Le presbytère de Sainte-Geneviève-de-Batiscan est à vendre
Vendredi, le presbytère de Sainte-Geneviève-de-Batiscan a fait son apparition sur les sites de vente immobilière. Le bâtiment construit en 1897 situé sur un terrain de près de 5800 m² est à vendre pour 375 000 $.
Le président d’assemblée de la Fabrique de la paroisse Sainte-Élisabeth, René Beaudoin, concède que c’est avec un pincement au cœur que le bâtiment chargé d’histoire a été mis en vente.
« On en a pleuré un coup. Ça nous arrache le cœur, mais c’est la réalité d’aujourd’hui. On accepte ça, même si ça nous fait effectivement bien de la peine d’avoir à se départir d’un lieu comme celui-là. On a bien essayé de gagner à la loto pour pouvoir le garder! Quand l’agent d’immeuble nous a demandé: »Vous êtes propriétaire depuis quand? » On est propriétaire du terrain depuis 1749! Le presbytère, c’est la fabrique qui l’avait fait construire en 1897 et on l’a occupé tout le temps depuis. On fait juste quitter des grands lieux qui sont bien au-delà de notre capacité financière pour se retrouver maintenant dans un lieu beaucoup plus petit, plus adapté à la situation. »
Le mandat de la vente a été confié à Laurent Corbin de RE/MAX de Francheville. La fiche d’inscription fait état de travaux réalisés ces dernières années.
« On avait refait la couverture il y a deux ans et on avait changé le système à l’huile pour un système au propane quelque part en 2019-2020. »
M. Beaudoin estime que trois catégories d’acheteurs pourraient être intéressés par le presbytère.
« Une catégorie pourrait être un organisme ou une entreprise qui a envie de faire des bureaux, d’avoir un lieu d’occupation plus grand. Il y a aussi la catégorie des gens qui sont des amateurs de patrimoine. Ceux qui ont vu le presbytère, même avant qu’on le mette à vendre, ils salivaient de voir comment le presbytère, il est dans son jus, qu’on appelle. C’est vraiment une maison ancienne, de 1897, avec encore les anciennes moulures, et qui est en bon état, c’est ça qui est intéressant. Et une troisième catégorie de gens qui disent: nous, ce qui nous intéresse, c’est le grand terrain, on va démolir le presbytère et on va construire des blocs appartements à la place. Moi qui est amateur de patrimoine, ça me ferait de la peine, mais à partir du moment où ça ne nous appartient plus, on n’a pas de contrôle sur ce qui se fait sur le site, bien sûr. »
Le bâtiment n’est soumis à aucune obligation patrimoniale.
« Il n’est pas assujetti à une protection légale, comme un classement. Les gens, à partir du moment où ils en deviennent propriétaire, ils font ce qu’ils veulent avec. »
Le fruit de la vente apportera, pour un temps, une sécurité financière à la fabrique.
« On va assurer l’avenir de la communauté, le temps de redresser un peu toute la situation. Dans nos campagnes de financement, les gens ont arrêté de donner pensant, parce que la grosse église est fermée, que la communauté est morte, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, la communauté est très vivante. On a encore du personnel, on continue à gérer le cimetière, à faire des activités, les célébrations. Les travaux de rénovation qu’on a faits, ça a coûté quand même un certain montant qu’il faut payer. On aura éventuellement quatre fenêtres, si ce n’est pas six, à remplacer. Cet argent-là de la vente du presbytère va nous permettre d’avoir un coussin. Ça fait en sorte que les prochaines années vont être moins inquiétantes. »
On se préparait depuis le printemps à mettre la propriété en vente. Des travaux ont été réalisés afin de relocaliser les bureaux de la fabrique.
« On a déménagé de l’autre côté de l’église et une fois que les travaux de rénovation ont été terminés, on a été en mesure, il y a quinze jours, de déménager complètement les bureaux dans le nouvel édifice. »
On se rappelle que l’ancienne église de Sainte-Geneviève-de-Batiscan a été complètement convertie en milieu de vie adapté et supervisé pour des personnes vivant avec un handicap.
« Une fois qu’on a eu cédé l’église, on s’est fait un lieu de culte temporaire à l’intérieur du presbytère et en décembre 2023, on a inauguré notre nouvelle église dans l’ancien salon funéraire, sur la rue de l’Église. Comme c’est beaucoup moins gros, on l’appelle la Maison-Chapelle, parce que c’est à la fois notre lieu de culte pour nos célébrations du dimanche, les baptêmes, mariages, sépultures, des rencontres de toutes sortes, nos soirées de cinéma qu’on fait une fois par mois, etc. À l’arrière de la partie chapelle, il y avait un appartement où on a fait des travaux pour pouvoir y accueillir nos nouveaux bureaux. »
Une autre raison faisait en sorte qu’on ne pouvait se résoudre à vendre le presbytère.
« Dans le presbytère, il y avait l’abbé Kirouac qui habitait là depuis 50 ans. Pour nous, il n’était pas question de se défaire du presbytère tant et aussi longtemps que l’abbé Kirouac y habitait. L’abbé Kirouac, qui a 98 ans, a quitté l’an dernier son appartement à l’intérieur du presbytère. On a procédé à l’achat de la Maison-Chapelle, on a fait les travaux de rénovation, et on a été en mesure de déménager nos bureaux, ce qui fait qu’on n’a plus besoin du grand presbytère, celui qu’on a mis à vendre aujourd’hui. »
