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Biathlon Mauricie à Mont-Carmel: ça sent la fin

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Par Bernard Lepage
Biathlon Mauricie à Mont-Carmel: ça sent la fin
La semaine dernière, Sylvie Pronovost avisait la Défense nationale et la Commission scolaire de l'Énergie que pour la saison 2019-2020, Biathlon Mauricie était à la recherche d'un nouveau site. (Photo : courtoisie)

SPORT. L’avenir de Biathlon Mauricie à Notre-Dame-du-Mont-Carmel est plus que jamais compromis devant la réticence du propriétaire à vendre le site.

Désireux d’obtenir les titres de propriété afin de pouvoir se développer à son plein potentiel, l’organisme sans but lucratif a déposé il y a quelques mois une offre d’achat de 800 000$ pour acquérir l’ancienne station de ski, soit le prix de l’évaluation municipale.

«L’offre a été refusée, explique Sylvie Pronovost, présidente et fondatrice de Biathlon Mauricie.  On est revenu en doublant la mise, mais le propriétaire demandait alors 3 millions$. Et aujourd’hui, il ne semble plus intéressé à vendre.»

Sylvie Pronovost soupçonne que la présence d’une sablière appartenant à Ciment Québec, sur un lot contigu à l’ancienne station de ski, n’est pas étrangère à cette volte-face. «Cela exerce une pression sur le prix car la montagne est composée de sable d’une qualité exceptionnelle.»

Fait à noter, Ciment Québec possédait un autre lot limitrophe, constitué par un peuplement d’érables à sucre, mais devant le refus de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) d’y permettre l’exploitation d’une sablière, l’entreprise l’a vendu à une compagnie à numéro apparentée… à Ciment Québec.

Détenue depuis 2008 par la famille Lemay-Bourgoing, aussi propriétaire de la firme Enfoui-Bec à Bécancour, l’ancienne station de ski, qui avait cessé ses opérations en 2012, est occupée par Biathlon Mauricie depuis 2014. «Nous avions signé un bail de 5 ans qui est arrivé à terme l’année dernière», poursuit Sylvie Pronovost. «Là, nous étions rendus à le renouveler, mais nous voulions devenir propriétaire car les institutions financières exigent ça pour te prêter.»

Résolution de la municipalité

Au fait des craintes de Biathlon Mauricie,  les élus de Notre-Dame-du-Mont-Carmel adoptaient en janvier 2019 une résolution affirmant que «le conseil municipal actuellement en fonction n’a aucune intention d’autoriser de nouvelles sablières, autres que celles déjà autorisées par le règlement de zonage en vigueur ou celles possédant des droits acquis, en périphérie et sur les lots 3 349 079, 3 349 368 et 3 674 837 du cadastre du  Québec.», soit les lots correspondant à l’ancienne station de ski.

Sylvie Pronovost se réjouit de la résolution, mais note aussi qu’elle n’engage que l’administration actuelle. «Un autre conseil pourrait prendre une autre direction», craint-elle.

Biathlon Mauricie a connu un essor exceptionnel depuis sa première saison il y a cinq ans. Après la fermeture en 2012 du Centre d’instruction des cadets de la Marine au Mont-Bénilde à Bécancour, la Défense nationale a confié ses recrues à l’équipe de Sylvie Pronovost. Puis il y a eu la fermeture du champ de tir de Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal, en 2016.  «L’an dernier, c’est à Mont-Carmel que les cadets de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de Lanaudière et de la région métropolitaine de Montréal venaient pratiquer le biathlon.» L’organisme a aussi établi des partenariats avec la Commission scolaire de l’Énergie et environ 2000 élèves sont venus s’initier à la discipline depuis cinq ans.

Shawinigan ou Trois-Rivières?

Jusqu’à récemment, Sylvie Pronovost entretenait des idées de grandeurs pour le site de Mont-Carmel qui comprend 16 km de piste de skate skiing: faire passer le nombre de cibles de 15 à 30, aménager une salle de tir intérieur, asphalter une piste de 600 mètres pour le biathlon d’été, investir dans l’hébergement, etc. «J’y crois encore beaucoup à ce projet-là, mais actuellement, je mène un combat qui est bien loin du biathlon», regrette-t-elle.

Pressentant que l’aventure dans l’ancienne station de ski tire à sa fin, elle a récemment repéré des sites intéressants à Shawinigan et Trois-Rivières, tous deux situés près de la rivière Saint-Maurice. «On ne repartira pas à neuf. On n’avait rien il y a cinq ans, mais depuis, on a monté une solide équipe de bénévoles, formé des entraîneurs compétents et acquis des équipements», termine-t-elle.

 

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