TGV : l’UPA Mauricie s’y oppose en zone agricole
RÉGION. La fédération régionale refuse toute implantation du projet Québec-Toronto sur des terres cultivables et critique les changements proposés au régime d’expropriation.
Réunis en conseil d’administration la semaine dernière, les administrateurs de la Fédération de l’UPA de la Mauricie ont adopté une position claire concernant le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto porté par Alto : l’organisation s’oppose à toute implantation en zone agricole sur le territoire mauricien.
L’UPA Mauricie précise ne pas être opposée au développement d’un train à grande vitesse, mais refuse que sa réalisation entraîne une perte de superficies productives. Elle rappelle que le territoire agricole constitue un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, l’économie régionale et l’occupation du territoire, et que sa protection doit demeurer prioritaire.
Selon l’organisation, les terres agricoles font déjà l’objet de nombreuses pressions liées à des projets d’infrastructures, dont le parc éolien de TES Canada et le projet de renforcement du réseau de transport d’électricité à 735 kV dans l’axe Vallée-du-Saint-Laurent. En Mauricie, près d’une centaine de demandes d’usage non agricole sont traitées annuellement par la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Pour la seule année 2024-2025, environ 75 hectares auraient été retranchés de la zone agricole, des pertes qui, selon l’UPA, ont des effets cumulatifs sur la viabilité des entreprises.
Malgré son opposition, l’organisation indique qu’elle poursuivra sa participation aux discussions afin de faire valoir les impacts potentiels pour les fermes de la région. “Il est essentiel que nous soyons présents aux tables de discussion pour porter la voix des producteurs agricoles. Nous avons la responsabilité de rappeler l’importance de préserver l’intégrité de nos terres et de documenter concrètement les impacts qu’un tel projet pourrait avoir sur les entreprises agricoles”, affirme Martin Marcouiller, président de l’UPA Mauricie.
L’UPA Mauricie se dit également préoccupée par le projet de loi fédéral C-15, qui prévoit des modifications au cadre applicable à certaines infrastructures d’intérêt national, dont le TGV. Selon l’organisation, les changements proposés au régime d’expropriation, visant à simplifier et accélérer les procédures, pourraient réduire certaines garanties offertes aux propriétaires fonciers, notamment quant aux étapes préalables et aux possibilités de recours. Elle estime qu’aucun projet ne devrait bénéficier d’un traitement affaiblissant la protection du territoire agricole et les droits des producteurs.
Rappelons que la Fédération de l’UPA de la Mauricie représente environ 1 000 fermes exploitées par quelque 1 500 producteurs agricoles et forestiers et qu’elle a pour mission de rassembler ses membres afin de promouvoir et défendre leurs intérêts professionnels, économiques, sociaux et environnementaux. (F.D.)
