L’acceptabilité sociale du Projet Mauricie de TES sera sondée
Au cours des prochains mois, deux consultations seront menées auprès de la population à propos du Projet Mauricie de TES Canada. Tandis que la firme Léger effectuera un sondage téléphonique pour le compte de la MRC de Mékinac, la Municipalité de Saint-Maurice tiendra un référendum en bonne et due forme sur la question.
Les dimanches 7 et 14 septembre, les résidents et résidentes de Saint-Maurice sont appelés aux urnes afin de se prononcer sur un projet d’implantation d’éoliennes, que ce soit celui de TES Canada ou tout autre projet.
“L’ensemble de la population sera appelée à se prononcer d’une façon confidentielle, a expliqué le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, à la dernière séance publique du conseil des maires de la MRC des Chenaux. Les gens pourront venir voter sans que le voisin sache pour quoi ils ont voté. C’est la démocratie pure et simple. Ça va nous permettre de savoir le niveau de l’acceptabilité sociale, qui ne peut pas être plus sérieux que ça. La démarche ne vise pas seulement TES Canada, ça vise l’implantation des éoliennes dans le secteur agricole, que ce soit le gouvernement, Hydro-Québec, TES Canada ou ABC Limitée. Ça va démontrer d’une façon officielle l’acceptabilité sociale de Saint-Maurice. Ils en veulent ou ils n’en veulent pas, et à quel niveau, à quel pourcentage.”
Le maire promet que la question à laquelle les citoyens et citoyennes auront à répondre dans l’isoloir sera simple.
“Ça va être très clair et très court: Êtes-vous favorables à l’implantation d’éoliennes sur le territoire agricole de Saint-Maurice? On ne peut pas avoir un préambule ça de long. La question, elle est claire, elle est courte: Êtes-vous favorable ou défavorable?”
M. Bruneau indique également que le résultat du référendum ne sera pas entériné par une résolution du conseil municipal par la suite.
“Mais le résultat va être connu de la part de l’entreprise qui, présentement est là, qui s’appelle TES Canada, et qui en fera elle-même son analyse. Ça va donner un signal très clair à l’effet que l’orientation que la population va reconnaître à l’intérieur d’un référendum, ça va se traduire probablement au niveau de l’acceptabilité des zones. C’est quelque chose qui permet à toute la population de se prononcer.”
Sondage téléphonique dans Mékinac
Il reste encore des détails à régler concernant le sondage que Léger s’apprête à mener dans la MRC de Mékinac, comme la période où les citoyens et citoyennes seront consultés de même que leur nombre, afin d’obtenir un échantillonnage représentatif de la population.
“Léger a fait une proposition en fonction de ses standards de qualité et on tergiversait à accepter ça ou à demander un nombre plus grand”, indique la préfète de la MRC de Mékinac, Caroline Clément. On est allé quand même chercher une bonne firme, qui a une notoriété. À ce niveau, j’ai confiance.”
Des résidents des dix municipalités de la MRC seront consultés, mais on a demandé une pondération plus élevée pour ceux des six municipalités qui seraient appelés à recevoir des éoliennes sur leur territoire.
La MRC de Mékinac a négocié et signé une entente avec TES afin de bénéficier au maximum des retombées économique du projet, advenant qu’il se concrétise. Si le résultat du sondage Léger devait démontrer une majorité claire de gens qui sont contre le projet, c’est l’acceptabilité sociale qui sera démontrée ou non.
“Ça va être un indice supplémentaire à toutes les étapes qui s’en suivent jusqu’au BAPE.”
Plusieurs citoyens et citoyennes, notamment des membres du regroupement Toujours maîtres chez nous, réclament depuis des mois que les deux MRC tiennent un référendum pour évaluer l’acceptabilité sociale. La préfète explique pourquoi la MRC de Mékinac n’a pas choisi cette voie.
“Si c’était un projet de la MRC puis qu’on faisait un référendum, là, il aurait force de loi ou force d’action. Dans le cas présent, un référendum, c’est quand même fastidieux à faire, c’est quand même relativement dispendieux également. Ce serait à l’entreprise de le faire. C’est à l’entreprise de déterminer qu’il y a une acceptabilité sociale sur le territoire, ce n’est pas à nous.”
Rappelons que dans la MRC des Chenaux, les conseils municipaux de Saint-Stanislas et Saint-Prosper ont fait savoir à TES que la présence de leurs éoliennes n’était pas souhaitée sur leurs territoires.
Chez TES Canada, le président-directeur général, Éric Gauthier, accepte la décision des deux conseils. Cependant, il a encore bon espoir de faire changer la perception de la population par rapport au projet. Il fait valoir que ce dernier est constamment en processus d’amélioration.
“Le projet évolue. L’opinion des gens va continuer d’évoluer. Notre travail, c’est de continuer d’améliorer le projet et de faire en sorte que les gens disent qu’au final, c’est un bon projet. Il y a des éléments négatifs, mais au final, c’est un projet qui a une pertinence sociale, une pertinence environnementale, une pertinence économique. Quand on prend tout ça en compte, c’est un projet qui vaut la peine d’aller de l’avant. C’est la conclusion à laquelle on veut que les gens arrivent et on travaille avec différentes équipes pour y arriver. Je pense qu’il y a encore beaucoup de place à changer l’opinion de certaines personnes qui ont certaines réticences.”
