Crue printanière: rien d’exceptionnel à l’horizon pour la rivière Saint-Maurice

MAURICIE.  En cette période printanière qui tarde à se pointer, les regards se tournent vers la rivière Saint-Maurice, ce cours d’eau de 381 kilomètres reliant le réservoir Gouin à Trois-Rivières. Si l’hiver a été marqué par un froid soutenu et une installation précoce du couvert neigeux, les premières analyses d’Hydro-Québec se veulent rassurantes.

“Globalement, on est dans les moyennes annuelles en ce qui concerne le couvert de neige”, résume Pascal Poinlane, conseiller en relations médias pour la société d’État. Les relevés effectués tout au long de l’hiver, en collaboration avec différents partenaires gouvernementaux, indiquent un couvert de neige comparable à ce qui est habituellement observé dans le bassin versant de la Saint-Maurice.

Malgré les redoux ponctuels des dernières semaines, rien ne laisse présager une crue printanière hâtive. Hydro-Québec rappelle que le phénomène débute généralement vers la mi-avril dans la région.

“Tant que les nuits demeurent sous zéro, même avec des températures plus douces le jour, ce n’est pas suffisant pour enclencher la crue”, explique M. Poinlane. Les prévisions actuelles suggèrent d’ailleurs que les nuits froides persisteront encore quelque temps, retardant ainsi le processus.

Pour que la fonte s’accélère, il faudra plusieurs journées consécutives de températures plus élevées, autour de 10 à 15 °C, combinées à des nuits au-dessus du point de congélation.

La pluie, facteur déterminant

Contrairement à une idée répandue, la neige accumulée ne représente qu’une partie du phénomène. Environ 30 % du volume d’eau de la crue provient de la fonte du couvert neigeux. Le reste, soit près de 70 %, dépend des précipitations printanières.

“Le couvert de neige est un bon indicateur, mais il ne fait pas tout. Les pluies à venir vont jouer un rôle majeur”, souligne le porte-parole.

Ainsi, une fonte graduelle accompagnée de précipitations modérées limite les risques d’inondation. À l’inverse, une hausse rapide des températures jumelée à de fortes pluies pourrait faire grimper les niveaux d’eau de façon plus préoccupante.

Des secteurs à surveiller

Bien que la rivière Saint-Maurice soit moins propice aux embâcles que d’autres cours d’eau, certains secteurs demeurent sous surveillance, notamment près de Trois-Rives, dans le secteur Beaurivage à Grand-Mère ou encore du côté du rapide Manigance.

La configuration nord-sud de la rivière joue toutefois en sa faveur. “Le dégel commence plus tôt au sud, ce qui permet à la glace de s’affaiblir avant l’arrivée des eaux du nord. Ça réduit les risques d’embâcle”, précise M. Poinlane.

Le rôle des barrages

Hydro-Québec rappelle également que ses installations contribuent à atténuer les crues, sans toutefois les éliminer complètement. Environ 40 % des apports en eau du bassin transitent par ses ouvrages, alors que le reste échappe à tout contrôle.

Durant l’hiver, l’eau des réservoirs, dont celui du Gouin, est utilisée pour répondre à la forte demande énergétique. Résultat: les niveaux sont actuellement abaissés au minimum d’exploitation, ce qui permet d’absorber une partie des eaux de fonte à venir.