Les deux MRC demandent à TES de se rétracter
Mercredi à leurs séances publiques respectives, les conseils des maires des MRC de Mékinac et des Chenaux ont demandé à TES Canada de se rétracter à propos de fausses affirmations qu’elle a transmises au ministère de l’Environnement. De plus, TES ne peut pas être assuré de la présence des représentants des MRC à la prochaine rencontre de son comité de liaison.
Le conseil des maires de la MRC des Chenaux a ajouté à l’ordre du jour un point concernant une demande de rétractation et de correction qu’elle fait à TES Canada.
Un document officiel déposé par TES au Registre des évaluations environnementales affirme:
“Les redevances financières versées dans le cadre du projet proviennent de différentes ententes: certaines ont été négociées librement entre TES Mauricie et les propriétaires fonciers directement concernés, tandis que d’autres, comme celles avec la MRC ou certaines municipalités d’accueil, ont fait l’objet d’accords distincts.”
Or, aucune municipalité n’a conclu d’accord avec TES.
“Il n’y a eu aucun accord, ni avec la MRC, ni avec aucune des municipalités de la MRC. Donc, c’est faux et on va leur envoyer une résolution pour leur demander une rétractation claire, nette et précise”, a annoncé le préfet suppléant de la MRC des Chenaux, Christian Gendron, pendant que la résolution était adoptée à l’unanimité, sous les applaudissements des citoyens et citoyennes sur place.
Dans Mékinac, seule la MRC a négocié une entente avec TES. Aucune municipalité ne l’a fait. Chaque maire et mairesse l’a confirmé à tour de rôle à la séance publique mercredi soir.
La MRC demandera à TES que les propos mensongers soient enlevés officiellement du dossier déposé au ministère de l’Environnement.

Le maire de Lac-aux-Sables, Yvan Hamelin, la directrice générale de la MRC de Mékinac, Nathalie Groleau, et la mairesse de Grandes-Piles et préfète de la MRC, Caroline Clément.
Comité de liaison
Le comité de liaison que TES a mis en place vise à regrouper des élus des territoires concernées par son projet, les MRC de Mékinac et des Chenaux et la Ville de Shawinigan, ainsi que certains organismes comme Environnement Mauricie. TES y a réservé deux places à des citoyens en faveur du projet et deux places à des citoyens qui s’y opposent. Le collectif Toujours maîtres chez nous a récemment fait savoir qu’il refuse l’invitation de TES à siéger à ce comité, dont la prochaine rencontre est prévue le 10 mars.
Le collectif avait soumis à l’avance par écrit une question sur la présence ou non du préfet de la MRC des Chenaux à la rencontre de mars: “Qui autour de cette table est d’accord pour participer à cette rencontre?”
Devant le silence des maires et mairesse à la question qu’il lisait, le préfet suppléant Christian Gendron a annoncé: “Donc, j’ai une réponse pour vous: le 10 mars, il n’y aura pas de représentant de la MRC à la rencontre de TES Canada qui est prévue”, sans donner davantage de détails sur les raisons de cette absence.
À la MRC de Mékinac, la préfète Caroline Clément a fini par accepter de reconsidérer sa décision de participer à la rencontre du comité de liaison. Elle en discutera avec les autres maires et mairesses.
“Je comprends que les gens voudraient qu’on coupe ça net, fret, sec, qu’on ne leur parle plus, qu’on bloque tout, mais ça reste quand même que de faire partie prenante des discussions, on entend quand même ce qu’ils ont à dire et on peut quand même encore leur dire qu’est-ce qu’on pense sur le terrain”, a-t-elle fait valoir.
“Ne pas être là, c’est de ne pas amener quand même l’information malgré tout pour aller réitérer exactement ce qu’on s’est dit depuis le mois novembre dernier: le conseil de la MRC est en totale défaveur. Le territoire n’est pas en faveur et ça ne change pas sur le terrain.”
La conseillère d’Hérouxville, Isabelle Clément, en période de questions, a suggéré que la résolution en défaveur du projet suffisait.
“Symboliquement, ne pas y aller, c’est dire: c’est assez.”
“On en discutera”, a conclu la préfète.
Par ailleurs, la bonification annoncée du règlement de contrôle intérimaire (RCI) n’a pas fait l’objet de discussions depuis la dernière séance publique.
