“Dans le domaine de l’aventure, le plus difficile, c’est la survie”
NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL. L’aventurier Frédéric Dion n’en est pas à ses premières expéditions, mais la plus récentes fut l’une des plus difficiles à laquelle il a dû faire face, seul avec lui-même en forêt… accompagné d’une meute de loups! Évidemment, ce défi était prévu pour le Mauricien, qui n’avait qu’un arc et une pelle avec lui, à la Pourvoirie Club Hosanna.
“J’avais un kit d’arc et une pelle de survie, sans nourriture, sans eau, sans sac de couchage, sans toile. De la forêt, je devais construire mon univers. J’ai plongé dans la nature comme je ne l’ai jamais fait dans ma vie, étant donné que je n’avais rien avec moi. J’étais dépendant de cet univers-là”, lance-t-il tout sourire.
“La nature fournit tout ce dont nous avons besoin, mais encore faut-il savoir reconnaître les cadeaux qu’elle nous fait. J’ai commencé par me faire un abri avec du bois, de l’écorce de bouleau et de la mousse. Ensuite, il me fallait chasser, pêcher et trapper pour me nourrir. Rendu à cette étape-là, il y a une partie que tu peux contrôler et une autre que tu ne contrôle pas.”
En effet, quelques heures après s’être installé non loin d’une rivière, Frédéric a appris qu’il n’était pas le seul invité sur place.
“J’ai entendu un bon bruit dans le lac et en me retournant, j’ai vu un chevreuil qui traversait le lac. Derrière le chevreuil, je me suis rendu compte qu’il y avait un loup, qui me regardait. Ensuite, il est revenu vers moi dans le bois. De l’autre côté du lac, j’ai vu un loup passer, puis un autre, puis un autre. Était-ce le même? Est-ce la meute? Puis une heure plus tard, j’ai vu une trace de loup toute fraîche à 100 mètres de mon campement”, raconte-t-il.
“Ça ne m’est jamais arrivé d’avoir des craintes du loup et j’en ai croisé souvent. Or, je n’ai jamais été en situation où j’étais stationnaire, au même endroit. J’étais plus vulnérable cette fois et comme je ne mangeais pas adéquatement, j’étais plus lent, j’avais moins d’énergie et je n’avais pas de fusil. La nuit, je n’étais pas vraiment protégé non plus, alors je me suis senti à nu dans cet univers-là et c’est là que ça devient intéressant. C’est là que l’immersion est réelle et que tu te retrouves comme une autre bête à travers un royaume d’animaux et de végétaux.”

(Photo courtoisie)
Rien de plus difficile que la survie
Depuis plusieurs années, il y a couramment des gens qui se demandent pourquoi Frédéric est un amateur de tels défis, souvent seul face à la nature. N’est-ce pas dangereux, parfois?
“Dans la vie, c’est important de s’exposer. On ne peut pas toujours aller vers la facilité si on veut de grosses récompenses. Les grosses récompenses viennent avec de gros efforts et dans le domaine de l’aventure, la situation la plus difficile, c’est la survie, confie-t-il. Il n’y a rien de plus difficile. Lorsque tu as les bons outils, ça te permet de vivre une période vraiment enrichissante. Je trouve et développe des outils basés sur la psychologie positive et je les expérimente.”
“Sois ton meilleur ami et tu seras toujours bien accompagné. Comment se comporterait ton meilleur ami avec toi lorsque tu commets des erreurs ou que tu traverses des épreuves plus difficiles? Il te réconforte et t’encourage. C’est le même comportement qu’il faut avoir envers nous-même. Lorsque tu approches des canards avec ton arc, depuis une heure, et que tu manques le canard, ce serait facile de tomber dans le coté noir de la force, mais il ne faut pas.”
Dans les prochains jours, pas moins de huit personnes pourront expérimenter, le temps d’un week-end, ce qu’a pu vivre l’aventurier. Ce dernier tiendra un camp de SURvie, du 21 au 23 novembre au Lac-à-l’Eau-Claire.
“Je vais leur faire vivre de la survie, mais en deux jours. On joue un jeu! Vous savez, le bonheur se trouve dans l’équilibre des contrastes. L’hiver, lorsqu’il fait froid, si tu bois un chocolat dans la maison, il est bon, mais pas extraordinaire. Par contre, si tu as joué dehors avant, dépensé ton énergie et que tu entres pour le boire, il devient extraordinaire. C’est pour ça que les gens vont commencer dans un univers hyper confortable avec une nuitée à l’auberge, avec un repas quatre services, avant de se retrouver dans le bois avec rien le lendemain”, explique-t-il.
“Imaginez la force d’une personne qui était effrayée par cette idée-là et qui réussit le défi. Elle revient dans le monde réel avec les outils qu’on lui a montré et enseigné. Ce qui va te permette avoir du succès dans la forêt et en mode survie, c’est la même chose qui va te permettre d’avoir le bonheur et le succès dans la vie de tous les jours”, conclut-il.
