Élections municipales à Trois-Rives: le doyen des maires du Québec en réflexion

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Par Bernard Lepage
Élections municipales à Trois-Rives: le doyen des maires du Québec en réflexion
Avec Lucien Mongrain (photo) à la mairie de Trois-Rives et William Guillemette, élu conseiller municipal à Saint-Séverin en décembre 2019 à l'âge de 18 ans, la MRC de Mékinac compte dans ses rangs le doyen et le cadet des élus municipaux au Québec. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

TROIS-RIVES. À côté de lui, Joe Biden a l’air d’un jeunot, mais Lucien Mongrain ne ferme quand même pas la porte à un dernier mandat à la mairie de Trois-Rives en novembre 2021 alors qu’il aura 89 ans bien sonnés…

Élu la première fois en 1981, l’octogénaire effectue présentement son 10e mandat à la tête de la petite localité de 500 âmes. En fait, Lucien Mongrain n’affiche qu’une seule défaite en carrière soit lors des premières élections de la municipalité en 1978. «J’avais perdu contre Elphège Desrosiers qui était le cousin de ma femme», sourit-il.

Mais le scrutin du 7 novembre 2021 lui semble encore bien loin et ce n’est pas un caprice de son âge. «Je me suis toujours décidé à la dernière minute et ça sera pareil cette fois-ci», souligne Lucien Mongrain que nous avons rencontré au bureau municipal, dans le secteur de Saint-Joseph-de-Mékinac.

S’il vient à décider à prendre sa retraite, ça ne sera pas par lassitude puisque la fonctionne le passionne toujours autant, même après 40 ans. «Il y a deux facteurs qui vont entrer en ligne de compte: la santé de ma femme qui a 85 ans et la mienne. Je me sens encore bien, mais je ne suis pas plus fin qu’un autre, je vieillis moi aussi. Des fois, j’ai moins d’énergie», lance-t-il comme une évidence.

Une municipalité sans dette

Chose certaine, quoi qu’il décide, Lucien Mongrain laissera un village en bonne santé financière. «Moi, je suis né à Shawinigan dans les années 1930 dans une famille pauvre où on ne mangeait pas toujours trois repas par jour. J’ai appris à vivre avec ce que j’avais et c’est comme ça qu’on fonctionne aussi à la municipalité. Quand on décide de faire quelque chose, c’est qu’on a de quoi le payer.»

Difficile de le contredire puisque Trois-Rives n’a aucune dette à son actif, un exploit rare de nos jours dans les administrations publiques, et un surplus accumulé de plus de 500 000$. «Le seul emprunt qu’on a est rattaché à un prêt de la Régie des incendies de la Vallée du Saint-Maurice qu’on assume avec Saint-Roch-de-Mékinac et Grandes-Piles», explique Lucien Mongrain.

Avec plus de 250 chalets luxueux – certains sont évalués à près d’un million$ –  juste au lac Mékinac, Trois-Rives bénéficie depuis une dizaine d’années d’une richesse foncière à faire rêver. Son taux de taxe est d’ailleurs passé de 70¢ du 100$ d’évaluation à 40¢ ces dernières années. «C’est facile de s’endetter pour une municipalité, prévient Lucien Mongrain. Des travaux sont estimés à 50 000$ et tu empruntes 65 000$ des fois que ça dépasse. Moi, je ne marche pas comme ça. Quand je vais lâcher, tu peux être sûr qu’on ne sera pas endetté.»

Bien qu’il pourrait avoir 93 ans s’il venait qu’à effectuer un 11e mandat, Lucien Mongrain serait encore un jeunot au côté du doyen des maires de France. Marcel Berthomé était âgé de 98 ans lorsqu’il tenta sans succès de remporter en juin 2020 la mairie de Saint-Seurin-sur-l’Isle pour une 9e fois de suite…

De Boucher à Trois-Rives

La municipalité de Boucher a été fondée le 1er janvier 1978. Elle est le fruit du regroupement de territoires non-organisés (TNO): Saint-Joseph-de-Mékinac, Matawin, Grande-Anse et une partie de Rivière-aux-Rats. En 1998, elle change de dénomination pour Trois-Rives en raison des noms des trois rivières qui la borde: Mékinac, Matawin et Saint-Maurice.

 

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