Les agronomes veulent une meilleure définition de leur profession

AGRICULTURE.  L’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) appuie le projet de loi no 15 du gouvernement du Québec modifiant le Code des professions, mais déplore que l’article 24 le concernant n’ait pas fait l’objet d’une révision en profondeur pour tenir compte du nouveau contexte dans lequel œuvrent ses membres.

“Ça fait 15 ans qu’on demande de réécrire l’article 24 afin que ce soit un vrai champ descriptif qui vient définir c’est quoi la profession d’agronome”, indique Michel Montpetit, président de l’OAQ.

En décembre dernier, le ministre du Travail Jean Boulet avait apporté de légers changements au projet de loi no 15 qui ont satisfait partiellement les agronomes. “Il y a deux modifications qui étaient intéressantes pour nous. Il y a eu tout d’abord un changement au niveau de la gouvernance de l’Ordre et on a aussi enlevé la notion d’acte posé moyennant rémunération dans la loi.”

Lors de la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi no 15 en février dernier, Michel Montpetit a déposé un mémoire au nom de l’OAQ où il a réitéré la nécessité d’actualiser l’article no 24 le concernant.

“Quand cet article a été écrit en 1973, c’est lorsque la Corporation des agronomes est devenue l’Ordre des agronomes, donc à la création de l’Office des professions. Si on regarde l’agriculture en 1973 par rapport à aujourd’hui, ça n’a rien à voir. Toute la notion d’agroenvironnement n’était même pas des mots qui étaient utilisés à ce moment-là alors que maintenant, ça fait partie du travail des agronomes sur le terrain. La pratique agronomique, les sciences agricoles, les technologies et les enjeux agroenvironnementaux ont profondément évolué.”

Pour Michel Montpetit, cette mise à jour de la description des actes agronomiques est essentielle pour assurer la protection du public et la crédibilité de la pression. “C’est pour s’assurer qu’on puisse faire un suivi auprès de tous les agronomes qui font des actes agronomiques, puis s’assurer de leurs compétences. C’est une façon de garantir au public que le travail fait par les agronomes l’est de façon professionnelle, selon les bonnes pratiques et en respectant le code de déontologie.”,

Le président de l’OAQ déplore que le dossier n’ait pas avancé dans les dernières années malgré les nombreuses démarches faites auprès de l’ancien ministre de l’Agriculture, André Lamontagne. “Et depuis l’arrivée du nouveau ministre l’automne dernier, Donald Martel, ça fait quatre fois qu’on demande à la rencontrer pour discuter et malheureusement, nous n’avons pas eu de retour.”

Michel Montpetit assure que cette actualisation de l’article 24 serait d’autant plus facile que l’Ordre a déjà abattu tout un travail en amont avec le MAPAQ et l’Office des professions. “Tout le travail est déjà fait. Il y a déjà un texte tout prêt qui demande juste à être déposé”, conclut le président de l’Ordre.