Le marketing innovant des Érablières du Nord

TROIS-RIVES.  Souvent qualifié d’or blond du Québec, le sirop d’érable n’a jamais aussi bien porté cette épithète depuis que Les Érablières du Nord le commercialise dans des bouteilles en verre sérigraphiées et personnalisées.

Opérant une érablière de 22 000 entailles en terre publique à Trois-Rives, dans le secteur Grande-Anse, Mathieu Toupin et Andréanne Guilbert ont développé une approche marketing innovante pour écouler une partie de leur production de sirop d’érable.

Leur expérience professionnelle respective, lui comme propriétaire d’un atelier mécanique et elle comme directrice de la Chambre de commerce et d’industrie de Trois-Rivières puis directrice du cabinet du maire de Trois-Rivières du temps de Jean Lamarche, déteint sur leur stratégie commerciale.

“C’est sûr que par mes fonctions, j’ai pu rencontrer plein de gens d’affaires avec qui je suis resté en contact”, explique Andréanne Guilbert qui s’occupe de tout ce volet commercialisation en plus de cuisiner les produits dérivés issus du sirop d’érable. Assisté de trois travailleurs étrangers temporaires guatémaltèques, Mathieu Toupin, lui, est 100% sur le terrain à Grande-Anse pendant la période des sucres.

“On a commencé en 2018 avec 15 000 entailles et il y a un potentiel de 29 000 entailles. Nos équipements ont été faits en fonction de ce nombre”, poursuit l’acéricultrice en précisant que le site n’a pas accès au réseau électrique. “C’est un défi. On travaille avec des génératrices, des panneaux solaires et des batteries pour stocker l’énergie tandis que l’évaporateur fonctionne à l’huile.”

Coulé dans des barils de 34 gallons à leur érablière, le sirop d’érable est ensuite transporté jusqu’à leur petite usine de transformation à Trois-Rivières, juste à côté de leur résidence. En tant que membre des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), Les Érablières du Nord est tenu de vendre à la fédération une quantité minimale de sirop d’érable chaque saison tandis qu’il peut commercialiser la balance.

“En fin de saison, on va déterminer quelle portion on va envoyer au PPAQ, puis quelle portion on va garder. Ensuite, on se fait des projections pour quelle quantité on aimerait transformer puis vendre sous d’autres volets qu’au PPAQ. Habituellement, je vous dirais qu’on est pas mal dans la bonne cible”, sourit celle qui est aguerrie au monde des affaires.

Restos et épiceries

Avec son site transactionnel (www.erablieredunord.com), le couple vend son sirop d’érable et ses produits transformés auprès des particuliers. “Un Shawiniganais qui vit en en Colombie-Britannique m’en a commandé une bonne quantité récemment.” Une autre partie est écoulée auprès des restaurateurs et épiciers de la région. “Il y a beaucoup de restaurants qui ont une sensibilité pour acheter directement du producteur. On fait aussi affaire avec Distamax de Trois-Rivières qui, lui, compte une soixantaine de restaurateurs dans sa clientèle.”

Les Érablières du Nord travaille également du côté des grandes enseignes (ex. : Sobeys, Metro, etc.). “On est présent dans les épiceries détenues par des locaux, mais pour celles qui appartiennent aux chaînes, c’est plus difficile. Nous sommes en train de faire des démarches pour nous faire accréditer”, révèle Andréanne Guilbert.  

Andréanne Guilbert avec des exemples de bouteilles corporatives développées par Les Érablières du Nord. (Photo Bernard Lepage)

Bouteilles corporatives

C’est toutefois avec leurs bouteilles corporatives que Les Érablières du Nord se démarque vraiment de la concurrence. “L’idée est venue dès la première année en 2018. On était avec des amis qui sont propriétaires de Paillé Automobiles. Ils cherchaient une façon originale de remercier leurs clients, employés, fournisseurs, partenaires. C’est là qu’on a eu l’idée de faire une bouteille de sirop d’érable de 500 mm, sérigraphiée à leur image, et qui serait réutilisable”, se rappelle l’acéricultrice.

Des centaines d’autres organisations et entreprises (ex. : NAPA) ont maintenant des bouteilles de sirop à leur image. Un succès qui a dû obliger Andréanne Guilbert a fixé un nombre minimum – 72 bouteilles – pour passer une commande. Pour 2026, elle s’est fixé un objectif de 10 000 bouteilles corporatives.

“L’objectif, c’est de trouver des occasions tout au long de l’année et pas seulement dans le temps des sucres ou le temps des Fêtes. J’ai déjà plein d’idées dont des formats 200 mm pour les mariages avec les prénoms des mariés sur la bouteille. On regarde aussi pour le marché de l’exportation”, termine-elle.