Une impressionnante murale western dévoilée au Kapi de Saint-Tite

SAINT-TITE.  Une immense murale a été peinte sur un des murs du Kapi de Saint-Tite, en face de la microbrasserie À la fût. L’artiste Nicolas Smith, qui dessine habituellement des portraits de personnalités publiques, signe ici son œuvre la plus imposante.

D’une grandeur de 11 pieds par 33 pour une surface de 363 pieds carrés, la murale a nécessité plus de neuf litres de peinture et 15 heures de travail réparties sur sept jours.

“J’ai quand même rempli le mur assez vite, explique Nicolas. J’ai l’impression que je travaille mieux quand je fais ça vite. Ça a tout le temps été comme ça. J’ai eu deux semaines pour trouver mes idées et penser à quel matériel j’allais prendre.”

La question se posait pour qu’il soit à l’aise avec la technique, satisfait du résultat, et que la durée de l’exécution soit raisonnable.

“Au début, je pensais que j’allais prendre des crayons de peinture comme d’habitude. Mais j’adore ça essayer plein de nouvelles choses. Quand j’ai vu la rangée de canettes de peinture style graffiti au magasin, je me suis dit que ça serait cool. En plus, j’allais faire de la boucane dans ce dessin-là. Des canettes, ça fait du flou. J’en ai acheté une couple pour essayer et j’ai su que c’était ça qu’il fallait.”

Ce défi représentait plusieurs nouveautés pour Nicolas, soit de peindre une aussi grande surface et avec un matériau qu’il expérimentait.

(Photo: Stéphane Laroche)

“Quand je fais un projet, je commence souvent par la personne. D’habitude, c’est pas mal juste un portrait, mes dessins. Pour celui-là, j’ai commencé par le chapeau du cowboy, après ça, son visage. Ensuite, je peux faire la tête du cheval, faire un nuage, après ça, les pattes du cheval. Ça peut vraiment être dans n’importe quel ordre. Il y a différentes façons de faire une grosse murale. Je n’ai pas pris de projecteur avec un plan quadrillé. Je l’ai juste fait à la main, à l’œil, avec les proportions.”

L’artiste de 20 ans a changé ses façons de faire habituelles pour réaliser la murale.

“Ce projet-là, c’est vraiment très différent. C’est la première fois que je fais une œuvre où je ne touche jamais à ce que je fais. Je n’ai jamais touché à l’œuvre avec un crayon ou rien. C’est juste de l’air qui sort. En plus, c’est ma seule œuvre qui est dehors, et la seule œuvre que je ne peux pas emmener quelque part!”

Des adolescents de Saint-Tite ont suggéré à Nicolas plusieurs items qui se retrouvent sur la murale. Sa copine, qui travaille à la Maison des jeunes L’Appart, a eu l’idée de les faire participer de cette façon.

“Moi, j’avais pensé au cowboy avec le cheval et la boucane et j’ai laissé les jeunes décider de qu’est-ce qu’il y aurait autour, vu que le mur est quand même long et large. Ils ont donné plein d’idées: un gros coucher de soleil avec un désert et des cactus, vraiment western. Ils sont bien contents d’avoir participé à l’œuvre.”

Résident en Mauricie depuis 12 ans, Nicolas est honoré que la Ville de Saint-Tite l’ait choisi pour effectuer ce travail artistique.

“Je trouve ça vraiment cool qu’ils aient décidé de mettre un Smith dans la ville où je suis rendu, pour toujours. En plus avec le Festival western, il y a des centaines de milliers de personnes par année qui vont voir ça. Beaucoup de gens qui me suivent vont venir au festival. Du monde de Montréal ou de Québec m’écrivent pour me dire qu’ils ont hâte de venir voir ça.”

Une fois l’œuvre achevée, la MRC de Mékinac a partagé sa fierté sur les réseaux sociaux.

“Nous avons rêvé d’un ”mur Smith” et ce jeune artiste a saisi toute l’essence d’un lieu qui nous ressemble et qui se veut un endroit où toute la communauté peut se retrouver.”

Nicolas jouit d’une notoriété à l’échelle nationale. Les centaines de dessins de personnalités publiques, artistes, sportifs, politiciens, ont fait sa renommée. Il a souvent eu la chance d’en rencontrer certains pour leur remettre le dessin qu’il avait fait d’eux. Quels sont les trois personnalités qui l’ont le plus impressionné?

(Photo courtoisie)

“Ginette Reno, William Shatner et Georges St-Pierre. Ce sont des idoles depuis que je suis tout petit. De les voir, de leur donner un dessin, puis en plus ils capotent. C’est assez fou.”

Le chanteur Post Malone pourrait être le prochain artiste qu’il rencontrera, ou à tout le moins, qui pourra apprécier le travail de Nicolas.

“Grâce à quelqu’un qui le voit souvent, j’ai envoyé des dessins à New York et elle va lui montrer.”

Il continuera sans doute longtemps à rencontrer des artistes qu’il admire et dessine.

“Ce sont de bonnes rencontres avec du monde que j’aime bien.”