Coup d’oeil sur d’étranges (et moins étranges) remèdes de grand-mère

Par marie_eve_alarie
Coup d’oeil sur d’étranges (et moins étranges) remèdes de grand-mère
Mia Dansereau-Ligtenberg fait paraître le livre « Les remèdes de grand-mère au Québec » aux éditions Marchands de feuilles. (Photo : (Photo Pier-Olivier Gagnon))

Il y a toujours eu un peu de remèdes de -grand-mère dans la vie de Mia Dansereau-Ligtenberg : les quelques plantes que sa mère utilisait pour la soigner à la maison, les tisanes de miel et de citron quand elle avait mal à la gorge, le petit baume mis sur le bobo, la petite tisane à la camomille pour relaxer. Cet intérêt a finalement pris la forme d’un livre tout simplement intitulé Les remèdes de grand-mère au Québec.

 » Ça faisait partie de ma culture familiale d’utiliser des plantes par-ci et par-là pour soigner de petits bobos, mais c’est au secondaire et au cégep que j’ai réellement commencé à m’intéresser à la médecine par les plantes « , raconte Mia Dansereau-Ligtenberg.

À un point tel qu’elle y a consacré sa thèse de maîtrise en histoire. Le livre en est d’ailleurs fortement inspiré, de sorte que le lecteur y découvrira des segments sur les sorcières, médecins et charlatans, ainsi que la médecine populaire.

Si certains des remèdes de -grand-mère mentionnés semblent plus communs, des classiques tranches de concombres pour apaiser les yeux fatigués à la pomme de terre coupée pour apaiser les démangeaisons causées par des piqûres de moustiques, d’autres s’avèrent plus loufoques. Pensons au vin de pissenlit ou aux rognons de castor… !

D’ailleurs, les rognons de castor étaient considérés efficaces pour soulager de nombre maux : une affection de la gorge lorsqu’ils sont jumelés à du gin et des morceaux de gomme d’épinette, l’épilepsie, la goutte, le mal de dents, la surdité, la tuberculose, la colique, l’insomnie… !

Évidemment, plusieurs remèdes de grand-mère sont à prendre avec des pincettes.

« Il y en a un qui m’a vraiment donné un haut-le-cœur. C’est un tonique pour les poumons fait avec des œufs dont on perce la coquille et qu’on laisse mariner deux jours dans du jus de citron. Ensuite, il faut piler ça et ajouter du cognac, de l’huile de foie de morue et du miel et il était indiqué d’en ingérer quelques fois par jour. Ça ne donne pas le goût d’être malade ! » raconte celle qui admet avoir un faible pour le calendula, une plante aux propriétés cicatrisantes fort utile lorsque transformée en baume. « Ça aide à guérir toutes sortes de bobos. Avec ma fille de deux ans, on l’utilise beaucoup. »

Mais au-delà de la simple présentation de remèdes de grand-mère, le livre permet aussi une incursion dans la  » petite histoire  » du 20e siècle, celle du quotidien à la maison. « Ce qui se faisait dans le domaine privé est souvent invisibilisé dans les études ou dans la grande histoire. C’est l’occasion de mettre ça en lumière », note Mia -Dansereau-Ligtenberg.

Cette  » petite histoire « , c’est aussi la débrouillardise des femmes. C’est la façon dont elles arrivaient à s’organiser, se transmettre un savoir, faire des recherches en lisant la presse et les -Almanachs du peuple et collecter ces savoirs pour soigner leur famille à une époque où l’accès à un médecin était difficile et où la maladie frappait énormément.

 » -Après la Seconde -Guerre mondiale, le système de santé scientifique est devenu gratuit et accessible à tous et toutes. Ça a vraiment éclipsé ce qui se faisait à la maison avec les moyens du bord. Avec l’accessibilité de la médecine moderne, on pouvait aller voir un médecin. Ça coïncidait avec un grand vent de modernité dans plein de domaines. En contrepartie, les remèdes de -grand-mère n’avaient pas une image moderne, raconte l’autrice. Depuis, c’est peu abordé du côté médical. Quand on en entend parler, c’est surtout abordé de façon négative. Par exemple, qu’il y a eu tel procès contre une personne qui utilisait des plantes pour guérir quelqu’un. « 

Mia Dansereau-Ligtenberg voit ce livre comme un outil de vulgarisation sur ce qui se faisait avant et une façon de comprendre ce que sont les remèdes de grand-mère.

 » C’est aussi une façon de remettre de l’avant le savoir et la débrouillardise chez les femmes de l’époque quand aller chez le médecin était peu accessible et coûtait très cher. Ça devenait impossible pour un budget familial. Ça met en lumière tout ce travail des femmes au sein de leur famille pour garder leurs proches en santé malgré tout ce qui pouvait arriver « , conclut l’agricultrice biologique et entrepreneure de la -Mauricie.

L’ouvrage est joliment agrémenté par les illustrations de la Trifluvienne Mathilde Cinq-Mars. Le livre Les remèdes de grand-mère au Québec est en vente dans les librairies.

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