Conservateurs: une semaine pour vendre des cartes de membres avec droit de vote

Stephanie Taylor, La Presse Canadienne
Conservateurs: une semaine pour vendre des cartes de membres avec droit de vote

OTTAWA — Maintenant que le deuxième débat officiel de la course est passé, les candidats à la direction du Parti conservateur du Canada se concentreront sur la vente de cartes de membres avant la date limite qui approche à grands pas.

Le comité organisateur des élections a déclaré qu’il battait déjà des records quant au nombre de nouveaux membres inscrits par les candidats avant le 3 juin — date limite pour que ces nouveaux membres puissent voter le 10 septembre prochain. 

La semaine dernière, les responsables s’attendaient à une «base votante» de plus de 400 000 membres avant la date limite. En comparaison, le parti comptait près de 270 000 membres inscrits et habilités à voter lors de la précédente course à la direction, en 2020.

Les six candidats en lice pour remplacer Erin O’Toole se sont rencontrés sur scène mercredi pour un débat en français à Laval, dans une province où le Parti conservateur n’a jamais remporté plus d’une douzaine de sièges.

Une foule tapageuse de plusieurs centaines de militants a applaudi et hué tout au long de la soirée, alors que les candidats se relayaient pour attaquer les bilans et les positions de chacun, y compris sur des lois québécoises qui font débat.

Le député de la région d’Ottawa Pierre Poilievre, un favori de la course, qui attire d’importantes foules dans ses rassemblements à travers tout le Canada, a souligné à plusieurs reprises son opposition à la loi québécoise sur la laïcité de l’État, qui interdit à certains fonctionnaires en situation d’autorité, y compris les enseignantes, de porter des signes religieux au travail.

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest et le maire ontarien Patrick Brown, considérés comme ses principaux rivaux, ont tous les deux accusé M. Poilievre de ne pas avoir clairement énoncé sa position sur cette loi lorsqu’il s’adressait aux Québécois — ce qu’il a nié.

Les députés ontariens Scott Aitchison et Leslyn Lewis, ainsi que le député provincial indépendant de l’Ontario Roman Baber, se disputent également le poste de chef. Leur méconnaissance du français ne leur a pas tellement permis de s’illustrer mercredi soir à Laval.

Attirer de nouveaux visages

Les militants conservateurs recherchent des candidats à la direction qui peuvent attirer de nombreux nouveaux visages dans le parti, y compris au Québec, où le nombre de membres demeure faible.

Selon les nouvelles règles adoptées l’an dernier, une circonscription doit compter au moins 100 membres pour que les candidats obtiennent le nombre total de points dans le système de scrutin préférentiel utilisé pour élire le nouveau chef conservateur.

Un candidat est élu lorsqu’il obtient plus de 50 % des voix. S’il n’y en a pas après le premier tour, le candidat qui obtient le moins de votes est éliminé du scrutin et ses votes sont redistribués aux candidats qui avaient été désignés comme «deuxième choix» par les membres.

S’adressant aux journalistes après le débat de mercredi, qui a vu MM. Charest et Brown attaquer à plusieurs reprises Pierre Poilievre sans s’attaquer mutuellement, l’ex-premier ministre du Québec a déclaré que le maire de Brampton ne devrait pas être sous-estimé dans cette course. M. Brown a la réputation dans les cercles conservateurs d’être un excellent organisateur, depuis l’époque où il était chef des progressistes-conservateurs de l’Ontario.

Il a passé l’essentiel de cette course à sillonner le pays, rencontrant différentes communautés d’immigrants et de groupes ethnoculturels, les encourageant à devenir membres du parti pour transformer le mouvement conservateur canadien. Il a notamment concentré ses efforts auprès des communautés tamoule, chinoise, sikhe, népalaise, philippine et musulmane.

M. Brown leur promet une meilleure place à la table politique et s’engage à mettre fin au système de loterie pour le regroupement familial en immigration. Il a également passé les dernières semaines à amalgamer le nom de Poilievre à deux figures controversées de la droite – l’ancien président américain Donald Trump et la leader du Rassemblement national en France, Marine Le Pen.

Au débat de mercredi, M. Brown a repris cette rhétorique, en accusant M. Poilievre d’essayer de courtiser des Canadiens sympathiques à Pat King, l’un des leaders du «convoi de la liberté» à Ottawa, qui a également épousé la théorie complotiste du «grand remplacement». M. Poilievre a dénoncé les propos de Pat King.

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