Le Relais Tawachiche est à vendre
LAC-AUX-SABLES. Le Relais Tawachiche de Lac-aux-Sables a fermé ses portes dimanche. À cette période de l’année, il est habituel de fermer pour quelques semaines afin de préparer le début de la saison de motoneige, mais cette année, on ne sait pas quand l’établissement va rouvrir.
Avec sa conjointe et un autre associé, Yvan Roux est propriétaire du Relais Tawachiche depuis un an et demi.
“On a acheté ça par la bande parce que c’était triste de voir que ce n’était pas opéré depuis un an, un an et demi avant qu’on achète. J’ai pris ma retraite il y a deux ans et je travaille plus qu’avant que je prenne ma retraite. L’hiver passé, on a été débordé par les motoneiges et tout ce succès-là fait en sorte qu’on met des heures, on y met notre cœur et ça ne s’arrête plus. On s’est dit qu’il fallait se redonner une qualité de vie. La décision est quand même difficile à prendre mais on la prend pour notre santé et pour s’assurer qu’on continue à vivre pleinement notre retraite.”
Le groupe de propriétaires avait réussi à relancer l’endroit qui a ainsi gagné en popularité, avantageusement situé à l’entrée de la Zec Tawachiche et à la jonction des sentiers de motoneiges et VTT.
“On a remis de la vie là-dedans et force est d’admettre qu’on a été un peu victime de la croissance. C’est un service de proximité. Les gens dans le coin apprécient. En toute humilité, on a prouvé qu’on était capable de redonner de la vie à ça. On a observé la croissance qui ne cesse de grandir parce que les gens ont connu la place, l’endroit, nos valeurs, la propreté des lieux, la qualité de la bouffe.”
Les trois copropriétaires cherchent donc un repreneur pour le commerce. Ils auraient aimé trouver quelqu’un avant d’annoncer à la clientèle que le Relais fermait pour une période indéterminée.
“Au mois de novembre et au mois d’avril, ce sont deux périodes qui sont plus tranquilles. On ferme en souhaitant que quelqu’un puisse reprendre le flambeau. Stratégiquement, pendant que c’est en pleine croissance, je souhaiterais que quelqu’un puisse porter ça encore plus loin. Il y a de l’espace pour ça, selon nous. On aurait souhaité qu’à l’interne, on puisse poursuivre, mais ce n’est pas dans les horizons de nos employés. Ce n’est pas nécessairement tout le monde qui veut se lancer en affaires.”
Visiblement, les propriétaires actuels souhaitent uniquement partir à la retraite et profiter de la vie.
“La saison de la motoneige approche. C’est une saison qui demande beaucoup d’énergie. C’est une question de garder la santé à travers tout ça parce que c’est une roue qui tourne tellement vite et qui fait en sorte que plus ça va, plus c’est achalandé, plus tu mets d’heures, et à un moment donné, il faut arrêter ce spin-là et s’assurer qu’on va garder la santé au travers de ça et que les gens aient observé que c’était possible de faire rouler ça. C’est plus facile d’attirer de la relève dans ce temps-là.”
Les derniers jours d’opération n’ont pas été faciles pour l’équipe qui devait tourner une page d’histoire du Relais Tawachiche sans en connaître l’avenir.
“Ça fait mal au cœur parce qu’on s’attache à la communauté. Il y a une communauté qui vire là-dedans. On s’attache à nos employés, c’est tout ça. Ça nous remet en question, mais il reste que c’est une décision qui a été réfléchie et on doit passer le flambeau. Les derniers jours, c’est tout le temps plus triste, mais on essaie de garder ça dans le sourire en souhaitant que quelqu’un puisse penser à la relève.”
Depuis l’annonce de la fermeture, les réseaux sociaux du Relais regorgent de commentaires positifs de la part de la clientèle.
“Quand on regarde notre page Facebook, on a beaucoup de messages, de vidéos et toutes sortes d’affaires avec les clients. C’est une communauté qui est dans le coin. En tout cas, c’est quelque chose.”
Parmi les commentaires, certaines personnes se sont même permis de demander la recette de la pizza aux fruits de mer dont elles vont beaucoup s’ennuyer.
“Ça, c’est la recette du chef! Seul le chef a la recette! Ça, c’est une autre affaire: on laissait de la place à nos employés à avoir de l’imagination et de se laisser aller. C’est ce que ça donne. Ils ont sorti des choses qui ont fait en sorte que ça a marqué un peu l’imaginaire, ça a marqué aussi le goût.”
