Une maison qui dérange à Saint-Tite

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Par Bernard Lepage
Une maison qui dérange à Saint-Tite
La Coopérative brassicole de travail À la Fût a tenté sans succès d'acquérir la maison abandonnée. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

SAINT-TITE. En plein cœur de l’activité commerciale à Saint-Tite, une maison abandonnée détonne avec son absence de revêtement et ses fenêtres barricadées. À tel point que le conseil municipal n’exclut pas l’option de l’expropriation pour faire entendre raison aux propriétaires.

De la terrasse de la microbrasserie À la Fût,  impossible de ne pas remarquer la maison du 641, rue Notre-Dame. Acquise en 2017 par Ioannis Likos et Patrizia Posocco, une couple domicilié à Saint-Lambert, sur la rive-sud de Montréal, la résidence centenaire a fait l’objet l’année suivante de travaux sommaires visant à retirer le revêtement de clabord et cloisonner certaines fenêtres avec des planches. Au bout du compte, elle n’aura été occupée que lors de l’édition 2018 du Festival Western alors que des commerçants y avaient mené leurs affaires.

La maison a ensuite été confiée à Remax qui l’affichait il y a quelques mois sur son site au coût de 250 000$ alors que l’évaluation municipale n’était de 93 000$. Depuis, l’affiche du courtier a été retirée et l’inscription ne figure plus sur le site web. Dans le nouveau rôle d’évaluation de 2019-2020-2021 de la municipalité, la propriété n’est plus estimée qu’à 74 100$, dont près de la moitié consiste en la valeur du terrain.

La coopérative de travail brassicole À la Fût a déjà proposé d’acquérir la maison mais au prix de l’évaluation municipale. Les négociations ont vite tourné court quand les propriétaires s’en sont tenus à leur demande d’un quart de million de dollars.

Avec sa microbrasserie, dont l’évaluation municipale est de 1,1 million$, et l’Auberge Kapibouska,  À la Fût a véritablement dynamisé cette portion de la rue Notre-Dame. L’acquisition de la maison abandonnée lui aurait permis de créer des espaces de stationnement qui lui font cruellement défaut depuis l’aménagement du Village Western Kapibouska l’été dernier.

La Ville étudie l’expropriation

«Nous n’avons aucune collaboration des propriétaires», déplore la mairesse Annie Pronovost lorsqu’interrogée sur le délabrement de la maison. La dévaluation de près de 20 000$ de la propriété s’explique par le fait que tous les éléments d’isolation ont été enlevés et même des murs porteurs à l’intérieur ont été défaits. À tel point qu’elle pourrait représenter un danger en cas de surpoids de la neige sur la toiture.

«Notre règlementation municipale nous permet d’obliger un propriétaire à remettre la maison dans son état original, explique la mairesse Et s’il ne s’exécute pas, ça peut aller jusqu’à l’expropriation. C’est ce que nous regardons présentement en gardant en tête que nous gérons les sous des citoyens.»

Annie Pronovost déplore que des spéculateurs de l’extérieur viennent acheter des propriétés à Saint-Tite en misant sur la présentation du Festival Western. «Ils louent leur terrain ou la maison durant les festivités mais il n’y a rien qui se passe pour les 355 autres jours de l’année.»

Dans l’éventualité d’une expropriation, la Ville verra ensuite ce qu’elle en ferait: garder le terrain et l’aménager ou le revendre. La tentative de L’Hebdo pour rejoindre les propriétaires n’a pas reçu de réponse.

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