Crue printanière: Hydro-Québec est prête

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Par Bernard Lepage
Crue printanière: Hydro-Québec est prête
À l'ouverture des vannes, les eaux contenus par le Barrage Mékinac coulent dans la rivière Mékinac sur une longueur de 26 kilomètres avant d'atteindre la rivière Saint-Maurice, à la hauteur de Saint-Roch-de-Mékinac. (Photo : courtoisie Hydro-Québec)

PRINTEMPS.  Même si le couvert de neige était de 40% supérieur à la moyenne à la mi-mars, il ne faut pas en conclure que la Mauricie sera victime d’une crue printanière historique comme celle survenue en 2017.

Il y a trois semaines, la quantité de neige au sol était à peu près la même que celle à la même date en 2016 et 2017. Si la crue de 2017 avait causé beaucoup de dégâts, celle de l’année précédente était passée comme une lettre à la poste. «La quantité de neige correspond à environ 40 à 45% du volume d’eau qu’on va recevoir», explique Mylène Blais Poulin, gestionnaire hydrique chez Hydro-Québec.

Des épisodes de précipitations et/ou de chaleurs prolongées vont faire en sorte que le débit de la rivière augmentera plus rapidement et conséquemment, présenter des risques de causer plus de dommages. «Si le couvert de neige part en un mois ou en trois mois, ça ne génèrera pas le même débit dans la rivière», précise Donald Olivier, Responsable des aménagements hydroélectriques sur la Saint-Maurice pour Hydro-Québec.

Celui-ci explique de plus qu’Hydro-Québec ne contrôle avec ses barrages que 40% du bassin versant de la rivière Saint-Maurice, le reste va s’écouler selon un principe physique et élémentaire qui consiste à ce que tout ce qui entre doit ressortir. «On ne peut retenir l’eau que dans nos réservoirs Gouin, Manouane, Mattawin et Mékinac. Ce qui n’est pas le cas dans nos 10 centrales au fil de l’eau construite sur la Saint-Maurice.»

M. Olivier souligne que la gestion du barrage Mékinac, érigé à l’embouchure du lac Mékinac à Trois-Rives, est un point sensible lors des crues printanières. «Le pont au centre du village est une contrainte. Notre barrage pourrait laisser passer beaucoup d’eau de façon sécuritaire mais à 150 mètres cubes/seconde, l’eau frapperait le pont et on générerait des inondations.»

Inauguré en 2011, le barrage Mékinac a remplacé l’ancien construit en 1971 et qui était fait de caissons de bois. D’une longueur de 122 mètres (contre 80 pour le précédent), ce barrage a créé un réservoir d’une capacité de retenu de plus de 95 millions de mètres cubes.

Des données remontant à 1918

De la mi-décembre jusqu’à la fin mars, Hydro-Québec se prépare à la crue printanière en abaissant jusqu’à un seul minimum ses quatre réservoirs. Le réservoir Gouin par exemple est ramené jusqu’à 60% de sa capacité en prévision de l’arrivée du printemps.

Si la mémoire populaire veut que l’année 2017 fût exceptionnelle avec son débit de 3700 mètres cubes/seconde, le gestionnaire Martin Hallé rappelle que nous étions encore loin de la crue record de 1974 où le débit de la rivière Saint-Maurice a été enregistré à 5140 mètres cubes/seconde à sa pointe maximale.

Donald Olivier souligne qu’Hydro-Québec peut compter sur des données statistiques vieilles de 100 ans, remontant à la construction du réservoir Gouin en 1918, pour comprendre le fonctionnement du bassin versant de la rivière Saint-Maurice. «C’est la seule rivière au Québec avec autant d’aménagements hydroélectriques. C’est un système assez complexe et exigeant à gérer», conclut l’ancien directeur de la centrale nucléaire Gentilly-2.

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