Il était une fois François Legault en Mauricie

POLITIQUE.  À l’occasion de l’annonce de la démission de François Legault comme premier ministre du Québec, IciMédias Mauricie/Rive-Sud fait un retour sur les visites dans la région du fondateur de la Coalition Avenir Québec depuis son entrée en fonction à l’automne 2018.

Shawinigan, Mékinac et des Chenaux

Hors des campagnes électorales de 2018 et 2022, les visites de François Legault à Shawinigan et dans les MRC de Mékinac et des Chenaux ont été extrêmement rares. Pour dire vrai, en presque huit ans, le premier ministre ne s’est pointé le nez qu’une seule fois à Shawinigan en novembre 2021. 

Ce passage a toutefois été le théâtre d’une annonce importante alors que François Legault y était venu présenter son plan national économique intitulé Une vision économique ambitieuse – Un Québec qui gagne.

Dans l’usine du fabricant de bornes de recharge électrique AddÉnergie, le premier ministre du Québec était alors accompagné du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, et de la ministre déléguée à l’Économie, Lucie Lecours.

Durant la même journée, François Legault accordait une entrevue à notre journaliste Patrick Vaillancourt dans les locaux du DigiHub. Il y abordera divers sujets comme la réhabilitation du site de l’ancienne usine Belgo, le projet de mise aux normes de l’eau potable, l’établissement d’une zone d’innovation à Shawinigan, l’avenir de Nemaska Lithium dont le départ à Bécancour avait été annoncé quelques mois plus tôt.

La Tuque

C’est le 27 février 2025 qu’a eu lieu la dernière visite de François Legault en Mauricie alors qu’il avait visité les installations de l’usine John Lewis à La Tuque pour notamment rencontrer les dirigeants de l’entreprise Rémabec et son président Réjean Paré.

Flanqué du président directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec Jean-François Samray, du président de Rémabec Réjean Paré, et de la députée de Laviolette-Saint-Maurice Marie-Louise Tardif, M. Legault avait promis de l’aide à court terme pour le monde forestier en lien avec les tarifs de 25% qui étaient imposés par le président des États-Unis Donald Trump.

L’équipe de l’Écho de La Tuque avait eu la chance de pouvoir rencontrer le premier ministre François Legault dans nos bureaux après sa visite de l’entreprise Rémabec à La Tuque. Différents sujets avaient été abordés, dont la crise à l’hôpital de La Tuque en lien avec la fermeture du bloc opératoire, le nouveau régime forestier… qui sera abandonné quelques mois plus tard.

Les élus de la Ville de La Tuque n’ont pas pu rencontrer le premier ministre ce qui avait été dénoncé par le maire de l’époque Luc Martel. “C’est bien que le premier ministre ait choisi La Tuque pour discuter de l’avenir de l’industrie forestière au Québec. Par contre, j’aurais aimé que les élus de la Ville de La Tuque soient invités à cette rencontre, tout comme d’autres acteurs locaux du milieu forestier. C’est inacceptable qu’un premier ministre vienne chez nous et qu’on ne soit pas invités.”

Avec la collaboration de Patrick Vaillancourt.

Trois-Rivières

Avant d’être premier ministre, François Legault s’est arrêté à Trois-Rivières dans le cadre de la campagne électorale de 2018. À l’époque chef de la Coalition Avenir Québec, il avait rencontré des travailleurs touchés par le lockout à l’Aluminerie de Bécancour Inc. (ABI), alors en conflit depuis plusieurs mois. Interpellé directement par des représentants syndicaux, il avait qualifié la situation d’inacceptable.

“Mais huit mois, c’est mauvais pour les 1000 familles et mauvais pour les commerçants du coin. Il est vraiment temps qu’il y ait du leadership de la part du gouvernement”, avait-il déclaré, affirmant vouloir faire du dossier un enjeu prioritaire advenant une victoire de la CAQ.

