La MRC des Chenaux en bonne santé économique
MRC DES CHENAUX. La MRC des Chenaux est le seul territoire de la Mauricie qui peut se vanter de maintenir un indice de vitalité économique positif, malgré le contexte parfois difficile. Le coordonnateur du développement économique à la MRC, Luc Méthot, dépeint le portrait économique actuel de la MRC, son évolution, et ce qu’il entrevoit à court terme pour l’avenir.
Luc Méthot souligne d’abord que l’économie de la MRC des Chenaux est résiliente.
“La MRC a toujours un indice de vitalité économique positif. On est dans la moyenne québécoise, ce qui n’est pas le cas pour l’ensemble des autres territoires de la région. C’est le seul endroit en Mauricie, si on prend les trois MRC et les trois Villes, mais Trois-Rivières est tout près. On a toujours un indice de vitalité économique positif qui est basé sur trois facteurs: le revenu médian des 18 ans et plus, l’augmentation de la population et le taux d’emploi.”
Avec un territoire zoné agricole à 97 %, l’agriculture est de loin le secteur d’activité dominant dans la MRC.
“Au niveau industriel, nos industries principales sont là aussi. Le problème, c’est qu’on n’a pas beaucoup de place pour développer. Il nous reste 3 % pour développer l’habitation, le commercial et l’industriel. Lorsqu’on reçoit un appel d’une entreprise qui cherche un terrain industriel, souvent, on a de la difficulté à combler ce besoin-là. Mais nos principales industries sont toujours là et elles vont bien.”
Le tissu économique est majoritairement constitué de PME.
“L’employeur privé le plus important sur notre territoire, c’est ADF Diesel, qui a quand même plusieurs centaines d’emplois. Il y a des petites industries plus ou moins connues qui s’en tirent bien, par exemple Picardie international qui est le deuxième plus gros producteur de graines pour oiseaux dans l’est du Canada. Ce sont des industries qui sont là depuis longtemps et qui font leur petit bonhomme de chemin.”
Parallèlement, la MRC des Chenaux est aussi le seul territoire de la Mauricie qui ne compte pas sur la présence d’une chambre de commerce.
“La Communauté entrepreneuriale joue passablement ce rôle-là ici et on a une ressource à la MRC qui est dédiée pour la Communauté entrepreneuriale et l’achat local. On fait des 5 à 7 réseautage, on fait de la formation, on a différentes activités. On a aussi nos fonds d’investissement lorsqu’il y a des projets plus spécifiques et on a aussi notre service conseil. Il ne faut pas l’oublier parce que la plupart des entreprises qui cherchent du financement, soit gouvernemental ou bancaire, doivent se préparer. On les aide beaucoup à structurer leurs demandes et à chercher des programmes d’aide financière.”
S’il avait à identifier la chose qui a le plus changé au cours de la dernière année, M. Méthot pointerait le nombre de nouvelles petites entreprises.
” On a plus de démarrage qu’on avait avant. Des gens qui pensent à un projet depuis quelques années, qu’ils n’ont pas mis en application. Souvent, ce sont des micro-entreprises. Ça me dit que le marché de l’emploi se referme. Quand les gens pensent à démarrer leur entreprise individuelle, c’est possiblement que le marché de l’emploi est un petit peu plus restreint et les gens veulent créer leur propre job.”
Et s’il avait à prédire de quoi la prochaine année sera faite, M. Méthot parle de continuité dans la croissance.
“On a des projets intéressants, des entreprises qui sont en croissance et qui continuent à investir. Lorsqu’elles sont déjà installées chez nous, lorsqu’elles ont déjà des employés qui viennent du coin, c’est toujours intéressant de voir qu’il y a une croissance qui ajoute un projet, quelques emplois, qui solidifie ce qui est déjà là.”
Bonne nouvelle, le moratoire qui touchait le Fonds local d’investissement depuis la fin de 2025 vient d’être levé. Des montants pourront être accordés à des projets très prochainement.
“Depuis les deux derniers mois, on a eu 21 projets. Ils n’ont pas tous besoin de financement, mais on a sept ou huit projets actuellement qu’on va présenter au comité d’investissement commun pour fins de financement.”
Le coordonnateur du développement économique reste dons optimiste pour la suite des choses.
“On voit des projets qu’on ne voyait pas l’an passé. Est-ce que la peur de l’influence américaine commence à s’amenuiser? Je pense que les gens s’aperçoivent qu’ils peuvent quand même évoluer et faire leur projet d’investissement. On a senti l’an passé qu’il y avait quand même une retenue sur certains projets, alors que là, ils semblent débloquer, ce qui est une bonne chose pour la région.”
