Une activité de réseautage qui ne laisse personne indifférent
La Chambre de commerce de Mékinac (CCM) invite ses membres à une rencontre de réseautage pour le Projet Mauricie de TES Canada, advenant le cas où celui-ci irait de l’avant. Ce salon de la sous-traitance suscite un “engouement monstre” auprès de la communauté d’affaires de Mékinac, mais génère également des critiques sur les réseaux sociaux.
Le Rendez-vous d’affaires avec TES Canada, organisé en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, se tient vendredi. La directrice de la Chambre de commerce de Mékinac, Geneviève Morin, travaille pour que les gens d’affaires de la région tirent leur épingle du jeu si jamais le projet se concrétise.
“C’est exactement ça notre rôle. On n’est pas dans la prise de position avec cet événement-là, pas du tout, mais notre rôle, c’est de mettre en contact les ECI, les Early Contractor Involvement, avec nos entrepreneurs locaux. C’est la seule chose qu’on tente de faire dans ces rencontres-là. Les gens qui vont monter des carnets d’adresses, ils vont dire, un tel a une pelle, voici combien on a besoin de béton, c’est quoi les échéanciers, pour que les entreprises puissent se préparer si le projet va de l’avant.”
Quatre entreprises ont été choisies pour aider le promoteur à identifier les différentes occasions du projet. Sur place, les rencontres se feront avec Pomerleau, Arno, Borea Construction et Gastier.
“C’est eux les ECI qui montent le projet. Après, ils vont dire à TES, voici comment nous on ferait toute la mise en place du projet. Ce n’est pas nécessairement eux qui ont le contrat, c’est trop tôt de toute façon, mais ils ont le contrat de monter ça.”
Les rencontres, d’une durée de 15 minutes, se succéderont rapidement. Sur la cinquantaine d’entreprises participantes, une vingtaine proviennent de Mékinac.
“On a eu tellement d’engouement: on a doublé nos plages horaires. Il y a un engouement monstre. Pour les gens, c’est une opportunité en or. Sur les réseaux sociaux, on se fait critiquer, mais je peux confirmer qu’à l’interne, les entreprises sont réellement contentes de ce travail-là que j’effectue dans Mékinac. Les mettre en contact avec un Pomerleau de ce monde, c’est immense.”

La directrice de la Chambre de commerce de Mékinac, Geneviève Morin.
Mme Morin convient que la CCM se retrouve ainsi entre l’arbre et l’écorce, entre les critiques des citoyens qui se sont prononcé contre le projet et les gens d’affaires qui peuvent y voir des opportunités.
“Sur les réseaux sociaux, on est quand même victime d’intimidation et de harcèlement, même si ce n’est pas notre volet, la promotion du projet, vraiment pas. Je peux faire un parallèle. Admettons qu’il y a un producteur de boeuf haché et qu’il y a un restaurant qui fait des hamburgers. Moi, ma job, ce n’est pas de défendre la cruauté animale, c’est de les mettre en contact, ces deux-là, peu importe mon opinion et ce qui se passe autour. Il y a de la business à faire et mon rôle c’est de les mettre en contact.”
Sondage en prévision du BAPE
Parallèlement, la CCM sonde les entreprises de la MRC par rapport au projet de TES pour dresser un portrait économique précis du territoire afin d’intervenir au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
“On entend beaucoup de choses qui circulent par rapport à: ”on a dit non”, mais les entreprises, elles n’ont pas été consultées officiellement, ce sont les citoyens par quelques référendums, par les élections. Donc, c’est pour prendre le pouls du terrain, pour avoir les angles morts par rapport au projet, positifs ou négatifs, que les entreprises pourraient avoir. Ce qu’on pose comme question, c’est: êtes-vous favorable, neutre, ça ne m’intéresse pas, je manque d’information. Il y a quand même beaucoup de nuances. Ensuite: pensez-vous que le projet peut avoir un impact positif, un impact négatif, aucun impact ou je ne sais pas, et encore là, on demande quels impacts.”
Les entreprises du territoire n’ont pas à être membre de la Chambre de commerce pour participer à cette consultation.
“Il y a à peu près 600 entreprises dans Mékinac. Si 500 sont complètement indifférentes au projet, ça veut aussi dire quelque chose. C’est vraiment pour sortir des faits, faire peut-être des liens avec les secteurs économiques, leur positionnement, les impacts qu’ils ont, les enjeux, les craintes. On n’en parle pas beaucoup, mais les gens qui sont pour le projet ont très peu parlé parce qu’ils ont peur d’être intimidés, ils ont peur de se faire harceler, ils ont peur à leur clientèle. C’est quelque chose qui ressort beaucoup dans le sondage présentement.”
Le lien pour remplir le sondage se trouve sur la page Facebook de la Chambre de commerce de Mékinac.
