncer après avoir été détenue par les autorités de l’immigration et des douanes américaines (ICE).
La famille de la femme de 45 ans dit que ses finances sont mises à rude épreuve pendant qu’elle tente de comprendre le fonctionnement compliqué du système migratoire aux États-Unis.
«Elle était très forte, très forte, a affirmé sa mère, Maria Estella Cano. Maintenant, chaque jour, elle pleure et dit qu’elle n’en peut plus.»
Le président américain Donald Trump a intensifié les efforts pour mener des déportations depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, après avoir fait campagne avec succès en promettant de prendre des mesures radicales contre l’immigration clandestine.
Si l’équipe de Trump a affirmé cibler en priorité les criminels, elle a également déclaré que toute personne se trouvant illégalement dans le pays serait expulsée.
Paula Callejas est née et a grandi à Montréal après que sa famille eut immigré de la Colombie. Elle a lancé sa ligne de maillots de bain au Canada vers 2012, qui a pris de l’ampleur, mais lorsque son père est tombé malade, elle a mis ses rêves en suspens pour prendre soin de lui.
Après le décès de son père en 2020, Mme Callejas a repris ses efforts pour créer une entreprise de maillots de bain. Sa famille a déclaré qu’elle a organisé quelques défilés en Floride au fil des ans et qu’elle avait constaté qu’il y avait un réel potentiel d’essor pour sa ligne de vêtements dans cet État. Elle a même été invitée à participer à la Miami Swim Week l’année dernière.
Elle a acheté une propriété en Floride, a raconté sa mère, et a mené une vie modeste tout en travaillant au développement de la marque.
La famille a mentionné que Mme Callejas avait un visa temporaire qui expirait au mois de mars. Elle avait formulé une demande de prolongation en février.
La demande avait été rejetée parce qu’elle avait utilisé un stylo d’une mauvaise couleur pour signer le document. Elle a resigné en utilisant un bon stylo et croyait que le problème était résolu.
Mais le 28 mars, les autorités ont arrêté la Montréalaise, l’accusant d’avoir blessé son ancien petit ami avec lequel elle s’était disputée. Mme Callejas clame son innocence et a déclaré se défendre au moment des faits.
Au cours de sa détention, elle a été remise au ICE parce qu’elle avait contrevenu aux termes de son visa. Elle est détenue depuis ce temps.
L’ICE a déclaré qu’elle «resterait en détention jusqu’à la fin de sa procédure d’immigration».
Sa mère dit que l’état de santé mentale de la femme se détériore. La famille a déjà dépensé des milliers de dollars en frais d’avocat.
La famille a indiqué que Mme Callejas avait été transférée dans au moins trois établissements différents. Leurs finances s’épuisent alors qu’ils tentent d’obtenir une représentation juridique. Ils ont indiqué que le simple dépôt des documents par un avocat avait coûté 5000 $ US.
Mme Cano espère qu’une fois cette affaire résolue, sa fille quittera les États-Unis pour compléter sa demande d’immigration depuis le Canada.
Affaires mondiales Canada a déclaré ne pas pouvoir fournir d’informations sur des cas particuliers pour des raisons de confidentialité.
Le ministère a déclaré le 27 juin avoir connaissance d’environ 55 Canadiens détenus par l’ICE. Le nombre de cas est resté relativement stable ces derniers mois, a-t-il indiqué, mais il fluctue au fur et à mesure que les affaires sont résolues et que de nouveaux cas apparaissent.
Johnny Noviello, un citoyen canadien de 49 ans, est décédé en juin sous la garde de l’ICE, pendant qu’il attendait son expulsion dans le sud de la Floride.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a écrit sur les réseaux sociaux à l’époque que «les autorités consulaires canadiennes cherchent de toute urgence à obtenir davantage d’informations auprès des autorités américaines».
