Martine Ouellet rencontre les préfets des MRC de Mékinac et des Chenaux

SAINT-NARCISSE. Même si la campagne électorale n’est pas encore officiellement lancée, la cheffe de Climat Québec, Martine Ouellet, qui posera sa candidature comme députée de Champlain, a rencontré la préfète de la MRC de Mékinac, Caroline Clément, et le préfet de la MRC des Chenaux, Guy Veillette, vendredi. La candidate émet des critiques sur la façon dont les préfets gèrent le dossier TES Canada.

Différents enjeux ont été abordés au cours de la rencontre d’une heure et demie, mais le Projet Mauricie de TES a occupé la moitié du temps des discussions.

“On a eu des échanges très conviviaux, constructifs sur un ensemble de sujets, explique Mme Ouellet, mais c’est sûr qu’on a discuté du dossier de TES Canada et de la proposition de TES sur le ponceau de Saint-Narcisse et aux deux MRC de faire la liste des infrastructures que les municipalités voudraient voir réparer, comme si M. Gauthier était le père Noël. On a discuté aussi de toutes sortes d’autres dossiers sur lesquels on était pas mal sur la même longueur d’onde, contrairement au dossier de TES.”

Mme Ouellet estime que les deux MRC ne vont pas assez loin dans leur opposition au projet.

“Le pouvoir citoyen est plus fort que l’argent. Les communautés locales ont un pouvoir exceptionnel et je disais aux deux préfets: exercez votre pouvoir, vous en avez un pouvoir, pourquoi vous ne l’exercez pas? Parce qu’ils ont l’air de vouloir se tenir dans une position ”nous, on ne se positionne pas”. Cette neutralité-là, c’est une porte ouverte au lobby de TES Canada. Ils peuvent prendre position, ils ont le pouvoir. Dans les compétences municipales, le pouvoir appartient aux municipalités sur les énergies renouvelables, que ce soit l’éolien ou le solaire, et même s’ils ont de la pression de certains fonctionnaires qui essaient de favoriser le parti au pouvoir, ils ne sont pas obligés de les écouter. Le boss de la municipalité, ce sont les citoyens. Le ministère des Affaires municipales n’est pas au-dessus de la municipalité. Ils ont le leadership, ils ont ce pouvoir-là, donc je suis assez surprise d’entendre qu’ils  refusent de l’utiliser et sur d’autres dossiers, ils demandent que le gouvernement arrête de les infantiliser et des instrumentaliser, mais justement, ils ont la capacité de prendre position et c’est à eux d’assumer leur leadership et d’exercer le pouvoir qu’ils ont entre les mains.”

Le préfet de la MRC des Chenaux et maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, affiche une position plus nuancée sur le sujet.

“À partir du moment où on consulte des aviseurs légaux et qu’on nous suggère des positions, je pense qu’il faut faire preuve de prudence. C’est facile d’affirmer que c’est important d’avoir du leadership et de se tenir debout, mais en même temps, nous, les municipalités, on est créé en vertu de la loi sur les compétences municipales et on est quand même sous la juridiction du gouvernement du Québec. Je pense que notre pouvoir d’action est limité. Peut-être qu’il y a des pouvoirs qu’on utilise mal ou qu’on connaît mal, mais on fait preuve de prudence dans la gestion de ce dossier-là. Ça ne va peut-être pas au goût de certaines personnes, mais pour moi, c’est très correct ce qu’on fait actuellement.”

“Mme Ouellet s’est assez ouvertement prononcée dès le début sur ce projet-là, indique la préfète de la MRC de Mékinac et mairesse de Grandes-Piles, Caroline Clément. On a échangé au sujet de TES. Je lui ai parlé des référendums, du sondage qui avait eu lieu, qu’on avait toujours dit qu’on se positionnerait du côté de la population et que c’est la ligne directrice que j’allais poursuivre.”

La cheffe de Climat Québec reproche à la MRC de Mékinac de ne pas résilier l’entente de retombées économiques conclue avec TES l’an dernier maintenant qu’elle a adopté des résolutions pour réitérer son opposition au projet.

“Pensez-vous qu’une résolution, ça fait une différence?, demande Mme Ouellet. Ça ne l’empêche pas, le projet. Il faut aller plus loin que ça. Tant qu’il n’y a pas de réglementation qui fait en sorte que le projet ne peut pas se réaliser, TES va continuer son lobbying et ça étire la sauce, ça divise les gens du territoire, ça fait un climat très toxique dans la région. Du côté de Mékinac, comment ça se fait que, s’ils sont contre le projet, pourquoi ils ne résilient pas l’entente de retombées économiques? Je ne comprends pas. C’est incohérent. Si tu es contre le projet, tu fais les autres étapes qui sont de réglementer, de résilier l’entente. C’est ça qu’il faut faire.”

Autres enjeux régionaux

Lors des rencontres avec les candidats des différents partis, les élus municipaux abordent des préoccupations locales et la réalité des gestionnaires municipaux.

“On a eu l’occasion d’exprimer les besoins de nos communautés, les dossiers sur lesquels on souhaiterait qu’il y ait de l’action, mentionne M. Veillette. On a parlé de la lourdeur des redditions comptes, du travail en silo des ministères, de la longueur de traitement de certains types de dossiers qui émanent du ministère des Transports.”

“On a parlé des infrastructures en eau, des fameux programmes de subvention associés, souligne Mme Clément. C’est tout le temps un peu difficile de rentrer dans un temps donné pour déposer des demandes de financement à Québec quand ce n’est pas nécessairement notre priorité du moment. Des fois, il faut tasser des priorités parce qu’on a tout le temps besoin d’investir quand même 5, 10 ou 20 % de la facture finale, mais des fois, notre priorité de l’année, ce n’était pas nécessairement celle où il y a un programme qui ouvre tout d’un coup. Il faut déposer si on veut avoir des sous.”

“Il faut qu’il y ait un niveau de prévisibilité dans les sommes qu’on peut gérer, ajoute M. Veillette. Il y a une multiplication de programmes, il faut se concentrer à avoir des mécanismes qui sont simples, qui vont nous aider à mieux gérer le quotidien.”