Tristan Beaupré, faciliter l’accès à l’art en Mauricie

LAC-AUX-SABLES.  Originaire de Lac-aux-Sables, en Mauricie, Tristan Beaupré, 21 ans, termine actuellement sa formation à l’École nationale de théâtre du Canada tout en développant des ateliers artistiques destinés aux communautés de la région, des jeunes aux aînés.

Par Fatoumata Dapa   / fdapa@lechodelatuque.com

Né et élevé à Lac-aux-Sables, Tristan Beaupré a grandi au cœur de la nature mauricienne, entre champs, rivières et forêts. Un environnement qui a façonné son attachement au territoire et aux relations humaines. “J’ai développé rapidement un grand amour pour les communautés et les gens, pour être avec les personnes, être avec les gens”, explique-t-il.

Très jeune, il découvre la scène grâce à son père, qui écrivait des textes humoristiques pour lui. Dès la maternelle, il monte sur scène pour faire du stand-up, puis poursuit au secondaire avec des monologues humoristiques et de l’improvisation, notamment dans le cadre de Secondaire en spectacle. “Ça m’a toujours fasciné la façon qu’il avait de se mettre un peu amis avec tout le monde, puis de vouloir partager un peu le sourire avec tout le monde”, dit-il à propos de son père, également impliqué dans le milieu de l’improvisation à Saint-Tite.

Au Cégep de Trois-Rivières, Tristan Beaupré s’inscrit en Théâtre et créations médias. Ce passage marque un tournant important. “Ça a été un changement d’univers complet de passer de la campagne à cette ville-là”, confie-t-il, évoquant la découverte d’un milieu artistique où il se reconnaît davantage. Encouragé par ses enseignants, il auditionne pour les écoles professionnelles et est admis à l’École nationale de théâtre du Canada, à Montréal, où il termine actuellement ses études.

Parallèlement à son parcours scolaire, il développe une démarche entrepreneuriale. Il lance notamment une marque de vêtements écoresponsables et collabore avec des artistes québécois tels que Safia Nolin, Marc Béland et Flower. “Je fais plein d’affaires. Est-ce que je vais vouloir continuer à juste être un acteur? Non”, affirme-t-il.

C’est toutefois en Mauricie que prennent forme ses ateliers d’animation artistique. Inspiré par son expérience dans les camps de jour et son lien avec les jeunes, il crée des ateliers axés sur le théâtre, l’improvisation et l’expression de soi. “Je me vois vraiment comme un facilitateur d’expérience. […] J’ai vraiment envie de partager le plaisir”, explique-t-il. Les ateliers s’adressent autant aux élèves du primaire et du secondaire qu’aux adultes et aux personnes âgées.

Son objectif n’est pas de former de futurs comédiens, mais de rendre l’art accessible. “J’emmène le théâtre comme un jeu, comme une expérience accessible pour tout le monde”, précise-t-il. Certains témoignages recueillis à la fin de ses ateliers l’ont particulièrement marqué. ” Je pense que j’ai allumé une étincelle “, dit-il, évoquant des jeunes qui gagnent en confiance et découvrent un espace sécuritaire pour s’exprimer.

Les ateliers se sont d’abord développés grâce au bouche-à-oreille et à des collaborations avec des enseignants et des intervenants culturels. “Ça a commencé comme ça, mes ateliers. […] Des amis et des profs qui m’ont appelé”, raconte-t-il. Aujourd’hui, plusieurs contrats sont renouvelés et il souhaite élargir son offre, notamment vers les entreprises et le mentorat individuel.

Le principal défi demeure la visibilité. “Je pense que le défi, c’est de me faire connaître et de montrer que ces ateliers-là peuvent se déployer à plein d’échelles différentes”, souligne-t-il. Malgré tout, Tristan Beaupré demeure confiant et attaché à sa région. “Ça fait du bien de sentir qu’on peut être artiste en région, qu’on peut être professionnel et avoir un retour positif des communautés”, conclut-il.