Denis Gauthier, un apiculteur respecté pour ses qualités humaines
HÉROUXVILLE. La Fédération de l’UPA Mauricie a décerné à l’apiculteur Denis Gauthier de Hérouxville le prix de la Personnalité agricole reconnue pour son implication lors de la dernière Soirée des gens de terre et saveurs.
Aujourd’hui propriétaire de la Ferme apicole Mékinac, M. Gauthier s’est découvert une passion pour l’apiculture il y a de nombreuses années.
“ J’ai eu des ruches au début des années 80. On a été une des premières fermes du genre au Lac-à-la-Tortue, la Miellerie du lac. On était trois associés et on a eu jusqu’à 250 ou 300 ruches. C’est une des premières mielleries bâties selon les plans du MAPAQ dans ces années-là. ”
La situation économique de l’époque et la montée des taux d’intérêts ont fait en sorte que la miellerie n’était plus rentable. Les associés se sont résignés à mettre fin aux opérations.
“ Mais quand tu as fait de l’apiculture, ça te trotte toujours dans la tête. J’avais dit à ma femme : À ma retraite, j’aimerais ça avoir des ruches, peut-être une centaine de ruches, pour m’amuser. ”
C’est ce qui est arrivé 25 ans plus tard, après que M. Gauthier eut œuvré pendant une bonne partie de sa vie professionnelle en vente automobile. Entre-temps, il avait participé à la création de l’Association pour la protection du Lac-à-la-Tortue et il a même tenté une incursion en politique en posant sa candidature au poste de conseiller municipal.
Il réalise son rêve de revenir à l’apiculture en 2005 en fondant la Ferme apicole Mékinac, qui prendra plus d’ampleur qu’il le pensait.
“ Ma fille s’est intéressée à ça. Au lieu d’avoir la petite miellerie que j’étais supposé bâtir, on a 800 ruches au lieu d’en avoir 100. Si ma fille ne s’était pas s’impliquée là-dedans, je n’aurais pas eu autant de ruches. ”
Sa fille, Geneviève, et son conjoint, Dany Berthiaume, font partie prenante de la ferme apicole. Le fils de M. Gauthier, Matthieu, travaille aussi pour l’entreprise via sa propre compagnie de construction. Même s’il est en train de passer le flambeau à une autre génération, M. Gauthier continue d’œuvrer à la ferme pour assouvir sa passion.
“ J’ai déjà travaillé beaucoup, mais là je travaille un petit peu moins. Je m’occupe du transport des abeilles et je fais un peu de clérical. Dans l’agriculture, il n’y a pas grand-chose de facile. Si tu fais ça parce que tu veux devenir millionnaire, ce n’est pas le bon métier. Mais c’est une passion. ”
Il y a trois ans, la ferme lançait le premier hydromel conçu en Mauricie. Les projets ne manquent pas pour Denis Gauthier et sa famille.
“ On est en train de bâtir un caveau d’hivernement de 32 pieds par 64 pour hiverner nos ruches. On a toujours 800 ruches en exploitation. ”
Implication à l’UPA
Après s’être impliqué comme président du Syndicat de l’UPA de Mékinac pendant huit ans, M. Gauthier tient à conserver un rôle dans l’organisation.
“ Je m’occupe de l’accueil des nouveaux agriculteurs. Je vais leur souhaiter la bienvenue au sein de l’UPA et je leur explique ce que l’UPA peut faire pour eux. Quand ils débutent, bien souvent ils n’arrivent pas du monde de l’agriculture. Comme moi, j’avais une cinquantaine années quand j’ai démarré ma ferme. J’ai voulu garder ça parce que j’aime faire ça. Je rencontre des jeunes, la relève, et c’est valorisant. ”
En lui remettant le Prix de la Personnalité agricole reconnue pour son implication, la Fédération de l’UPA Mauricie a souligné ses qualités humaines.
“ Homme de cœur et de principe, Denis Gauthier de la Ferme apicole Mékinac s’est toujours engagé avec sincérité et bienveillance. Ancien président du Syndicat de l’UPA de Mékinac, il se faisait un devoir de représenter tous les producteurs, sans jugement. Son implication, son écoute et son dévouement en font une personnalité profondément respectée dans le milieu agricole. ”
Monsieur Gauthier a également été président du Syndicat des apiculteurs de la Mauricie. Il s’est aussi impliqué à la Table filière apicole au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault.
Aide humanitaire
L’engagement de Denis Gauthier dépasse les frontières. En 2014, son grand ami Michel Matteau et lui ont mis sur pied un programme d’aide humanitaire en République dominicaine.
“ On bâtit des maisons pour les familles les plus démunies. On défait leurs vieilles maisons et on en construit des nouvelles. On ramasse des dons et on a des bénévoles qui viennent. Michel et moi sommes les chargés de projet. Le projet dure huit semaines. Deux groupes de dix arrivent à deux dates différentes pour des blocs de quatre semaines chacun. Donc, je passe huit semaines en aide humanitaire. ”
Le Comité de solidarité Trois-Rivières chapeaute les missions.
“ On y va encore cette année. On a comme projet de bâtir trois maisons pour trois familles. Quelqu’un là-bas nous aide à choisir les familles qui en ont réellement besoin. On les loge adéquatement. Le premier qu’on a fait, on l’a fait avec une femme qui avait adopté une vingtaine d’enfants. Sa maison avait été endommagée par un ouragan. ”
Pas étonnant que M. Gauthier soit reconnu pour sa générosité et son dévouement
“ Ça fait partie de mes implications. J’ai toujours fait du bénévolat. Quand je prends un projet, je n’ai pas de demi-mesure. ”
Un autre rêve
Maintenant que M. Gauthier peut consacrer un peu moins de temps à son travail et que la petite famille semble en bonne voie de prendre le relais, il peut planifier des projets personnels comme celui de faire le tour du Canada.
“ À moto ou en petit motorisé. On a un voyage planifié. L’année prochaine, on s’en va au Yukon en moto à partir du Québec. J’aime bien ça encore. J’ai 70 ans et je roule encore. Cette année, un peu moins, mais l’année passée, j’ai fait 15 000 kilomètres. ”
On ne peut savoir si le mot “ retraite ” fait vraiment partie du vocabulaire de M. Gauthier, mais il est bien conscient que le temps passe.
“ L’horloge, elle avance vite. Plus tu vieillis, plus ça tourne vite. Les années qu’il reste, je vais voyager un peu plus. Il faut en profiter. ”