Il avait alors insisté sur la nécessité d’un rôle plus actif de l’État dans ce conflit de travail, soutenant que “le gouvernement du Québec n’est pas capable de répondre à ça depuis huit mois”. Quelques semaines plus tard, la CAQ formait le gouvernement.

Une fois élu premier ministre, François Legault est revenu à Trois-Rivières à plusieurs reprises, notamment dans un contexte de crise sanitaire. En 2020, en pleine pandémie de COVID-19, il s’était arrêté en Mauricie pour faire le point sur la situation dans les établissements de santé, alors que la région Mauricie-Centre-du-Québec figurait parmi les plus touchées au Québec.

“Ici, comme ailleurs au Québec, on s’est rendu compte plus que jamais qu’on manquait de personnel dans les CHSLD”, avait-il affirmé lors d’une mêlée de presse, évoquant les lacunes observées dans l’application des mesures de protection au début de la crise. Il avait également reconnu que “c’est en partie le personnel qui a infecté les résidents et la propagation s’est faite de façon importante et rapide”.

À l’issue de cette visite, le premier ministre avait néanmoins salué les correctifs apportés et les efforts du CIUSSS MCQ. “Si jamais il y a une deuxième vague, je pense qu’on s’en sortirait beaucoup mieux”, avait-il soutenu, mentionnant la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires pour renforcer les équipes dans les CHSLD.

Cette tournée régionale avait aussi permis d’aborder des enjeux de développement, dont l’accès à Internet haute vitesse. Questionné sur les délais touchant la MRC de Maskinongé, François Legault avait réitéré son engagement pris en 2018.

“J’ai pris un engagement très clair en 2018 que durant le mandat, d’ici 2022, tous les Québécois seront branchés à Internet haute vitesse et auront accès au réseau cellulaire”, avait-il déclaré, précisant qu’il n’entendait plus attendre après le gouvernement fédéral pour faire avancer les projets.

En 2022, c’est à Trois-Rivières que le premier ministre est venu dévoiler l’une de ses annonces environnementales majeures, soit la création du Fonds bleu, doté d’un budget de 650 M$ pour le prochain mandat. Accompagné du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, et des députés caquistes de la région, il avait défendu le bilan environnemental de son gouvernement.

“On a investi 56 milliards en transports collectifs et 7 milliards pour le PEV, le Plan de l’économie verte. Je ne suis pas du tout gêné de notre bilan en environnement”, avait-il affirmé, ajoutant que le Fonds bleu visait à corriger des décennies de sous-investissement dans la protection de l’eau.

Ce fonds, financé en partie par des redevances imposées aux entreprises utilisant l’eau, devait notamment servir à lutter contre les plantes envahissantes, élargir les bandes riveraines agricoles et améliorer le traitement des eaux municipales, des mesures qui ont depuis été intégrées aux orientations gouvernementales.

À travers ces différentes visites, Trois-Rivières a donc servi de tribune à François Legault pour aborder des enjeux économiques, sanitaires et environnementaux majeurs, plusieurs annonces ayant mené à des programmes ou investissements concrets, désormais déployés à l’échelle provinciale.

Avec la collaboration de Fatoumata Dapa,

Nicolet-Bécancour

François Legault a visité la région de Nicolet-Bécancour à de nombreuses reprises durant son parcours politique.

Dès 2012, dans le cadre de sa tournée provinciale, il s’était notamment arrêté à l’hôtel de veille de Nicolet en compagnie du candidat de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

En août 2013, il avait brunché au Moulin Michel en compagnie de Donald Martel et de militants de la CAQ dans Nicolet-Bécancour.

En septembre 2022, à moins d’un mois des élections qui allaient porter la CAQ au pouvoir pour un deuxième mandat, M. Legault avait annoncé à Bécancour un investissement de 40 M$ qui financerait la création du Centre intégré sur les batteries électriques pour stimuler la filière batterie et l’innovation.

