CannaPrime bien implantée à Notre-Dame-de-Montauban
NOTRE-DAME-DE-MONTAUBAN. L’entreprise CannaPrime a terminé cet automne sa 3e saison sur son site de Notre-Dame-de-Montauban avec sa plus grande récolte jusqu’ici, soit près de 12 000 plants de cannabis.
Le producteur de marijuana biologique a investi en 2021 plus de 11 millions$ dans la construction d’une serre de 40 000 pieds carrés à Saint-Prime, au Lac-Saint-Jean, puis l’année suivante, il achetait un terrain de 33 hectares en Mauricie pour y faire pousser des plants de cannabis à l’extérieur.
“Le fondateur Gino Fortin et sa famille viennent du domaine de la vente de véhicules récréatifs. Ils sont nouveaux dans l’industrie du cannabis récréatif”, explique Benoit Pinsonneault, directeur général de CannaPrime qu’il a joint au début de l’année 2025.
En tant que producteur, CannaPrime se distingue en utilisant la technique de la lyophilisation pour préserver les vertus de la plante, soit les terpènes et les cannabinoïdes. Cette technologie de séchage par le froid permet de sécher le cannabis en une douzaine d’heures tout en préservant potentiellement l’intégrité du profil aromatique. “Nous congelons les plants à la récolte puis quand nous avons des commandes de clients, nous sortons 200 kg à la fois pour un traitement de lyophilisation. Ça donne environ 50 kg de cannabis sec une fois l’opération terminée”, indique Benoit Pinsonneault.
En 2025, CannaPrime a récolté près de 16 000 tonnes de produits congelés, ce qui donnera près de 4 tonnes de cannabis prêts à la commercialisation. “Nous avons un congélateur sur le site de Notre-Dame-de-Montauban, mais tout le traitement de lyophilisation se fait à Saint-Prime.”
Pourquoi la Mauricie?
Situé à plus de 300 km des serres au Lac-Saint-Jean, le choix de Notre-Dame-de-Montauban apparaît singulier pour y établir une plantation extérieure, mais pas tant que ça note le directeur général de CannaPrime. “Tout d’abord, il y avait une opportunité d’achat et la qualité du terrain est assez impressionnante. C’est assez isolé et dans la culture de cannabis, c’est important de ne pas avoir de voisins agricoles pour éviter la contamination avec les pesticides et le pollen. C’est une plante très sensible à ces deux éléments. Puis, il y a aussi le fait que la directrice de la qualité de l’entreprise demeure à Notre-Dame-de-Montauban.”
Dans son modèle d’affaires, CannaPrime ne commercialise pas lui-même sa production, mais la vend à d’autres producteurs dont les produits se retrouvent dans les succursales de la SQDC ou ailleurs au Canada. “Jusqu’à maintenant, nos clients sont du Québec, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, mais là, nous sommes en pourparlers pour commercialiser notre cannabis sous notre propre marque au printemps 2026”, indique Benoit Pinsonneault.
À Notre-Dame-de-Montauban, la saison débute à la fin du mois de mai, ou début juin, et se termine à la mi-septembre ou début octobre, avant l’arrivée des premiers gels. Les plants de cannabis y poussent dans des pots et une quarantaine de travailleurs étrangers temporaires (TET) sont embauchés à l’automne lors de la période de la récolte.

Benoit Pinsonneault, directeur général de CannaPrime. (Photo courtoisie CannaPrime)
Du cannabis dopé par le soleil
“Dans l’industrie du cannabis, il y a plusieurs joueurs sur le marché et les marges de profits ont beaucoup diminué. L’avantage de produire à l’extérieur, c’est d’avoir un coût au gramme qui est très compétitif. Ça ne nécessite pas de chauffage, pas d’éclairage artificiel. Le profil aromatique de nos plants extérieurs est beaucoup plus intensif que ceux qui poussent dans nos serres. Les consommateurs adorent le cannabis qui pousse au soleil, mais ça engendre aussi son lot de défis. Nous sommes pris avec les mêmes enjeux que les producteurs de vin”, compare le patron de CannaPrime.
Sur le terrain de 33 hectares, c’est environ le tiers qui est actuellement sécurisé avec un clôture métallique et des caméras qui permettent de surveiller le site 24 heures sur 24. “C’est certain que ça attire les curieux. On a vu des drones survoler le site l’an dernier, mais on n’a jamais eu jusqu’ici de situation dommageable.”
À court terme, il n’est pas dans les plans de CannaPrime d’augmenter la production à Notre-Dame-de-Montauban même si l’espace le permettra le moment venu. “L’objectif pour le moment, c’est d’optimiser le site actuel. Il y a des variétés qui poussent mieux au soleil qu’en serre et vice-versa. On travaille avec des experts qui nous aident à choisir les bonnes génétiques, à les planter au bon moment et à la récolter au bon moment”, conclut Benoit Pinsonneault.
