Sylvain Cossette lance sa nouvelle tournée dans sa Mauricie natale
CULTURE. Après avoir chanté les grands succès des années 70 et 80, sur disque et sur scène, Sylvain Cossette reprend la route avec, cette fois, les chansons de son propre répertoire. C’est en Mauricie qu’il donnera le coup d’envoi de sa nouvelle tournée Rendez-vous 25e anniversaire qui le mènera sur plusieurs scènes au Québec pour au moins la prochaine année et demie.
« Ce que j’ai fait depuis 15 ans, c’est des dérivés des 70’s: des shows rock avec des solos de guitare, des solos de drum, la voix dans le tapis tout le temps. Quand j’ai pensé au prochain show, je me suis dit qu’il faudrait que je trouve quelque chose de plus feutré même si c’est dynamique. »
Son dernier spectacle comportait tout de même un medley de quelques-uns de ses grands succès.
« Ç’a été un moment fort de la tournée. Les gens m’en parlaient beaucoup. Il y avait même des gens dans la salle qui ne pensaient pas que c’était moi qui avais écrit ces chansons-là! Je fais des jokes avec ça en disant que je vais faire des reprises de Sylvain Cossette! »
Rendez-vous, son quatrième album, lui avait permis de remporter en 2002 son premier Félix au Gala de l’Adisq. L’année suivante, on lui décernait le prestigieux prix de l’interprète masculin de l’année.
« C’est mon premier succès d’estime. Je ne lisais pas les critiques, mais les gens qui travaillaient avec moi me demandaient si j’avais vu que des gens qui, normalement, n’étaient pas très chauds à ce que je faisais, avaient aimé ça. Le Félix Interprète de l’année, c’est vraiment mon plus beau prix. Ç’a été une belle période et c’est à partir de là que j’ai vu que ma recette fonctionnait. J’ai inventé une recette pour moi-même. Je fais ma mise en scène, mon script. Je mets beaucoup d’humour dans mon show. Je dis souvent: si tu ne m’as pas vu en spectacle, tu ne me connais pas vraiment. C’est là que ça se passe. C’est là que je suis le plus à l’aise. »
La nouvelle tournée, qui s’amorce à l’Amphithéâtre Cogeco le 27 août, n’est pas la reproduction de ce qu’était le spectacle Rendez-vous il y a 25 ans.
« Le projet, ce n’est pas recréer l’album Rendez-vous, c’est de recréer l’ambiance Rendez-vous avec mes chansons, des chansons des autres, mais beaucoup plus francophones que mes derniers shows. »
L’album Rendez-vous, tout comme les trois premiers disques de Sylvain lancés dans les années 90, contiennent d’innombrables succès qui ont beaucoup joué à la radio. Choisir lesquels feront partie du nouveau spectacle n’a pas été une tâche facile.
« Il a fallu que je fasse des choix déchirants. Il n’y a pas longtemps, j’ai voulu changer mon setlist pour embarquer deux chansons un peu plus obscures. Ma blonde m’a dit: Sylvain, voyons, tu ne peux pas ne pas faire Comme l’océan! Aussi, j’ai chanté 250 fois dans Notre-Dame-de-Paris, je vais faire un clin d’œil à ça. J’ai fait partie de l’album Hommage à Aznavour, j’ai fait une chanson d’Harmonium. Que je t’aime, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait. Des petits trucs comme ça que je vais ajouter à gauche, à droite. »
Ses musiciens
Le goût de repartir en tournée vient beaucoup de l’envie de retrouver ses quatre musiciens qui sont devenus de véritables amis.
« C’est la même gang depuis quatre tournées. C’est mes chums, on s’appelle, on s’envoie des messages textes à longueur d’année, on fait des rassemblements. Une des raisons pourquoi j’ai encore le goût de continuer à 62 ans, c’est parce que j’aime ça, le côté groupe: être dans une loge, jaser, aller faire un test de son, puis attendre 8 heures moins une avec les papillons qui montent. »
Sylvain Cossette a l’habitude d’acheter de nouveaux instruments quand il débute une nouvelle tournée. Cette fois-ci, il s’est offert une guitare sur mesure fabriquée par une compagnie québécoise, les Guitares Boucher.
« Je ne me suis jamais fait faire une guitare pour moi. J’avais le goût d’avoir une guitare un peu plus petite. J’ai contacté Robin Boucher qui m’en a envoyé une en disant: essaie ça. C’est vraiment comme un autre instrument, avec du bois de très haute qualité. Ça sonne! »
Vivre en Mauricie
Il y a déjà plusieurs années que Sylvain a choisi de revenir vivre en Mauricie avec sa conjointe et partenaire dans la production musicale, Andrée Watters.
« On est sur le bord de la rivière, entre Grand-Mère et Saint-Jean-des-Piles. Je me souviens de la journée où mon frère Jean, qui est décédé aujourd’hui, nous a invités à faire un tour de bateau. Je n’étais pas allé sur la rivière depuis que j’étais jeune, à l’époque de la pitoune. On part en bateau, je commence à regarder ça, puis je capote. J’ai l’impression que je suis en Norvège. J’ai dit à mon frère: il faut que je me trouve une maison ici. »
Le hasard a voulu que Jean soit au courant de la mise en vente imminente d’une maison qu’il a pu aller montrer à Sylvain.
« J’arrive là, sur le terrain, je regarde la rivière, j’ai dit: OK, je fais une offre demain, puis on a acheté. On a vécu un an dans le chalet et après ça on a bâti quelque chose à notre goût. Quand est arrivée la pandémie, on avait notre condo à Montréal, on n’avait pas le goût d’être là-bas. On s’est en venu ici, on regardait la rivière, c’est tranquille, il n’y a pas de pollution. On a pris la décision de rester ici. La qualité de vie est exceptionnelle. »
