Gicleurs dans les résidences privées pour aînés: encore beaucoup de chemin à faire

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Par Jonathan Cossette
Gicleurs dans les résidences privées pour aînés: encore beaucoup de chemin à faire
(Photo : Deposit)

Le 23 janvier 2014, une terrible tragédie avait lieu à L’Isle-Verte, au Bas-Saint-Laurent, coûtant la vie à 32 aînés. S’en était suivi un règlement, adopté en 2015, stipulant que les résidences privées allaient devoir se munir de gicleurs.

Rappelons que la loi sur les gicleurs est née, en grande partie suite au rapport du coroner Delâge. Le gouvernement québécois avait alors déposé un projet de règlement qui est entré en vigueur le 2 décembre 2015 et qui rendait obligatoire l’installation de systèmes de gicleurs dans l’ensemble des résidences privées pour aînés (RPA) certifiées sur une période de cinq ans.

En juillet dernier, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, avait avoué l’échec du programme. Les propriétaires de résidences se sont ensuite vus offrir un sursis de deux ans supplémentaires pour procéder à l’installation de gicleurs.

Dans la région de la Mauricie/Centre-du-Québec, on dénombre de 185 résidences, dont 34 bâtiments qui sont non visés par l’obligation d’installer des gicleurs. Les statistiques provinciales indiquent que la moitié des résidences privées n’ont toujours pas procédé à l’installation de gicleurs, souvent pour des raisons monétaires.

Notre région ne fait pas exception à la règle, puisque seulement 75 bâtiments ont été giclés, comparativement à 76 qui ne le sont toujours pas.

«On va aller à la caisse bientôt avec les papiers nécessaires. On a fait faire un plan pour les gicleurs, mais on n’avait pas l’argent pour payer tout de suite. On a de la place pour 15 personnes et on a toujours cinq ou six personnes en occupation seulement, alors on n’est jamais complet. Ça coûte cher d’assurances, de services, sans parler du reste, et je ne peux pas charger plus à mes locataires», a témoigné Nicole Boisvert, propriétaire de la Résidence d’Hérouxville.

«On se fait appeler de temps en temps et ils nous demandent si on veut continuer le processus, alors on paie et on continue. C’est certain qu’on va aller voir bientôt combien ça pourrait nous coûter. Je veux être certaine de ce que je vais recevoir de la caisse pour dire : «Oui, on y va». Si on emprunte, il faut le remettre aussi.»

L’aspect monétaire a également ralenti le processus du côté de la résidence Havre St-Maurice Inc.

«On a étiré le plus possible parce que ça prenait un bon montant de départ, à nos frais, pour assumer le reste du projet. De notre côté, on était déjà en financement de la résidence avec la banque, alors on s’est dit qu’on voudrait faire ces deux étapes-là en même temps», ajoute Vanessa Cholette, propriétaire depuis maintenant trois ans.

«C’est un cercle vicieux. Plus tu attends, plus le prix du processus augmente. On vient de régler la première étape en contactant une firme. On a 18 chambres, mais aussi un sous-sol. Chaque chambre a une garde-robe et sa propre salle de bain, donc il faut les gicler aussi. On sait que c’est pour le mieux et que c’est important de le faire, surtout que de notre côté, on a des personnes qui ont de l’Alzheimer. C’est pour le bien. C’est juste que le processus pour s’y rendre est complexe à assumer par les propriétaires.»

Nul choix de constater que le dossier avance plus vite du côté des résidences membres du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), un organisme à but non lucratif qui regroupe des résidences privées pour aînés. En effet, 53 des 80 résidences membres ont été giclées.

En contrepartie, un grand total de 49 des 71 résidences non-membres du RQRA n’ont toujours pas été giclées.

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