S’exprimer par le verre et la lumière

SAINT-TITE.  Il n’a suffi que d’un atelier d’initiation pour que Josée Hardy tombe sous le charme de l’art des vitraux. Aujourd’hui, c’est sous le doux nom de Bulle givrée que la vitrailliste s’exprime par le verre et la lumière.

À l’époque, Josée était maman à la maison et passait beaucoup de temps à coudre ou à peindre sur du bois. C’est pour suivre une amie qu’elle est allée expérimenter la confection de vitraux. S’en suivit un coup de foudre instantané! La semaine suivante, elle sortait les machines à coudre de son atelier et s’équipait pour poursuivre avec le vitrail. “J’avais trouvé ma voie”, lance-t-elle. C’était il y a déjà 22 ans.

“On doit faire un dessin et le mettre en vie, et ça, je trouve ça merveilleux.” Et la couture est complètement sortie de sa vie. “Je n’ai plus du tout envie de coudre! Si je fais autre chose que du vitrail, j’ai l’impression de perdre mon temps. Bref, je n’ai pas vraiment d’autre passe-temps!”, ajoute-t-elle en riant.

Ce n’est toutefois qu’environ sept ans plus tard que Josée Hardy est allée demander du soutien du Centre local de développement (CLD) de Shawinigan pour lancer son entreprise dans le domaine. Le nom de son entreprise, Bulle givrée, est une suite ingénieuse du nom qu’elle arborait lorsqu’elle évoluait dans le monde de la couture avec Poisson-bulle. “Il n’y avait presque personne dans le coin qui faisait du vitrail, alors je me suis lancée! La demande devait être là, parce que je suis encore là”, dit-elle.

Dans son atelier actuel, sur la rue de la Montagne, où une petite boutique est également aménagée, la magie opère. La grande majorité de ses confections sont des demandes sur mesure de ses clients. Elle se déplace même, avec son conjoint, pour installer les vitraux et parfois même pour prendre des mesures. Et la distance n’est pas un problème. Ils se sont même déjà déplacés dans la région de Kamouraska!

Ses œuvres sont inspirées de la légèreté, du mouvement et de la nature. Même si son style a évolué, tout comme ses techniques, elle demeure fidèle à ses inspirations. “Je n’ai pas suivi d’autre cours, alors ce sont des essaie-erreurs quand on fait des créations comme ça. Par exemple, il faut mettre du renfort dans de grandes œuvres, mais je ne le savais pas, je l’ai appris!”, explique-t-elle.

Elle croit se démarquer du lot avec ses propres dessins, plutôt que de copier des designs déjà existants. Aujourd’hui, une fois son dessin couché sur papier, elle sait déjà quel sera le processus de fabrication. Elle voit déjà le produit fini dans sa tête. Il ne reste que le choix des verres à faire : les teintes de couleur, les textures des verres clairs, etc. La vitrailliste explique que le verre choisi pour un vitrail qui sera installé dans une fenêtre devra être conçu avec du verre plus clair que sur une porte d’armoire, étant donné la différence de luminosité. Chaque détail fait la différence!

Elle conçoit des cantonnières, des mobiles, des portes d’armoire, des portes d’entrée. “Une des plus grandes que j’ai réalisées représente le logo de la MRC de Mékinac. Elle est exposée dans leur salle, révèle-t-elle. Elle mesure 6 pieds par 5 pieds et est en forme de demi-lune. Je suis vraiment fière de ça!”, conclut-elle.