Garage G. Champagne menacé de perdre son accréditation BRP

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Par Bernard Lepage
Garage G. Champagne menacé de perdre son accréditation BRP
Garage G. Champagne vend des produits Bombardier depuis 1966. (Photo : gracieuseté Garage G. Champagne)

BOMBARDIER. Bombardier Produits Récréatifs (BRP) a informé dans les derniers jours Garage G. Champagne de son intention de lui retirer son accréditation BPR à compter du 31 mars.

Gérant du commerce de Lac-aux-Sables, Gilles Champagne qualifie cette décision d’insensée et déplore ne pas avoir reçu de raisons pour la justifier. En 2015, BRP avait également révoqué la certification à Garage G. Champagne mais devant la mobilisation du milieu et de la clientèle, la multinationale était revenue partiellement sur sa décision en lui accordant pour quatre ans le titre de centre de services, ce qui lui permettait d’avoir en inventaire des pièces, accessoires et vêtements BRP et tout ce qui faut pour la maintenance mais la permission de vendre des motoneiges Ski-Doo comme il le faisait depuis 1966 lui était désormais retirée.

«C’est impensable, déclare en colère Gilles Champagne. Nous sommes le seul centre de services BRP sur la TQ23, entre Saint-Raymond, dans Portneuf, et Saint-Michel-des-Saints, ce qui représente 270 km.» Selon le commerçant, BRP veut éliminer les points de service comme le sien pour centraliser ses produits dans des centres de services qui offre toute la gamme des produits BRP, des motoneiges aux motomarines en passant par les véhicules hors route et sur route. «Ils ont déjà Dion Motos à Saint-Raymond et là, ils essaient de faire grossir Performance NC à Saint-Étienne-des-Grès. BRP veut avoir toute sa ligne de produits dans une seule bâtisse qui vaut des millions$», dénonce M. Champagne.

Si cette décision venait à se concrétiser comme cela semble être le cas, Garage G. Champagne continuerait à  réparer des Ski-Doos, mais sans la machine BRP derrière lui.  «Les pièces sont plus difficiles à avoir et pas au même coût. Actuellement, on a accès à un système où on peut voir la disponibilité de la pièce en temps réel et l’avoir dès le lendemain.» L’atelier de Lac-aux-Sables n’aurait plus également accès au système de diagnostic de BRP pour les réparations mécaniques.

Appui de Sonia Lebel

Gilles Champagne avait pris les devants cet hiver pour convaincre BRP de continuer à miser sur lui. Il avait notamment demandé des résolutions et des lettres d’appui à la MRC de Mékinac et aux municipalités de la région; à l’Unité régionale de loisir et de sport de la Mauricie; ainsi qu’aux députés régionaux.

Pour une, la députée-ministre de Champlain, Sonia Lebel, n’a pas lésiné sur les moyens en écrivant directement à Manon Pelletier, directrice des ventes Canada Sea-Doo/Ski-Doo chez BRP.

«Le Garage G. Champagne est avantageusement situé directement en bordure de ce sentier (TQ23) ainsi qu’à proximité de nombreuses habitations de villégiatures. Il représente la référence pour les adeptes de motoneige de la région. La fermeture d’un tel point de service peut sembler anodine pour certains, mais pour les gens d’ici, cette concession constitue un maillon important dans la revitalisation de notre région en raison des retombées économiques qu’elle engendre. Soulignons aussi que sept emplois sont en jeu et que pour un village comme Lac-aux-Sables, ces emplois de qualité sont d’une grande importance, d’autant plus que la relève de cette entreprise est déjà assurée.» a écrit la ministre de la Justice du Québec.

Avant la date fatidique du 31 mars, Gilles Champagne entend continuer de se battre. Il a notamment invité les motoneigistes de la région à écrire ou à livrer verbalement leurs commentaires au service à la clientèle de BRP. «Certains m’ont même dit qu’ils allaient changer de marque s’ils ne revenaient pas sur leur décision», conclut-il.

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