Un été sous les étoiles en Mauricie
Pluie d’étoiles filantes, Saturne bien visible, constellations et longues soirées sous les étoiles : l’été 2026 réserve plusieurs occasions de découvrir le ciel mauricien, même sans être astronome expérimenté.
Selon Roxanne Rioux, secrétaire et agente de communication du Club d’astronomie Jupiter de Trois-Rivières, la saison sera particulièrement intéressante pour les observateurs, notamment grâce à la présence bien visible de Saturne.
“Dans les télescopes, ce qu’on voit vraiment bien en général, c’est Jupiter, Saturne et la Lune, explique-t-elle. Cet été, ça va surtout être Saturne parce qu’elle sera mieux placée.” Cette dernière sera observable de plus en plus tôt au fil des semaines : autour d’une heure du matin en juillet, vers 23 h en août, puis dès 21 h en septembre.
Même sans télescope, plusieurs phénomènes restent accessibles. La pluie de météores des Perséides, dont le pic est attendu dans la nuit du 12 au 13 août, demeure l’un des grands classiques de l’été astronomique. “Les étoiles filantes, c’est mieux à l’œil nu, rappelle Mme Rioux. Dans un télescope, on peut facilement les manquer.”
La Lune, Jupiter et Saturne peuvent aussi être repérées sans équipement sophistiqué. Les jumelles constituent souvent une première étape intéressante pour les débutants. “On peut déjà voir beaucoup de choses avec des jumelles bien stabilisées sur un trépied”, souligne-t-elle.
Au-delà des planètes, le ciel estival possède ses propres repères. Parmi eux figure le célèbre triangle d’été, formé par trois étoiles brillantes : Vega, Deneb et Altaïr, associées aux constellations de la Lyre, du Cygne et de l’Aigle. “Quand il fait vraiment noir, on le voit très bien au-dessus de nous”, indique Roxanne Rioux.
La Grande Ourse reste également facile à repérer, tandis que la constellation du Sagittaire peut servir de guide pour trouver la Voie lactée dans un ciel suffisamment sombre.
Pour ceux qui ne savent pas où regarder, la technologie simplifie désormais les choses. Des applications comme Stellarium permettent d’identifier planètes et constellations en pointant simplement un téléphone vers le ciel.
La quête du ciel noir
L’endroit choisi influence souvent davantage l’expérience que l’équipement lui-même. La pollution lumineuse demeure l’un des principaux obstacles à l’observation du ciel nocturne. Lampadaires, enseignes commerciales et halos urbains réduisent la noirceur du ciel et effacent progressivement les étoiles les plus discrètes.
Pour mesurer cette qualité d’observation, les astronomes utilisent l’échelle de Bortle qui classe le ciel de 1 à 9. Un ciel coté 1 correspond à une obscurité presque parfaite, rare et éloignée des grands centres, alors qu’un ciel de niveau 9 représente un centre-ville fortement éclairé. “À Trois-Rivières, on peut quand même très bien voir la Lune et les planètes, précise Roxanne Rioux. Mais pour les galaxies ou certaines constellations, un ciel plus noir fait une grande différence.”
Selon elle, un ciel urbain se situe généralement autour de 7 sur l’échelle de Bortle, ce qui blanchit le ciel et limite la visibilité des étoiles plus faibles. Les objets brillants comme la Lune, Jupiter ou Saturne demeurent toutefois facilement observables, même en ville.
Pour les phénomènes plus subtils, comme les nébuleuses, les amas stellaires ou l’observation optimale des Perséides, les passionnés recherchent des endroits moins touchés par l’éclairage artificiel. Le parc de la rivière Batiscan figure parmi les lieux appréciés des astronomes amateurs de la région. Son ciel, évalué entre 4 et 5 sur l’échelle de Bortle, offre une obscurité nettement plus favorable à l’observation.
Un télescope à emprunter
Depuis mai, les bibliothèques de Trois-Rivières offrent le programme Biblioscope qui permet aux abonnés d’emprunter gratuitement des télescopes de modèle Zhumell Z114. Déjà implantée dans plusieurs municipalités québécoises, cette initiative vise à rendre l’astronomie plus accessible aux curieux de tous âges.
Chaque ensemble comprend un oculaire, un adaptateur pour téléphone intelligent ainsi qu’un guide d’utilisation simplifié afin de faciliter les premières observations. Une vidéo explicative est également accessible en ligne pour accompagner les utilisateurs dans la prise en main de l’appareil. Le modèle choisi est reconnu pour sa robustesse et sa simplicité d’utilisation, permettant notamment d’observer les cratères de la Lune ou encore les anneaux de Saturne.
