Baux de villégiature: les locataires reviennent à la charge

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Par Bernard Lepage
Baux de villégiature: les locataires reviennent à la charge
Situé sur les rives du lac Missionnaire, le chalet de Jonathan Pothier est évalué à 66 000$ par la MRC de Mékinac alors que la valeur moyenne des propriétés, chez ceux qui ont acquis leur terrain, oscille entre 175 000$ et 200 000$. (Photo : courtoisie)

FORÊT. Bien que satisfait de la décision du gouvernement Legault de limiter la hausse des baux de villégiature à l’inflation, les locataires reviennent à la charge en demandant maintenant de rétablir la possibilité d’acheter un terrain là où un historique de vente existait.   

Détenteur d’un bail sur un terrain au lac Missionnaire, près de Trois-Rives, Jonathan Pothier a lancé ces derniers jours une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, avec l’appui de la députée de Laviolette – Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

Sur 117 lots de ce secteur qui était autrefois du domaine public, seulement six sont en location, tous les autres ayant été acquis au cours des trente dernières années par les villégiateurs qui les louaient. Une situation qui se répète aussi au lac Mékinac et au lac Jésuite, aussi dans la MRC de Mékinac.

La pétition lancée par le jeune homme vise à renverser le décret imposé sans avertissement en janvier 2016 par le ministre libéral de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, interdisant à un locataire d’acheter le terrain qui lui était alloué.

«C’est une injustice», déclare Jonathan Pothier qui paie annuellement un loyer de 2070$ pour profiter de son terrain. Comme tous les autres dans sa situation, il n’ose pas investir des sommes importantes dans l’amélioration de sa propriété. Compte tenu du montant du loyer en jeu, plusieurs locataires qui voudraient  »vendre » leur bail se retrouvent sans acheteur.

Des terrains qui ne trouvent pas preneur

«L’an dernier, il y a des terrains au lac Mékinac et près de la rivière Saint-Maurice qui étaient disponibles pour les tirages au sort. Ils ne l’ont pas été parce que personne n’en a voulu. Le prix de location est trop élevé», dénonce-t-il.

Il faut savoir qu’au Québec, c’est sur le territoire de la MRC de Mékinac que l’augmentation des baux a été le plus spectaculaire. «Une hausse de 530%. À Chicoutimi, ils vont payer 1200$ pour le même terrain. À Mont-Tremblant, c’est le tiers de ce que ça coûte ici dans la MRC», note Pierre Hébert.

Bien qu’il soit aujourd’hui propriétaire de son terrain, cet administrateur de l’Association des propriétaires riverains du lac Missionnaire donne un coup de main à Jonathan Pothier dans sa croisade.

La pétition demande également au gouvernement de prendre en considération l’aspect limitrophe entre les pôles pour déterminer les prix de location. «Une petite section du lac Mékinac se retrouve dans le pôle La Tuque. Le gars là-bas paie un loyer de 700$ par année tandis que son voisin à moins d’un kilomètre, qui est dans le pôle de Sainte-Thècle, a un bail de 2740$ pour un terrain de même dimension.»

Il préfère renoncer au chalet

Pierre Hébert relève aussi la difficulté de refiler ces baux dispendieux. «Il y a un monsieur qui est mort subitement l’année dernière et qui avait un chalet évalué à 90 000$ sur un terrain en location. Son fils n’a pas été capable de le vendre et il a préféré refuser la succession plutôt que de prendre en charge le bail et la petite hypothèque qui restait à liquider. Le bâtiment est aujourd’hui entre les mains de la caisse.»

Dans un autre cas, un propriétaire, vivant désormais en résidence, a cherché à vendre sans succès son chalet rustique en bois ronds. «Il n’avait plus les moyens de payer le loyer et quand il a décidé de ne pas renouveler son bail. Il a été obligé de faire détruire le chalet à ses frais parce qu’il fallait qu’il remette le terrain dans son état original. Toutes ses économies y ont passé», déplore Pierre Hébert.

Pour signer la pétition: www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-8031/index.html

 

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Pierre Tremblay
Pierre Tremblay
1 année

Bonjour, Je suis au Lac Kénogami à 15 km de Chicoutimi. Mes coûts de location de terrain TPI, géré par Ville Saguenay ( Le MERN a délégué en 2003 la gestion des terres publiques au Lac Kénogami) sont de 3 800 $ par année. Une situation que nous dénonçons depuis plusieurs années mais qui continue sans que les autorités provinciales et municipales arrivent à régler. C’est grandement déplorable. Une extorsion d’état pur et simple.