Domaine Tavibois: un trésor bien gardé

Photo de Sandra Lacroix
Par Sandra Lacroix
Domaine Tavibois: un trésor bien gardé
Martin Lavalléee, directeur du Domaine Tavibois. (Photo : Photo L'Hebdo)

HÉROUXVILLE. Trésor bien gardé depuis plus d’un demi-siècle, le Domaine Tavibois subira dans les prochains mois une cure de rajeunissement. La Corporation de développement de Hérouxville, qui a repris le domaine il y a maintenant trois ans, a pour objectif d’actualiser le site… en s’inspirant de son passé.

«C’est un joyau dans Mékinac, dans la toute la Mauricie et même au Québec, rappelle d’entrée de jeu le directeur du Domaine Tavibois, Martin Lavallée. C’est quelque chose d’unique à découvrir.»

Dès son entrée en poste en 2017, Martin Lavallée est tombé en amour avec le site et les gens qui gravitent autour. Originaire de la Montérégie, il a longtemps travaillé au municipal dans le développement des milieux de vie. Pour le Domaine Tavibois, il a des projets plein la tête. Son objectif: développer… mais toujours dans la continuité et la reconnaissance d’un legs historique et culturel. On se souvient que le

Domaine Tavibois a appartenu à la Congrégation religieuse des Filles de Jésus pendant 50 ans. La Corporation en a fait l’acquisition en juin 2016. Ancien site de forge, le domaine comprend plusieurs bâtiments érigés entre 1890 et 1970. Une piscine naturelle alimentée par une chute, un lac et des sentiers pédestres complètent le décor.

«L’idée est de faire découvrir le site et de le rendre accessible à l’ensemble de la population, confie-t-il. On a 40 bâtiments, 21 chalets en location, des salles de réception, une chapelle, etc.»

Des bâtiments quatre saisons

Présentement, 16 des 21 chalets sont disponibles pour la location pendant trois saisons. Les autres le sont à l’année. Dans les prochains mois, certains d’entre eux seront isolés pour les rendre accessibles toutes saisons. Pour réaliser ce projet qui s’élève à 500 000$, la Corporation de développement de Hérouxville a pu compter sur différentes subventions provenant de différents paliers. La salle de réception Le Manoir sera également isolée, mais aussi agrandie. Elle passera d’une capacité de 60 à 100 personnes.

«L’histoire, ce n’est pas juste dans les livres qu’on la retrouve. C’est aussi dans les pensées, dans la mémoire collective»

– Martin Lavallée

Les chalets des fondateurs du domaine font partie de ceux  visés par les travaux: Mgr Albert Tessier, Dr Avila Denoncourt et l’abbé Boivin. Le Domaine Tavibois tient d’ailleurs son nom de celui ses fondateurs: T (Tessier), avi (Avila), et bois (Boivin).

«Les gens peuvent dormir par exemple dans le chalet de Mgr Tessier, se bercer dans sa chaise, écouter sa radio, etc.»

Malgré sa longue histoire, le domaine et ses bâtiments ont été entretenus d’une façon impeccable. «Quand on entre dans les chalets, on a l’impression que le temps est figé dans les années 50-60. Les couvre-planchers, les mobiliers, tout a été entretenu de façon impeccable. Je veux conserver ça à tout prix!»

Pour les personnes à mobilité réduite, d’autres bâtiments seront adaptés prochainement: le bâtiment d’accueil, un chalet et la chapelle. Martin Lavallée estime que d’ici décembre 2020, tous les travaux seront complétés sur le site.

Des panneaux d’interprétation

Entre nature, culture et histoire, le Domaine Tavibois cache un patrimoine hors du commun. Saviez-vous que des grands peintres comme Jordi Bonet sont venus y séjourner pour y peindre des célèbres tableaux? Ou encore qu’avant la fondation du domaine, en 1951, on y opérait un moulin à scie et des petites forges? Ou qu’Albert Tessier, l’un des pionniers du cinéma québécois, y a été l’un des trois fondateurs?

Dès cet été, des panneaux d’interprétation seront installés à plusieurs endroits dans le vaste domaine. Ils traiteront évidemment de l’histoire du site, mais aussi du volet environnemental, à savoir quelles sont les essences d’arbres qu’on retrouve, la bande riveraine qui sera réaménagée, etc.

Pour mener à bien ce projet, on a évidemment mis à contribution le savoir des sœurs de la communauté des Filles de Jésus. «Les Filles de Jésus ont vraiment Tavibois tatoué sur le cœur. Elles continuent de venir nous voir régulièrement, ajoute M. Lavallée.

On a aussi fait appel à des organismes du milieu, dont l’Association forestière (AFVSM) et la SAMBBA. «On voudrait aussi devenir un centre d’interprétation des énergies vertes et de développement durable», souligne M. Lavallée, précisant que toutes les actions posées au domaine sont toujours en fonction de la longévité dans le respect de l’environnement.

Par ailleurs, dans la chapelle, projecteur et système de sonorisation seront installés cet été pour que les gens puissent venir voir les films documentaires d’Albert Tessier.

«On a ramené ici les 70 documentaires d’Albert Tessier pour conserver notre patrimoine.»

Pour en apprendre plus sur le Domaine Tavibois: www.tavibois.com.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de