Des élèves de Saint-Narcisse à Poudlard

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Par Audrey Leblanc
Des élèves de Saint-Narcisse à Poudlard
Les enseignantes Audrey Dionne et Stéphanie Guimond ont recréé le monde magique d'Harry Potter dans une classe de 2e année de l'école primaire de Saint-Narcisse. (Photo : Audrey Leblanc)

SAINT-NARCISSE. Depuis quelques semaines, c’est à Poudlard que se rendent tous les matins des élèves de 2e année de l’école primaire de Saint-Narcisse. Leurs enseignantes, Stéphanie Guimond et Audrey Dionne, ont décoré la classe à l’image du monde magique d’Harry Potter.

Plus d’une centaine de bougies sont suspendues au plafond. Les bannières des quatre maisons (Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard) ornent les fenêtres. Un balai magique et des dizaines de clés volantes décorent un coin de la classe. On retrouve même Hedwige qui, perché dans sa cage, surveille les élèves entrer par la plateforme 9 ¾.

Pour les fins connaisseurs de la saga Harry Potter, cette classe est une véritable caverne d’Ali Baba. Une foule de détails ont été ajoutés à la pièce. Des lettres volant au-dessus d’une cheminée, une corde à linge de chaussettes et le Choixpeau en sont quelques exemples.

Pour demander le silence ou pour indiquer aux élèves qu’il est temps de changer d’activité, les enseignantes tournent la manivelle d’une toute petite boîte à musique. On entend alors dans la classe cette mélodie célèbre que l’on retrouve dans tous les films de la série. On retrouve même Mimi Geignarde dans la salle de bain adjacente à la pièce.

Derrière tout ce travail se cache un objectif bien précis : celui de favoriser la collaboration entre les élèves.

«Avec ce projet, on voulait leur apprendre à travailler ensemble parce que c’était une des faiblesses du groupe, explique Mme Guimond. On a pensé que s’ils étaient regroupés par maison, ça faciliterait le travail d’équipe. C’est un très beau groupe. Ils ne sont pas tannants, mais on avait envie de les pousser plus loin.»

«Il y a eu une période d’adaptation, mais maintenant qu’ils ont compris que les forces des autres leur sont bénéfiques, ça va très bien, renchérit Mme Dionne. Avant, quand on leur disait qu’ils pouvaient faire un travail en équipe, ils le faisaient souvent chacun de leur côté. Maintenant, ils demandent à travailler en équipe. C’est beau de voir tout le chemin parcouru, de les voir s’entraider.»

Les élèves ont eu la surprise au retour de la relâche.

Miser sur les forces de chacun

Dans la classe, les pupitres sont disposés de sorte à créer quatre îlots de travail, ceux-ci représentant les quatre maisons de Poudlard. Lors de la traditionnelle cérémonie du Choixpeau, une maison a été attribuée à chaque élève. On leur a également remis un signet sur lequel sont inscrites les forces et valeurs de leur maison.

«On met beaucoup l’emphase là-dessus, soutient Mme Guimond. On a pris le temps de leur expliquer chacune des valeurs et on n’hésite pas à y faire référence quand la situation se présente.»

«Ç’a créé une belle chimie entre eux, ajoute Mme Dionne. On n’a pas pigé les noms au hasard. On y est allé avec ce qu’on connait de chaque enfant. Par exemple, dans la maison Serpentard, il y a beaucoup de meneurs. Ils doivent apprendre à gérer ça, à travailler ensemble avec cette qualité.»

Tout comme dans la série, chaque maison accumule des points et celle qui en a le plus à la fin de l’année scolaire remporte la coupe. Dans la classe de Madame Stéphanie et Madame Audrey, les équipes obtiennent des points notamment pour leur attitude et leur autonomie.

Temps, passion et dévouement

Elles-mêmes amatrices d’Harry Potter, les enseignantes ont eu l’idée de transformer leur classe de 2e année peu avant le temps des Fêtes. En janvier, elles ont commencé à rechercher et fabriquer le matériel nécessaire.

Elles ont mis dans ce projet leur cœur, leur temps et leur argent. Plusieurs fois, elles sont restées après l’école pour confectionner et installer des décorations. À lui seul, le Choixpeau fait en papier mâché a nécessité plus de 15 heures de travail.

«On est souvent resté les vendredis après les cours, de 15h30 jusqu’à minuit, mentionne Stéphanie Guimond. Toutes les fois qu’on avait une idée, on se demandait si on achetait ou si on était capable de le faire nous faire. On a aussi reçu l’aide de nos proches pour trouver des choses ou en fabriquer d’autres. On y met beaucoup de temps, mais rien n’est perdu, ça va rester d’une année à l’autre.»

C’est au retour de la relâche que les élèves ont eu la surprise. «Les enfants étaient émerveillés, raconte Mme Guimond. De voir leurs réactions, c’était notre paie. Ç’a créé un engouement dans l’école. Ceux qui sont en première année ont hâte de venir à Poudlard l’an prochain. C’est beau à voir.»

Loin d’être à court d’idées, les deux enseignantes réservent encore des surprises à leurs élèves. Sans trop dévoiler de secrets, on peut déjà dire qu’Aragog trouvera sa place dans la classe.

Pour la prochaine rentrée scolaire, Mme Guimond enverra par la poste à ses futurs sorciers la lettre officielle de leur acceptation à Poudlard, avec bien sûr la calligraphie et le sceau officiels. Elle y joindra la liste du matériel scolaire à se procurer sur le chemin de Traverse.

Stéphanie Guimond et Audrey Dionne n’ont peut-être pas de balai volant ni de baguette, mais elles ont tout de même réussi à créer un univers magique pour leurs élèves. Coup de «Choixpeau» à ces deux enseignantes!

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