Les entreprises d’économie sociale et circulaire tiennent leur premier rassemblement à Nicolet

Fondé en février 2025, le Réseau des entreprises d’économie sociale et circulaire du Québec (REÉSCQ) a tenu le premier rassemblement de son histoire jeudi au Centre des arts populaires de Nicolet, une occasion pour la centaine de personnes présentes de réseauter et d’échanger sur leurs différentes réalités.

Les entreprises d’économie sociale et circulaire existe depuis des décennies, parfois dans l’ombre. Ces organisations ancrées dans leur communauté depuis longtemps forment désormais un réseau. Les entreprises membres du REÉSCQ, présentes dans 12 régions administratives, emploient plus de 4700 personnes et leurs chiffres d’affaires combinés représentent près de 300 M$.

“La fondation du regroupement, c’est de promouvoir et informer, souligne le coprésident du REÉSCQ, Dave Gosselin. Il y a des belles entreprises, comme dans le privé, des grandes entreprises avec 1500 employés et des plus petites entreprises qui sont deux ou trois employés qui offrent un service et qui ont autant de raisons d’être.”

Le REÉSCQ a comme ambition de faire reconnaître l’économie sociale comme un acteur incontournable de la transition vers une économie circulaire au Québec.

“Depuis deux ans, on réfléchit avec plusieurs entreprises d’économie sociale à ce qu’on pourrait faire au niveau de l’environnement. La résultante, c’est d’augmenter le taux de circularité au Québec, d’avoir plus d’entreprises d’économie sociale en circularité qui s’occupent de nos matières résiduelles. C’est nos déchets collectivement. Au Québec, on est les cancres dans le monde de la circularité. On a des sites d’enfouissement. Ça coûte rien, enfouir. On met dans des trous, on met de la terre par-dessus et on le voit plus. Ça reste que notre taux de circularité est très bas. Aux Pays-Bas, je pense qu’il est à 20 %, nous Il est à 3,8 %. On veut contribuer à ça aussi. Augmenter le taux de circularité par le réemploi.”

Le ministre délégué au Développement économique régional, Éric Girard, a prononcé une allocution devant la centaine de personnes réunies au Centre des arts populaires de Nicolet.

Les entreprises d’économie sociale et circulaire se retrouvent parfois dans des secteurs dont l’entreprise privée se désintéresse, mais c’est de moins en moins le cas.

“Les friperies, tu as Renaissance qui est une entreprise d’économie sociale et tu as le Village des valeurs qui est coté en bourse. Ils vendent le même prix, ce sont les mêmes vêtements, mais il y en a un qui a une mission sociale qui est collective. On ne peut pas délocaliser une entreprise d’économie sociale. On ne peut pas délocaliser les profits. Ils restent là.”

D’autres mythes restent à déconstruire par rapport à ce secteur majeur de l’économie du Québec.

“Des fois, on nous dit que les entreprises d’économie sociale, nous sommes subventionnés. Oui, on a certaines subventions pour l’aide à la personne, surtout les entreprises d’insertion sociale ou de travail adapté, mais est-ce que ce sont des subventions ou des contrats qu’on a avec l’état? Une entreprise privée qui a un contrat d’asphaltage avec le ministère des Transports, est-elle subventionnée? Non, elle a un contrat avec l’état. Après, on a le droit de générer des profits tant qu’on veut. C’est la finalité de ces profits-là. Ils vont où? À une personne ou au collectif?”

Le ministre délégué au Développement économique régional, Éric Girard, également membre du Comité ministériel de l’économie et de l’environnement, participait à l’événement.

“L’économie sociale, il faut en parler davantage. C’est quelque chose d’extrêmement important qui permet de nous développer dans d’autres activités de services. Donc, les possibilités sont immenses. Et il y a toute la question des retombées dans nos régions, de l’ancrage dans le milieu. Vous permettez à des gens de se réaliser. On réinvestit aussi les profits que vous générez dans nos communautés, mais l’investissement que vous faites dans vous-même, ça aussi, c’est important. Je pense que c’est ce qui est le plus important.”