“Si la CAQ est réélue, on va mettre 40 millions pour financer la création d’un centre de recherche sur les batteries électriques dans le projet de Vallée de la transition énergétique de Shawinigan-Trois-Rivières-Bécancour. On est en train de faire de la Mauricie et du Centre-du-Québec un des pôles importants de l’économie verte en Amérique du Nord.”

En août 2023, il avait participé à l’annonce de plus de 600 M$ de subventions fédérales et provinciales à pour la future usine de production de cathodes, dont le construction projetée dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour au coût de 1,2 G $, devrait permettre au consortium formé par Ford Motor Company, EcoProBM et SK On de démarrer la production au printemps 2026 en créant 345 emplois. 

Le 13 mai 2024, il s’était rendu à Nicolet afin d’assister à la Journée de reconnaissance policière à l’École nationale de police (ENPQ) où un hommage a été rendu à la sergente Maureen Breau, décédée lors d’une intervention policière à Louiseville un an auparavant. M Legault avait participé à la Cérémonie de remise des décorations et citations à des policières, policiers, citoyennes et citoyens. Au cours de la même visite, le premier ministre avait visité les installations de l’usine d’Ultium CAM à Bécancour. Près d’un an plus tôt, alors que s’amorçait la construction de l’usine, il s’était rendu sur le site pour officialiser la création de la Zone d’innovation de la Vallée de la transition énergique et constater l’avancement du dossier de la filière batterie au Parc industriel et portuaire de Bécancour.

Maskinongé

Les visites les plus marquantes de François Legault dans la MRC de Maskinongé furent celles qu’il a réalisées après les différents épisodes d’inondations ayant touché la région.

Sa première visite post-inondation fut en 2017, alors qu’il est venu à la rencontre du préfet de la MRC de Maskinongé, Robert Lalonde, et du maire de Louiseville, Yvon Deshaies. Ce passage lui avait également permis de rencontrer des sinistrés et visiter la zone inondée à Louiseville.

“Je suis ici pour encourager les gens et constater les dégâts. Je veux aussi m’assurer que lorsque les caméras auront quitté, que les promesses du gouvernement seront tenues, car je rencontre des citoyens inquiets et des gens qui auront besoin d’aide”, avait-il souligné.

Le premier ministre avait estimé que le gouvernement avait bien agi dans les circonstances jusqu’à maintenant. “Tout est fait présentement par les municipalités, par les gens de la Sécurité civile et le gouvernement. Je suis content de voir l’entraide. Je suis satisfait de voir comment le gouvernement a géré la situation. Nous avons fait venir l’armée au bon moment”.

Deux ans plus tard, il s’offrait la même visite, tout en profitant de l’occasion pour s’entretenir avec les responsables des mesures d’urgence de la Municipalité de Maskinongé et les élus locaux.

“Il y a quand même 130 résidences inondées ici à Maskinongé et c’est à peu près les mêmes résidences qu’en 2017. Je veux remercier tout le monde pour leur travail qui est fait dans des conditions difficiles”, avait-il témoigné.

“Il y a des personnes qui ont été affectées en 2017 et certains dossiers ne sont pas encore tout à fait réglés. On va s’assurer qu’ils soient réglés et que le nouveau programme puisse permettre de débourser des sommes d’argent rapidement.”

Cette fois, il avait annoncé qu’un montant de 100 000$ était offert et que lorsque les gens l’atteignaient en réparations, ils ne pouvaient plus avoir accès à des aides financières. Il a avait également rappelé qu’un autre programme permettait déjà aux gens d’obtenir un maximum de 200 000$ pour leur résidence et 50 000$ pour le terrain.

Défi financier pour les municipalités

C’est lors de ces événements que le gouvernement du Québec avait demandé à Ottawa l’assistance des Forces armées canadiennes lorsque l’eau allait être retirée, soit lors de la période de nettoyage. Il avait aussi demandé à ses députés qui représentent des régions inondées de demeurer sur le terrain jusqu’à tant que la situation soit “sous contrôle” afin d’apporter l’aide nécessaire et de faire le lien avec les municipalités et ministères concernés.

