COVID longue : une « étude pilote » pour tâter le terrain

MAURICIE.  Un projet de recherche mené par deux anesthésiologistes du CIUSSS MCQ explore les possibles bénéfices d’une procédure médicale sur le soulagement de certains symptômes persistants de la COVID longue. Le bloc du ganglion stellaire, une intervention déjà utilisée dans d’autres contextes médicaux, pourrait contribuer à réduire l’inflammation et à rééquilibrer certains mécanismes du système nerveux.

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Permis par une subvention de 25 000 $ de la Fondation Santé Trois-Rivières, le projet de recherche STAR-CO (STAR pour ganglion stellaire et CO pour COVID) prendra la forme d’un essai clinique contrôlé.

Les Drs David Hakim et Andres Felipe Gil Blanco dirigent l’étude, avec le soutien de l’infrastructure de recherche en prévention et promotion de la santé (IRPPS).

« Pour la COVID longue, il y a peu de traitements efficaces. Il n’y a pas de preuves solides sur quoi que ce soit. Les gens qui en souffrent, ils cherchent beaucoup les moyens pour que ça s’améliore », explique le Dr David Hakim.

« Il y a des pathologies qu’on guérit, et il y a des pathologies qu’on traite. Pour l’instant, ce qu’on pense de la COVID longue, c’est que ça va être une pathologie qui va être traitée, c’est-à-dire qu’on va accompagner les patients avec des traitements qui vont améliorer leur qualité de vie », ajoute-t-il.

Le bloc du ganglion stellaire est une procédure qui n’est normalement pas associée au traitement de la COVID longue, mais qui est plutôt utilisée en clinique de la douleur pour prendre en charge les patients atteints du syndrome de douleur régionale complexe (SDRC).

« De façon très vulgarisée, c’est comme si on ferme temporairement l’interrupteur du système nerveux autonome qui fonctionne tout seul, pour essayer de rétablir l’ordre », résume le Dr Andres Felipe Gil Blanco pour le cas du SDRC.

Appliqué au traitement de la COVID longue, le bloc du ganglion stellaire pourrait soulager certains symptômes persistants, comme la fatigue chronique, le brouillard cérébral, l’essoufflement et la diminution de la capacité fonctionnelle. La procédure avait été testée d’abord sur Caroline Grégoire, amie et collègue de David Hakim, qui a vécu une amélioration importante de son état.

« Mieux éclairer la situation »

Selon David Hakim, il s’agit de la première étude par rapport à l’utilisation de cette procédure pour tenter de traiter la COVID longue, une « étude pilote » qui en permettra d’autres, peu importe le résultat.

L’anesthésiologiste souligne que l’issue de l’étude sera positive, quel que soit le résultat obtenu. Soit les recherches mèneront à un traitement susceptible d’améliorer la qualité de vie des patients, soit elles permettront de protéger les personnes les plus vulnérables de débourser pour ce service au privé si l’étude s’avère non concluante.

« La COVID longue, il faut voir ça comme une maladie avec plusieurs éléments qui vont affecter la fonctionnalité d’une personne avec des symptômes qui sont différents. Et dans l’étude, on vise certains éléments spécifiques », explique l’anesthésiologiste Andres Felipe Gil Blanco. « Nous, on veut juste déchiffrer le terrain puis mieux éclairer la situation. » 

« On ne s’attend pas à ce que ce soit un miracle, mais ce qu’on voit à date, c’est qu’il y a un espoir assez grand. »

Pour participer à l’étude

Selon Éva Mathieu, cheffe de service de la Recherche et de l’Infrastructure de recherche en prévention et promotion de la santé (IRPPS), la participation d’une quarantaine de patients est nécessaire pour la réalisation de l’étude.

Les personnes âgées de 18 ans et plus et remplissant ces critères sont admissibles à y participer :

  • Test COVID-19 positif avec une maladie aiguë après le 15 octobre 2019 ;
  • Symptômes persistants après 12 semaines à compter de l’apparition de la COVID aiguë et symptômes ayant duré au moins 2 mois ;
  • Symptômes persistants de COVID-19 présents au moment de la randomisation.

Pour joindre l’infrastructure de recherche en prévention et promotion de la santé (IRPPS) : 04irppsinfo@ssss.gouv.qc.ca