Trop jeunes pour voter, mais pas pour s’impliquer aux élections

ÉLECTIONS. Le scrutin du 5 octobre prochain sera les deuxièmes élections provinciales où des jeunes de 16 et 17 ans peuvent travailler au sein des bureaux de vote. Si participer au processus démocratique sans jouir du droit de vote peut sembler étonnant, c’est une tout autre réalité que remarque sur le terrain Guy-Luc Beaupré, directeur du scrutin pour la circonscription de Laviolette-Saint-Maurice.

Par Émile Héroux / eheroux@icimedias.ca

« Contrairement à ce qu’on pourrait penser, que les jeunes ne s’intéressent pas à la chose électorale et politique, je pense que c’est le contraire. Ils ont vraiment de l’intérêt », souligne celui qui est responsable du processus électoral à Shawinigan et dans la haute Mauricie.

Au moment de l’entrevue, à un peu plus d’une semaine du grand jour, Guy-Luc Beaupré se dit plus que satisfait du recrutement auprès des jeunes. Son objectif d’embaucher 80 employés de 16 et 17 ans, jugé « ambitieux » par certains collègues, a été passablement dépassé.

Ce sont plus de 90 jeunes qui occuperont une panoplie de rôles – scrutateur, secrétaire ou encore préposé à l’accueil – dans un peu moins d’une dizaine de lieux de vote de Shawinigan.

« La circonscription de Laviolette-Saint-Maurice est associée avec les circonscriptions du Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi, parce que c’est un grand territoire. La plupart de mes confrères sont autour de 30 ou 40, certains ont 50 jeunes, mais personne n’atteint les 90 jeunes », explique Guy-Luc Beaupré.

Dans le rôle qu’ils occupent autant que dans les formations qu’ils suivent, le directeur du scrutin fait part de la discipline de ces travailleurs étudiants.

« Ils ont beaucoup de rigueur, les jeunes, ce sont vraiment de bons employés. Mes superviseurs reviennent tous en disant que les meilleurs dans la salle, c’étaient les jeunes. »

Choisir de travailler aux élections peut autant être vu comme un emploi étudiant que comme une façon de s’impliquer pour la démocratie, selon Guy-Luc Beaupré. Mais également, rappelle-t-il, comme ce sera congé pour eux le 5 octobre, ils pourront gagner le temps d’une journée un « intéressant » salaire. 

Oui, l’attrait financier en est pour quelque chose, affirme le directeur du scrutin, mais ce dernier assure que les jeunes s’intéressent aussi de plus en plus à l’actualité politique et qu’ils voient cette expérience comme une forme d’implication citoyenne.

Contrairement aux élections précédentes, cette année, une personne de l’équipe du bureau de scrutin était affectée spécifiquement au recrutement des jeunes, mais également à prendre contact avec des institutions d’enseignement.

« En mai, juin, juillet, on est très actifs à préparer l’élection, mais les jeunes sont en vacances. Notre délai était très court. Donc, dès que les jeunes sont rentrés à l’école, il fallait qu’on les sollicite et c’est ce qu’on a fait », explique Guy-Luc Beaupré.

Comment s’y prendre maintenant pour les rejoindre, ces étudiants ? « C’est un défi », répond-il d’emblée. « On est allé dans toutes les écoles secondaires à Shawinigan, même aux écoles privées. On a fait des kiosques et, pour les écoles qui nous l’ont permis, on est allé dans les classes pour faire un pitch de vente, si on peut appeler ça comme ça. »

Selon Guy-Luc Beaupré, il s’agit surtout pour ces jeunes d’une expérience qui marque les esprits, puisque la plupart d’entre eux reviennent à l’élection suivante. Avec ces 90 élèves, le directeur du scrutin espère que cette vague d’engagement se maintiendra dans les prochaines années.

« À 90, ça va être un heureux problème à la prochaine élection (rires). Mais peut-être qu’un jour, la moyenne d’âge des travailleurs électoraux sera en bas de 30 ans », conclut-il sur une note d’humour.