Dis-moi comment tu t’appelles, je te dirai d’où tu viens

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Par Audrey Leblanc
Dis-moi comment tu t’appelles, je te dirai d’où tu viens
La population de Saint-Narcisse en 1903 lors du centenaire de l'arrivée du premier colon Louis Cossette, en 1803, et 50e anniversaire de l'inauguration de la première chapelle, en 1853. (Photo : Collection Société d'histoire de Saint-Narcisse)

MRC DES CHENAUX. Si vous résidez dans la MRC des Chenaux, vous avez sans doute remarqué que certaines familles y sont nombreuses. Il n’y a qu’à penser aux Cossette de Saint-Narcisse ou encore aux Massicotte de Saint-Prosper. Il est aussi amusant de constater que le portrait n’a pas trop changé en plus de 100 ans.

Il y a quelques années, dans le cadre de ses recherches, l’historien René Beaudoin avait recensé les familles les plus nombreuses à travers la MRC. En 1881, ce sont les Massicotte qui trônaient au sommet du palmarès, suivis des Marchand, des Veillette, des Cossette et des Trudel.

À l’époque, la famille Massicotte représentait 11 % de la population de Saint-Prosper et 11 % de la population de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. À Batiscan, on comptait 104 Brunelle et 103 Marchand. Ces derniers étaient d’ailleurs les plus nombreux à Champlain et Saint-Maurice tandis que la famille Landry était bien établie à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

À Sainte-Anne-de-la-Pérade, ce sont les Tessier que l’on retrouvait en majorité. À Saint-Luc-de-Vincennes, les Dubois et à Saint-Stanislas, les Lafontaine. Enfin, à Saint-Narcisse, les Cossette représentaient 10 % de la population en 1881.

Et en 2021, 140 ans plus tard, qu’en est-il? «Les choses n’ont pas beaucoup changé, constate M. Beaudoin. C’est plus difficile de nos jours d’obtenir des données précises sur le recensement à cause de la confidentialité, mais on voit que ça se ressemble encore. Ce sont généralement des familles qui sont encore très bien représentées dans la MRC.»

«Quand on prend l’exemple des Massicotte, une famille très nombreuse comme celle-là a tellement une bonne longueur d’avance sur les autres en terme de nombre que ça prendrait des années et des années avant qu’une autre famille puisse les dépasser, soutient M. Beaudoin. Il faut savoir que les familles les plus nombreuses représentaient entre 2 % à 6 % de la population dans une municipalité, alors quand on dépassait les 10 %, c’était énorme.»

Des surnoms devenus des noms

En 1881, on retrouvait 645 noms de famille pour 20 576 individus à travers la MRC des Chenaux. La plupart de ces noms de famille étaient autrefois des surnoms.

«C’est seulement à partir de 1539 qu’il est devenu obligatoire de donner le même nom de famille de génération en génération, indique l’historien. Avant ça, on donnait aux gens des surnoms, basés sur toutes sortes de détails comme le lieu de résidence. Par exemple, on pouvait appeler quelqu’un Jean Du Rocher simplement parce qu’il habitait tout près d’un rocher.»

«Quand les noms de famille sont devenus obligatoires, plusieurs de ces surnoms ont été transformés en noms de famille, ajoute M. Beaudoin. Par exemple, Normandin vient du surnom de Normand et Massicotte vient de Thomas.»

Cette pratique ancienne a teinté bon nombre de noms de famille. D’ailleurs, Beaudoin vient du prénom germanique Baldwin et Brouillette signifie «petit bois clôturé».

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