Carney et des dirigeants européens saluent l’annonce d’un cessez-le-feu en Iran

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney et neuf dirigeants européens ont publié mercredi une déclaration commune dans laquelle ils disent accueillir favorablement la nouvelle du cessez-le-feu de deux semaines qui aurait été conclu entre les États-Unis et l’Iran.

L’accord annoncé mardi soir faisait suite aux menaces du président américain Donald Trump de faire disparaître «toute une civilisation» si un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz — une voie maritime cruciale — n’était pas conclu.

M. Trump a indiqué sur les réseaux sociaux que les États-Unis et l’Iran discuteraient de la reconstruction, de l’allègement des sanctions et de la reprise du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, qui pourrait être soumis à des droits de passage à l’avenir.

S’adressant aux journalistes alors qu’il se rendait à son bureau mercredi à Ottawa, M. Carney a déclaré que c’était une «bonne journée».

«Je pense que nous devrions saluer les développements positifs de ces dernières heures», a déclaré le premier ministre, remerciant M. Trump et le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, ainsi que les dirigeants iraniens.

«Le Canada rejoint ses alliés […] afin de soutenir le cessez-le-feu et de rétablir la paix à travers le Moyen-Orient, y compris le Liban. Et on va soutenir les efforts afin de rouvrir le détroit d’Ormuz et rétablir la stabilité dans les marchés des commodités de base à travers le monde.»

La déclaration de M. Carney et des dirigeants européens insistait pour que «des progrès rapides soient réalisés en vue de parvenir à un accord négocié de fond».

«Cet accord sera crucial afin de protéger la population civile iranienne et d’assurer la sécurité dans la région. Il permettra par ailleurs d’éviter une grave crise énergétique à l’échelle mondiale», indique la déclaration.

«Nous soutenons ces efforts diplomatiques. À cette fin, nous sommes en contact étroit avec les États-Unis et d’autres partenaires.»

Quelques heures après l’annonce de l’accord de cessez-le-feu, l’Iran et les pays arabes du Golfe ont signalé de nouvelles attaques mercredi.

Il n’était pas clair si ces frappes allaient faire capoter l’accord, que le vice-président américain JD Vance a qualifié de «fragile».

Même avant ces nouvelles attaques, de nombreux aspects de l’accord restaient flous, les parties présentant des versions très différentes de ses termes.

L’Iran a déclaré que l’accord lui permettrait d’officialiser sa nouvelle pratique consistant à faire payer aux navires le droit de traverser le détroit d’Ormuz, une voie de transit cruciale pour le pétrole. Mais mercredi, il n’était pas clair si les navires allaient se sentir en sécurité en empruntant ce passage ni si le trafic maritime avait repris. On ignorait également si d’autres pays avaient accepté cette condition.

Le Pakistan — qui a contribué à la médiation de l’accord — et d’autres pays ont affirmé que les combats cesseraient au Liban, où Israël a lancé une invasion terrestre contre le Hezbollah soutenu par l’Iran. Israël a déclaré que ce ne serait pas le cas, et des frappes ont touché Beyrouth mercredi.

Le sort des programmes nucléaires et balistiques de l’Iran — dont l’élimination constituait l’un des principaux objectifs des États-Unis et d’Israël à l’aube de cette guerre — restait également incertain. Donald Trump a indiqué que les États-Unis collaboreraient avec l’Iran pour retirer l’uranium enrichi enfoui, bien que l’Iran n’ait pas confirmé cette information.