Jeyden Tessier, pourvoyeur avant l’âge
SAINTE-ANE-DE-LA-PÉRADE. À seulement 17 ans, Jeyden Tessier est à la tête d’une pourvoirie de pêche aux petits poissons des chenaux sur la rivière Sainte-Anne. Une entreprise hivernale bien ancrée dans la MRC des Chenaux, portée par une passion transmise de génération en génération et par un solide esprit d’entraide locale.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca
Sur la rivière Sainte-Anne, la saison hivernale bat son plein pour Jeyden Tessier. Le jeune entrepreneur est aujourd’hui le plus jeune pourvoyeur à avoir installé des cabanes de pêche aux poulamons dans ce secteur emblématique de la MRC des Chenaux. Propriétaire depuis l’âge de 15 ans, il en est maintenant à sa troisième saison d’opération.
Ses journées commencent très tôt et se terminent tard. Selon les conditions météorologiques, Jeyden doit être sur la rivière dès 4h du matin pour entretenir les trous dans la glace et chauffer ses cabanes. Le soir, le même travail recommence pour accueillir les pêcheurs de nuit. “C’est arrivé souvent qu’on finisse à 2, 3, 4 heures du matin, puis qu’on recommence à 5 heures”, explique-t-il.
Cette réalité s’inscrit dans une tradition familiale bien établie. “Mon père avait une compagnie justement avant. Il avait les cabanes juste à côté. Puis comme j’étais né là-dedans…”, raconte Jeyden.
Trop jeune pour reprendre l’entreprise lorsque son père l’a vendue, il a commencé à travailler dès l’âge de 11 ou 12 ans pour différents pourvoyeurs avant de saisir l’occasion d’acheter sa propre pourvoirie. “Vu que j’ai eu cette opportunité-là, je me suis dit que je ne pouvais pas la rater.”
L’achat, évalué à environ 25 000$, comprenait cinq cabanes et le territoire. Depuis, l’entreprise a pris de l’expansion. De sept cabanes à ses débuts, la pourvoirie Chez le p’tit Tessier en compte maintenant 15, accueillant jusqu’à une centaine de personnes par jour les fins de semaine. “Les gens réservent en masse, ce n’est pas un problème”, affirme-t-il.
Au-delà de l’aspect entrepreneurial, Jeyden Tessier insiste sur l’importance de la sécurité, de toujours relever les défis qui se présentent et de l’entretien constant du site, un élément qu’il prend très au sérieux malgré son jeune âge.
“La glace, c’est quelque chose qu’on surveille tout le temps. On ne prend pas de chance”, affirme-t-il, rappelant que les conditions peuvent changer rapidement sur la rivière Sainte-Anne. “Il faut s’assurer aussi d’avoir les cabanes propres et accueillantes pour les clients. Pouvoir avoir du poisson, c’est surtout ça qui est important. Le but, c’est de venir pêcher du poisson. Donc, nous autres, on se prépare dans la semaine. On tasse des cabanes quand on voit que ça ne mord pas trop des places pour que ça morde mieux à d’autres places”, souligne t-il.
L’entraide est au cœur de son modèle d’affaires. Sa famille joue un rôle central dans les opérations quotidiennes. “C’est sûr que ça ne marche pas de tout faire ça tout seul. Ma famille m’aide dans à peu près tout”, souligne-t-il.
Son père participe aux rénovations et à l’installation des cabanes, sa mère gère les appels et les réservations, tandis que sa conjointe accueille les clients, surtout les fins de semaine. Même les autres pourvoyeurs du secteur contribuent à cette dynamique collaborative. “Si j’ai besoin de quelque chose, j’ai juste à leur demander et ils vont me le prêter.”
En dehors de la saison hivernale, Jeyden travaille dans la construction, un autre héritage familial qu’il souhaite éventuellement reprendre. Pour l’instant, son objectif demeure clair: offrir des installations propres, accueillantes et une expérience de pêche optimale. “Le but, c’est que le client ait la meilleure journée possible, puis qu’il en pêche le plus possible, qu’il y ait des activités.Tout ça, c’est le fun.”
Ayant atteint le nombre de cabanes qu’il s’était fixé, Jeyden Tessier concentre désormais ses efforts sur la finition et l’amélioration de ses installations afin d’offrir un accueil optimal à sa clientèle. S’il n’exclut pas d’en construire d’autres éventuellement, son projet repose surtout sur un engagement total, laissant peu de place aux congés et à la vie sociale. “J’ai atteint le nombre que je voulais atteindre. Ça se peut que j’en refasse une ou deux durant l’été, une fois de temps en temps, si ça me tente, si j’ai le temps. Mais pour l’instant, mon but, c’est vraiment de toutes finir mes cabanes le plus beaux possible pour que ça soit le plus accueillant possible pour ma clientèle.”