“J’ai vu qu’on a pris trois ou quatre jours d’avance sur 2017, avait-il constaté. Malheureusement, on peut dire qu’on a appris et qu’on a tiré des leçons.  Maintenant, on sait où les dégâts vont s’étendre et la mise en place des sacs de sable fut plus rapide. Tout le monde a travaillé ensemble. Les gens de l’armée sont arrivés plus tôt aussi. On a pu prévenir davantage, mais un moment donné, on ne peut pas prévenir tous les dégâts quand l’eau monte à une hauteur comme ça.”

Tempête Debby, 2024

Sa troisième et dernière visite concernant les inondations fut sans doute la plus spectaculaire, soit l’après-passage de la tempête Debby.

Les suites de la tempête avaient été catastrophiques pour plusieurs citoyens de la région, amenant le ministre Legault a rencontré les maires de Louiseville, Yamachiche et Sainte-Ursule. En plus du ramassage, de nombreuses rues étaient à nettoyer, des conduites à réparer, des risques d’éboulis à gérer, sans oublier les nombreux appels des citoyens.

Le premier ministre avait ajouté que malgré les forts dommages, les sinistrés n’auraient pas d’assistance de l’armée canadienne. Il avait aussi mentionné la possibilité de modifier les critères d’admissibilité au Programme d’indemnisation – Aide financière pour les sinistrés, car le programme initial couvrait uniquement les victimes d’inondations causées par un cours d’eau.

Investissement de 12 M$ au Baluchon

Dans les heures précédentes, le gouvernement caquiste était de passage au domaine du Baluchon Éco-villégiature dans le cadre de l’inauguration de ses nouveaux hébergements. Il avait alors annoncé un important appui de 5 M$, dont 500 000$ en investissements écologiques.

Parmi les réalisations, il y avait la nouvelle salle Être aux oiseaux, pouvant accueillir 130 convives, le déménagement de la salle à manger, pour regrouper les lieux de restauration, une nouvelle unité d’hébergement expérientiel, soit Le Manoir, et un nouveau bistro Éco-café Au bout du monde, notamment.

Tournée provinciale COVID-19

Comme autre visite marquante, le premier ministre avait réalisé une tournée des régions, quelques mois après les premières éclosions de COVID-19, s’arrêtant à Yamachiche.

Il avait dans un premier temps rencontré le président et directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Carol Fillion, pour échanger sur la façon dont la crise sanitaire a été gérée dans la région.

Puis en après-midi, il s’entretenait avec les maires de la région pour échanger sur différents sujets, dont celui de la relance économique et sur les délais administratifs déraisonnables dans certains dossiers.

Internet haute vitesse

Ensuite interpellé par l’Écho de Maskinongé sur le déploiement d’Internet haute vitesse dans la MRC de Maskinongé et sur les difficultés dans la région, il avait témoigné : “J’ai pris un engagement très clair en 2018 que durant le mandat, d’ici 2022, tous les Québécois seront branchés à Internet haute vitesse et auront accès au réseau cellulaire. Actuellement au Québec, il y a environ 400 000 résidences qui ne sont pas branchées, souvent dans les régions éloignées.”

“J’ai donné le mandat à Pierre (Fitzgibbon, ministre de l’Économie) de me déposer un plan détaillé cet automne pour être capable de brancher tout le monde. On va regarder ça dossier par dossier. Ça va aussi vouloir dire qu’il y aura une contribution financière supplémentaire du gouvernement du Québec. Je n’ai pas l’intention de continuer d’attendre après le gouvernement fédéral. Je veux qu’on aille des ententes d’ici deux ans et que les gens soient branchés à Internet haute vitesse et qu’ils aient accès au réseau cellulaire”, répond M. Legault, qui était flanqué du député de Maskinongé, Simon Allaire.

Avec la collaboration de Stéphane Laroche